Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· II La mort de l’amour
II. « Paris, terrible et grand — aussi grand que la mer »
Paris, terrible et grand —‖ aussi grand que la mer,Où tous les cris humains‖ font comme une tempête !Mais mon cœur étouffé‖ gémit, souffre et regrette ;Et plaisir et travail‖ me sont un double enfer.
Je veux poser ma tête‖ en mes mains, et rêverA nos mois d’amour, pleins‖ de volupté discrète.Mon âme, barque en deuil,‖ lève l’ancre et s’apprêteA faire voile au loin‖ vers un charmant hiver.
Mon esprit orageux‖ a calmé sa tourmente ;La mer du souvenir‖ sourit, lisse et dormante —Le clair de lune glisse‖ à travers le ciel noir.
Quand verrai-je, ô Passé,‖ dans la brume indéciseSe dessiner ton cher‖ et douloureux manoir,Et l’âme des vieux jours‖ devant ta porte assise ?
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a mer / enfer masculineb tempête / regrette fémininea rêver / hiver masculineb discrète / s’apprête fémininec tourmente / dormante féminined noir / manoir masculinee indécise / assise féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources