Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· I La fleur des eaux
XXX. « Pourquoi regardes-tu toujours l’horizon triste »
Pourquoi regardes-tu‖ toujours l’horizon tristeEt les flots éternels‖ qui roulent sur les flots ?Et toi tu me réponds :‖ « J’écoute leurs sanglots,Et la mer sombre et belle‖ est comme une améthyste.
« J’écoute et je regarde ;‖ et je demande au cielPourquoi tant d’amertume‖ et de mélancolie,Tandis que dans notre âme‖ ardente et recueillieS’épanouit la fleur‖ d’un bonheur immortel.
« J’écoute, me dis-tu,‖ les plaintes infiniesQue murmure le soir,‖ que chante le matin ;Je cherche à soulever‖ le voile du destin,Et mon esprit se perd‖ au sein des harmonies. »
Ah ! ne regarde pas‖ la mer ! ferme les yeux !Ne brûle pas ton cœur‖ à ce rêve de flamme.La science est cruelle‖ et nous défleurit l’âme :Quand tu comprendras tout,‖ m’en aimeras-tu mieux ?
Lorsque les flots viendront‖ expirer sur les grèvesOu mugiront au pied‖ de quelque haute tour,Ma femme, mon enfant,‖ mon éternel amour,Couche-toi sur mon cœur‖ que j’y berce tes rêves !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a triste / améthyste féminineb flots / sanglots masculinea ciel / immortel masculineb mélancolie / recueillie fémininea infinies / harmonies féminineb matin / destin masculinea yeux / mieux masculineb flamme / l’âme fémininea grèves / rêves féminineb tour / amour masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources