Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· II La mort de l’amour
XXVIII. « Le vent roulait les feuilles mortes ; mes pensées »
Le vent roulait les feuilles‖ mortes ; mes penséesRoulaient comme des feuilles mortes,‖ dans la nuit.Jamais si doucement‖ au ciel noir n’avaient luiLes mille roses d’or‖ d’où tombent les rosées.
Une danse effrayante,‖ et les feuilles froisséesEt qui rendaient un son‖ métallique valsaient,Semblaient gémir sous les‖ étoiles, et disaientL’inexprimable horreur‖ des amours trépassées.
Les grands hêtres d’argent‖ que la lune baisaitÉtaient des, spectres : moi,‖ tout mon sang se glaçaitEn voyant mon aimée‖ étrangement sourire.
Comme des fronts de morts‖ nos fronts avaient pâli,Et, muet, me penchant‖ vers elle, je pus lireCe mot fatal écrit‖ dans ses grands yeux : l’oubli.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef gfg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a pensées / rosées féminineb nuit / lui masculinec froissées / trépassées féminined valsaient / disaient masculinee baisait / glaçait masculinef sourire / lire féminineg pâli / l’oubli masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources