Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· I La fleur des eaux
XII. Madrigal
Les royaumes des rois sont grands,Si grands qu’on peut s’y perdre à l’aise,Mais ils finissent n’en déplaiseA la fureur des conquérants.
La mer est bien large sans douteEt bien profonde, mais on peutEn trouver le fond, si l’on veut,Et même la mesurer toute ;
Là-haut, le grand ciel éclatantVers qui l’œil ébloui s’élèveParaît immense ; mais le rêveEn fait le tour en un instant.
Le rêve ! c’est que la penséeEst plus vaste que l’univers,Lorsque sur l’aile d’un beau versElle est éperdûment lancée.
Eh bien ! l’essor est limitéDes plus aventureux génies ;Il n’est de choses infiniesQue mon amour et ta beauté.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a grands / conquérants masculineb l’aise / déplaise fémininea doute / toute féminineb peut / veut masculinea éclatant / instant masculineb s’élève / rêve fémininea pensée / lancée féminineb l’univers / vers masculinea limité / beauté masculineb génies / infinies féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources