Rythmes et Nombres, 1895· Esquisses et Paysages
La nuit tombante
LE Soir tombe. Les bruits ont cessé dans la plaine.Du firmament troué d’étoiles d’or descendLa paix des belles nuits et leur calme puissant.Sous la voûte opaline et d’immensité pleine
Le couchant resplendit comme un cratère en feu.Dans les airs parfumés passent les hirondellesPoussant leurs cris aigus et revenant, fidèles,Nicher sous notre toit quand le ciel se fait bleu.
Soudain, sur l’épaisseur de la forêt la lune.Répand les feux follets de sa frêle clarté,Et l’on croit voir danser, parmi l’obscurité,De blancs lutins grimpant aux branches. C’est la brune.
Lent, suave et très doux, résonne l’Angelus :Voici l’instant béni du rêve solitaireEt d’arracher son âme aux pensers de la terre.Le Soir tombe Songeons à ceux qui ne sont plus.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rythmes et Nombres, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1895· numérisation books.google.com· Sources