Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· III L’amour divin
II. « Comme des cavaliers innombrables, les flots »
Comme des cavaliers‖ innombrables, les flotsS’avancent vers la terre‖ avec de longs murmures,Et des gémissements‖ confus, et des sanglots ;Et, sous le grand soleil‖ qui les frappe, les flotsMiroitent comme des armures.
Et la croupe des flots‖ étincelle au soleil,Au soleil de juillet‖ qui les frappe et les perce ;Comme autrefois, venant‖ de l’orient vermeil,La croupe des chevaux‖ miroitait au soleilDe l’Ionie et de la Perse.
Que vont-ils conquérir,‖ les innombrables flots ?Rien ! la nature tient‖ la bride à la tempête ;Seulement, il leur faut‖ porter une Délos.L’Île qu’il faut rouler‖ sans trêve, c’est, ô flots !L’éternel rêve du poëte.
Faites-le resplendir‖ au grand soleil d’étéDu torride équateur‖ qu’il tente l’aventure ;Portez-le dans le monde‖ et dans l’immensité,Afin qu’il garde en lui,‖ sous le soleil d’été,La majesté de la nature.
Versification
- Forme
- 4 quintils (quintils)
- Rimes
- 4(abaab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (16 de 12, 4 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 4 quintils
- Mots à la rime
- a flots / sanglots masculineb murmures / armures fémininea soleil / vermeil masculineb perce / Perse fémininea flots / Délos masculineb tempête / poëte fémininea d’été / l’immensité masculineb l’aventure / nature féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources