Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· II La mort de l’amour· XXII
IV. « Oh ! sois bénie et sois encor bénie, ô toi »
Oh ! sois bénie et sois‖ encor bénie, ô toiQue j’aimais sans penser‖ à rien et comme en rêve,Quand le sombre océan‖ sanglotait sur la grèveSans jamais nous donner‖ de visions d’effroi.
Nous ne comprenions pas,‖ blottis sous notre toit,Les mots qu’il nous jetait‖ lugubrement, sans trêve ;Car en ces jours perdus‖ de jeunesse si brèveNous nous laissions. bercer‖ dans les bras de la foi.
Et la mer n’était rien‖ pour nous — la mer profonde —Qu’un gouffre inconscient‖ roulant l’onde sur l’onde,Qui mourait sur le sable‖ et renaissait sans fin.
A présent, j’ai senti‖ la navrante amertumeDu monstre glauque, plus‖ terrible que la faim,Qui sur nos longs baisers‖ jetait sa froide écume.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a toi / d’effroi masculineb rêve / grève fémininea toit / foi masculineb trêve / brève fémininec profonde / l’onde féminined fin / faim masculinee amertume / écume féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources