Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· II La mort de l’amour· XXII
III. « J’ai vécu nuit et jour près d’elle, et j’ai sondé »
J’ai vécu nuit et jour‖ près d’elle, et j’ai sondéDu regard son immense‖ et terrible amertume.Elle absorbe l’esprit‖ entier, qui s’accoutumeA vivre de pensers‖ étranges inondé.
Les vieux rois de la mer‖ qui sur un coup de déRisquaient leur sort, et qui‖ fiaient tout à l’écume,Me paraissent si grands‖ que mon cœur se consumeA jalouser des morts,‖ et je songe, accoudé.
Je regarde le sombre‖ horizon ; mon oreilleS’emplit de cris de guerre‖ et mon âme s’éveilleDans des rêves sanglants‖ pleins de férocité !
Que ma jeunesse est loin !‖ -Qu’elle est abandonnée !Le souffle du carnage‖ et de la libertéSur mon cœur a laissé‖ ma fleur d’amour fanée.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a sondé / inondé masculineb amertume / s’accoutume fémininea dé / accoudé masculineb l’écume / consume fémininec oreille / s’éveille féminined férocité / liberté masculinee abandonnée / fanée féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources