Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· III L’amour divin
XIII. « Mon cœur saigne en voyant passer les belles filles »
Mon cœur saigne en voyant‖ passer les belles filles,Les filles qui s’en vont‖ chantant ou bien rêvant,Légères comme un rêve‖ et leurs cheveux au vent,Et prennent le chemin‖ des obscures charmilles.
Je ne les suivrai plus,‖ les filles aux doux yeux,Par les sentiers obscurs‖ qui se perdent dans l’ombreOù chuchotent sans fin‖ de longs baisers sans nombreQui font bénir la vie‖ et dédaigner les cieux.
Mon cœur ne se veut plus‖ laisser prendre en leurs trames,En ces trames d’amour‖ qu’elles savent ourdir,Et le printemps a beau‖ renaître et reverdir,Je veux fermer mes yeux‖ au sourire des femmes.
Et pourtant, mon cœur saigne‖ à les voir s’éloigner,Leurs grands cheveux au vent,‖ joyeuses et légères ;Les heures d’autrefois‖ qui me furent si chèresSonnent dans ma mémoire‖ et vont encor sonner,
Et sonneront toujours,‖ tant que les belles fillesPasseront près de moi‖ me regardant un peu,A leur virginité‖ disant un long adieu,Avant de se livrer‖ aux profondes charmilles.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a filles / charmilles féminineb rêvant / vent masculinea yeux / cieux masculineb l’ombre / nombre fémininea trames / femmes féminineb ourdir / reverdir masculinea s’éloigner / sonner masculineb légères / chères féminineb peu / adieu masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources