Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· II La mort de l’amour
XXVII. « Si quand je te contemple, ô reine de folie »
Si quand je te contemple,‖ ô reine de folie,Tu me trouves ainsi‖ l’air morne et soucieux,C’est que toute la mer‖ a passé dans mes yeux,Et mon regard est fait‖ de sa mélancolie.
Naguère ma prunelle‖ où rayonnait la vieS’allumait d’un éclair‖ et reflétait les cieux,Et vers l’horizon d’or‖ s’aventuraient joyeuxTous les espoirs d’une âme‖ encore inassouvie.
Maintenant, j’ai douté ;‖ sur le bord des cheminsJe me suis assis, pâle,‖ et le front dans les mains,En sentant par lambeaux‖ s’en aller tout mon être.
Et puis, j’ai contemplé‖ la mer, la triste merQui m’a fait ce regard‖ glacé qui te pénètre,Ce regard douloureux‖ et ce sourire amer.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a folie / mélancolie féminineb soucieux / yeux masculinea vie / inassouvie féminineb cieux / joyeux masculinec chemins / mains masculined être / pénètre fémininee mer / amer masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources