Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· I La fleur des eaux
XLIX. « Elle devait partir au point du jour. Mes yeux »
Elle devait partir‖ au point du jour. Mes yeuxVoyaient fuir mon bonheur‖ ainsi qu’une fumée !Longtemps je regardai‖ sa fenêtre fermée,Comme un damné pleurant‖ à la porte des cieux.
Et je pensai — chargeant‖ d’un message amoureuxPour la dernière fois‖ la brise parfumée :« La maison soit bénie‖ où dort ma bien-aimée,Puisse-t-elle rêver‖ que nous sommes heureux,
Et les anges du ciel‖ la prennent sous leur aile ! »Le lendemain matin,‖ quand je m’approchai d’elle,Je vis bien qu’elle avait‖ pleuré toute la nuit.
Puis, voyant le ciel rose‖ et gris comme une opale,Avec un grand soupir‖ je baisai son front pâle,Et cette vision‖ blanche s’évanouit.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a yeux / cieux masculineb fumée / fermée fémininea amoureux / heureux masculineb parfumée / bien-aimée fémininec aile / d’elle féminined nuit / s’évanouit masculinee opale / pâle féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources