Rythmes et Nombres, 1895· Esquisses et Paysages
Les lys, les roses, les cieux…
L’ÂME de la Forêt a passé dans mon être ;Je respire comme elle, aux fraîcheurs des matins,L’air vif, l’air enivrant venu des monts lointains,Caresse de zéphyr qui doucement pénètre.
L’âme des Lys neigeux a passé dans mon âme ;Ils m’ont donné l’ardent désir de la Beauté,Ils ont soufflé sur moi l’esprit de pureté,Et mon rêve d’amour dans leur blancheur se pâme.
Mon cœur s’est enivré de Roses de Bengale,Leur rouge coloris a ranimé son sang ;Mon cœur, à leur parfum discret et caressant,S’assoupit, oubliant ton spectre, Douleur pâle !
Mais les Cieux triomphants de gloire lumineuseM’ont rendu l’Idéal de ce monde banni,Et mon esprit contemple à travers l’InfiniLeur grande âme d’azur qui fait mon âme heureuse.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rythmes et Nombres, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1895· numérisation books.google.com· Sources