Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· I La fleur des eaux
L. « Oh ! par le ciel qui fut si tranquille et si bleu »
Oh ! par le ciel qui fut‖ si tranquille et si bleu,Par la mer qui baisait‖ doucement le navire,Par ces larmes d’amour‖ où brillait un sourire,Par le dernier salut‖ et le dernier adieu ;
Et par tout le passé‖ mystérieux et tendre,Par le discret oiseau‖ qui pour nous seuls chantait,Par ton craintif amour‖ qui d’espoir palpitaiEt que les dieux jaloux‖ ne sauraient me reprendre,
Par tant de nuits d’hiver‖ où joyeux et transiJe tombais à tes pieds,‖ plein d’une extase étrange,Cherchant pour m’abriter‖ tes douces ailes d’ange,Par les premiers baisers‖ et les derniers aussi !
Que la sainte beauté‖ ne soit rien qu’un mensonge,Le ciel splendide et pur‖ une lourde vapeur,Le parfum de la rose‖ un miasme empoisonneur,L’espérance un vain mot‖ et le bonheur un songe ;
Et que l’humanité,‖ toute blême d’effroi,Soit engloutie au sein‖ des mers bouleversées,Si je renie, après‖ tant de larmes versées,Ma jeunesse et mon cœur‖ qui ne vivent qu’en toi !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a bleu / adieu masculineb navire / sourire fémininea tendre / reprendre féminineb chantait / palpitai masculinea transi / aussi masculineb étrange / d’ange fémininea mensonge / songe féminineb vapeur / empoisonneur masculinea d’effroi / toi masculineb bouleversées / versées féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources