Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· I La fleur des eaux
XXXI. « Mais si cette nature est triste, que t’importe »
Mais si cette nature‖ est triste, que t’importe,Et que m’importe à moi‖ puisque nous nous aimons ?Tu sais bien que nos jours‖ sont des feuilles qu’emporteLe triste vent d’hiver‖ qui souffle des grands monts.
Pendant que le printemps‖ fait verdoyer les arbres,Et qu’il nous met du sang‖ au cœur, aimons-nous donc !Assez tôt nous irons‖ nous coucher sous les marbres,A l’heure de l’oubli,‖ du calme et du pardon.
Puisqu’un torrent de pourpre‖ en tes veines ruisselle,Puisqu’il dort sur ta bouche‖ un baiser de velours ;Puisqu’il brille en tes yeux‖ une vive étincelleQu’y jeta le soleil‖ de nos jeunes amours,
Jouissons de la vie‖ et ne soyons point sagesMalgré cette tristesse‖ éparse autour de nous ;Et laissons rayonner‖ toujours sur nos visagesLe sourire divin‖ qu’ont les amoureux fous !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a t’importe / qu’emporte féminineb aimons / monts masculinea arbres / marbres féminineb donc / pardon masculinea ruisselle / étincelle féminineb velours / amours masculinea sages / visages féminineb nous / fous masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources