Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· II La mort de l’amour
X. « Les souvenirs les plus lointains »
Les souvenirs les plus lointainsSont les plus près du cœur, peut-être…Au ciel frais des anciens matinsQu’il est bon d’ouvrir sa fenêtre !
Sous les regards tout attendrisSe déroule un doux paysage ;Chemins si vite désapprisPar la jeunesse folle et sage,
Et le gazon des espoirs vertsQue le rêve a fleuri de roses,Comme l’esprit vole au traversDe toutes ces anciennes choses !
Et comme il pense aux soirs d’été,Aux heures par l’amour rempliesOù nos cœurs d’enfants ont goûtéDe si pures mélancolies.
Nous avons vieilli depuis lors ;Mais qu’il souffle une brise folle,La jeunesse des printemps mortsPar le bleu de nouveau s’envole.
Tout se met à chanter encor,Les fleurs agitent leurs pétales —Comme au matin des noces d’or,Comme aux belles nuits nuptiales !
Et tous les regrets mal éteintsRaniment leur flamme légère :Les souvenirs les plus lointainsSont les plus près du cœur, ma chère.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a lointains / matins masculineb peut-être / fenêtre fémininea attendris / désappris masculineb paysage / sage fémininea verts / travers masculineb roses / choses fémininea d’été / goûté masculineb remplies / mélancolies fémininea lors / morts masculineb folle / s’envole fémininea encor / d’or masculineb pétales / nuptiales fémininea éteints / lointains masculineb légère / chère féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources