Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· I La fleur des eaux
XI. « La nuit était tranquille et ténébreuse ; à peine »
La nuit était tranquille‖ et ténébreuse ; à peineQuelques étoiles d’or illuminaient l’ébèneDe ses grands cheveux déroulés,Qui sur mon cher amour,‖ douce face éblouie,Et tout comme une fleur‖ du soir épanouie,Secouaient des parfums ailés.
Nous marchions tous les deux‖ dans une extase telleQue les anges trônant‖ dans leur gloire immortelleN’en savent pas la volupté,Et que le bruit divin‖ de leurs luths est, je pense,Moins doux qu’un amoureux‖ et qu’un profond silencePar une sombre nuit d’été.
Et notre jeune amour,‖ naissant de nos pensées,S’éveillait sur le lit‖ de cent roses glacéesQui n’avaient respiré qu’un jour ;Et moi je lui disais,‖ pâle et tremblant de fièvre,Qu’on nous verrait mourir‖ le sourire à la lèvreEn même temps que notre amour.
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 6 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a peine / l’ébène féminineb déroulés / ailés masculinec éblouie / épanouie fémininea telle / immortelle féminineb volupté / d’été masculinec pense / silence fémininea pensées / glacées féminineb jour / amour masculinec fièvre / lèvre féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources