Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· II La mort de l’amour
XL. « L’année est morte, ding dong »
L’année est morte, ding dong !Ding, deng, dong, l’année est morte ;Janvier attend à la porteQu’on lui tire le cordon.
L’année est morte, bien morte !On va l’enterrer bientôt ;Par la Vierge, il ne m’en chaut,Par le diable, peu m’importe.
Que l’on mette aussi mon cœurDans la fosse de l’annéeOù mon âme s’est damnéePour un sourire moqueur.
Que dans cette fosse on plongeTous les regrets superflus,Et qu’on ne me parle plusDu passé qui n’est qu’un songe.
Lugubres cloches de fer,Roulez à pleine voléeSur mon âme désoléeVos lourds carillons d’enfer.
L’année est morte, bien morte !Et, désespéré, j’attendsQu’il naisse un nouveau printemps,Ou que le diable m’emporte.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abba)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a dong / cordon masculineb morte / porte fémininea morte / m’importe féminineb bientôt / chaut masculinea cœur / moqueur masculineb l’année / damnée fémininea plonge / songe féminineb superflus / plus masculinea fer / d’enfer masculineb volée / désolée fémininea morte / m’emporte féminineb j’attends / printemps masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources