Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· II La mort de l’amour
III. Chant d’amour
Sans toi, la colère et la haineM’emporteraient je ne sais où,Car la vie est une géhenneOù bondit notre rêve fou.
Le sort aveugle nous ballotteComme un esquif désemparé,Et la lugubre mer sangloteOù plus d’une barque a sombré.
Des voiles ! d’innombrables voiles !Arriveront-elles un jour ?Se faut-il fier aux étoilesEt devons-nous croire à l’amour ?
Pour moi, tu m’as fait faire un rêvePlein d’ivresse et de volupté,Et lorsque j’ai quitté la grèveTout mon cœur, joyeux, a chanté.
Et je n’en crois pas les rafalesQui rugissent ; car tu semasLe pont de roses triomphalesEt mis des guirlandes aux mâts.
Je n’en crois pas la grande vagueQui danse tout autour de nous,Car tu mis à mon doigt la bagueDe l’amour éternel et doux.
Et j’ai, pour guider mon navireSur l’océan tempêtueux,La lumière de ton sourireEt la lumière de tes yeux !
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Octosyllabes surtout (27 de 8, 1 de 7)· profil 8, (7)
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a haine / géhenne féminineb où / fou masculinea ballotte / sanglote féminineb désemparé / sombré masculinea voiles / étoiles féminineb jour / l’amour masculinea rêve / grève féminineb volupté / chanté masculinea rafales / triomphales féminineb semas / mâts masculinea vague / bague féminineb nous / doux masculinea navire / sourire féminineb tempêtueux / yeux masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources