Œuvres complètes, 1851· Épitres
Épitre sur la vanité de la gloire
Tu n’vetulæ auriculis alienis collegis esc as ?
C’en est donc fait,‖ et ton âme sensibleA ses vrais goûts‖ va se livrer enfin !Tu suis, ami,‖ la pente irrésistibleQui des beaux arts‖ t’applanit le chemin.Tu sais trop bien‖ qu’une plume immortelleNous a tracé‖ les dégoûts, les hasards,Qu’en cette lice‖ ouverte à nos regardsSème souvent‖ la fortune cruelle.Oui, des destins‖ la jalouse fureur,Osant mêler‖ l’absynthe à l’ambroisie,A poursuivi‖ l’aimable poésie,Et du nectar‖ altéré la douceur.Mais, cher ami,‖ cette muse badine,Vive autrefois,‖ alors un peu chagrine,Sur un fond noir‖ détrempa ses couleurs ;Et cette abeille,‖ en volant sur les fleurs,Avait senti‖ la pointe d’une épine :Pour moi, je veux,‖ aux yeux de mon ami,En badinant,‖ combattre sa chimère ;Faut-il des dieux‖ emprunter le tonnerrePour écraser‖ un si faible ennemi ?Je t’obéis.‖ Tu m’ordonnes de croireQue ton esprit,‖ et même ta raison,N’écoute ici‖ que l’instinct de la gloire,Et ne se rend‖ qu’à son noble aiguillon.Des vanités‖ de la nature humaine,Dis-tu, la gloire‖ est encor la moins vaine ;Et du trépas‖ je veux sauver mon nom.Quoi ! ta raison,‖ quoi ! cet esprit si sageConserve encor‖ ce préjugé falot !Quoi ! de la mort‖ ton être est le partage !Et tu prétends‖ lui dérober un mot !Ton nom ! quel est‖ cet étonnant langage !Quoi ! ce désir,‖ vrai fléau de ton âge,Va tourmenter‖ tes jours infortunés,Pour illustrer‖ ce frivole assemblageDe signes vains‖ par le sort combinés !Écoute au moins‖ ces argumens célèbresQui de l’école‖ ont percé les ténèbres.Ce qui n’est rien‖ peut-il avoir un nom ?Que veux-tu dire ?‖ et quelle illusion !Peux-tu forcer‖ ton âme fugitiveA s’échapper‖ de l’éternelle nuit ?Peux-tu renaître ?‖ et quand l’arbre est détruit,Pourquoi vouloir‖ qu’une feuille y survive ?Quoi ! du néant‖ une ombre veut jouir !Mais supposons‖ que ces vains caractères,Que le hasard‖ a voulu réunirPour distinguer,‖ pour désigner tes pères,Vainqueurs du temps,‖ perceront l’avenir.Par quelle voie‖ et quel canal fidèle,Pour te transmettre‖ une atteinte immortelle,Jusques à toi‖ pourront-ils parvenir ?Ce grand Romain,‖ père de l’éloquence,Père de Rome‖ et consul orateur,Dans son printemps‖ adora cette erreur.Mais à la fin,‖ rempli d’indifférence,Sur ce vain songe‖ il composa, dit-on,Un beau traité‖ contre cette démence,Cette fureur‖ d’éterniser son nom,Traité modeste,‖ et signé Cicéron.Dans un écrit,‖ voyez-vous ce grand hommeVanter, prôner,‖ même assez bassement,Un petit Grec,‖ un sophiste de Rome ;Recommander,‖ et très-expressément,Au vain portier‖ du temple de MémoireDe lui donner‖ bonne place en l’histoire ?Le Grec le fit ;‖ mais savez-vous commentLa vanité‖ se vit bien confondue ?La lettre reste‖ et l’histoire est perdue.Mais admirez‖ comment, fiers d’être fous,Devant l’idole‖ ils se prosternent tous !Oui, disent-ils,‖ ce sentiment sublimeQui fait chérir‖ et la gloire et l’estime,Par la vertu‖ fut imprimé dans nous.D’une grande âme‖ il est l’heureux partage ;Dans notre cœur‖ il descend le premier,Survit à tous,‖ disparoît le dernier.Il est, dit-on,‖ la chemise du sage :S’il est ainsi,‖ qu’il aille donc tout nu.Quoi ! vous osez‖ transformer en vertuCette folie,‖ et tirer avantageDe ce délire‖ à d’autres inconnu !Et selon vous,‖ tous ces mortels volages,Pour être fous,‖ ne sont point assez sages !Je quitte, ami,‖ ce ton de Juvénal :Permets qu’au moins‖ ma muse plus légèreOse à tes yeux,‖ sur un prisme moral,Analysant‖ un préjugé fatal,Décomposer‖ ta brillante chimère.Pardonnez-moi,‖ rare et sublime Homère,L’air cavalier‖ et le frivole tonDont j’ose ici‖ proférer votre nom.Vous savez bien‖ que mon cœur vous révère.Ai-je oublié‖ que Samos, Colophon,Et Clazomène,‖ et Smyrne, et l’Ionie,Ont disputé‖ jadis avec chaleurLa gloire unique‖ et l’immortel honneurD’avoir produit‖ un si vaste génie ?Vrai créateur‖ de l’art le plus divin,J’avoûrais bien‖ que, quand vous y passâtes,Et qu’on vous vit,‖ aveugle pélerin,Brillant de gloire,‖ un bourdon à la main,Du violon‖ vainement vous raclâtes.Chaque pays,‖ même l’heureux séjourQui, selon lui,‖ vous a donné le jour,Peut s’écrier,‖ pour appuyer sa thèse :Couvert d’honneur‖ et chargé de mal-aise,Ceint de lauriers,‖ partant manquant de pain,Homère ici‖ pensa mourir de faim.Or, réponds-moi,‖ gueux et divin Homère(Car maintenant‖ je puis te tutoyer,Puisqu’il est sûr‖ qu’on a vu ta misèreRamper, languir‖ dans le double métierDe mendiant,‖ et même de poète),Quand un savant,‖ payé pour te louer,Te va prônant‖ d’une bouche indiscrète,Et sans un cœur‖ osant t’apprécier,Par vanité,‖ par coutume t’admire,Et, t’ayant lu,‖ te vante par oui-dire ;Son vain encens‖ descend-il chez les mortsDe ton esprit‖ caresser les ressorts ?Et toi, brillant‖ et fertile génie,Toi, son rival‖ et son imitateur,Ainsi que lui,‖ fuyant de ta patrie,Non pour aller,‖ besacier, voyageur,Piéton modeste,‖ et pélerin poète,Faire aux passans‖ une prière honnête ;Mais pour donner‖ bals, concerts et cadeaux,Pièce nouvelle‖ et spectacles nouveaux,Où le cœur sent‖ lorsque l’esprit s’élève ;Pour transporter‖ Athènes à Genève,T’y consoler,‖ dans le sein du repos,Et de la haine‖ et de l’encens des sots ;Je l’avoûrai,‖ quand un mortel sincère,De tes écrits‖ ardent admirateur,Vante Arouet,‖ il a flatté Voltaire ;Mais quand la mort,‖ au gré de maint auteur,De maint jaloux,‖ surtout de maint libraire,T’aura frappé‖ de sa faux meurtrière ;Sous cette tombe,‖ eh bien ! parle, réponds,Mortel fameux :‖ lequel de ces deux noms,Ces noms vantés,‖ Arouet ou Voltaire,Dans ton sommeil,‖ par un plus sûr pouvoir,Ranimera‖ tes cendres réveillées ?Lequel des deux‖ saura mieux émouvoirDe ton cerveau‖ les fibres ébranlées ?Auquel, enfin,‖ devons-nous envoyerCe fade encens‖ d’un éloge unanime ?Noble fumée‖ et tribut légitimeQu’à tes travaux‖ l’univers doit payer ?Du sort jaloux‖ un caprice ordinaireA mon valet‖ donna le nom d’Hector.L’entendez-vous,‖ désœuvré téméraire,Estropier,‖ en insultant Homère,Les noms sacrés‖ d’Ulysse et de Nestor ;Et de Dacier,‖ dans ses nobles emphases,Faire ronfler‖ les éternelles phrases ?Quand de Priam‖ le fils infortuné,Le nom d’Hector,‖ ce fléau de la Grèce,S’en vient frapper‖ son esprit étonné,Avez-vous vu‖ redoubler son ivresse,Et sur son front,‖ de joie enluminé,Étinceler‖ sa grotesque allégresse ?Je sonne ; il vient‖ d’un air de dignité :Et le héros,‖ en me versant à boire,Plus sûr que moi‖ de vivre dans l’histoire,Savoure en paix‖ son immortalité.Lorsque la mort,‖ sans toucher à sa gloire,Rassemblera‖ sous ses voiles épaisL’Hector de Troye‖ avec l’Hector laquais,Et qu’un des deux‖ quittera ma livréePour endosser‖ celle du vieux Pluton ;Que sais-je, moi,‖ si son âme enivréePar les vapeurs‖ dont jadis ce grand nomA chatouillé‖ sa cervelle timbrée,Dans son erreur‖ n’ira point partagerLes vains honneurs‖ dus au rival d’Achille ;Si le Troyen‖ ardent à se venger,Dont cet outrage‖ échauffera la bileD’un coup de poing‖ vaillamment assénéTout à l’instar‖ d’Ulysse dans Homère,Ne voudra point‖ trancher en sa colèreCe grand débat,‖ noblement terminé ?Six Annibals‖ ont illustré Carthage ;De tous jadis‖ on vanta le courage ;Deux sont encor‖ connus par leurs exploits,Et de la gloire‖ ont enroué la voix.L’un, des Romains‖ l’ennemi redoutable,Pendant treize ans‖ d’un sénat éperduFut la terreur ;‖ et l’autre plus traitable,Nous dit l’histoire,‖ avait été pendu.Vous, pensez-vous‖ qu’Annibal morfonduDort à part soi,‖ rempli d’indifférence,Sur ses lauriers‖ ou bien sur sa potence ?Apprenez donc‖ que lorsqu’en vos récitsVous célébrez‖ le fier vainqueur de RomeTrop vaguement,‖ en termes peu précis,Le cher pendu,‖ qui croit être un grand homme,Prend pour son compte‖ un éloge indécis.Quatre Platons‖ ont honoré la Grèce ;Mais d’un surtout‖ on célèbre le nom.Lorsque ma voix,‖ pour prix de sa sagesse,A dit un mot‖ de l’immortel Platon,Apprenez-moi‖ comment, par quelle adresse,Par quelle voie‖ et quels secrets rapports,Ce triste mot,‖ dans la foule des morts,Du vrai Platon‖ peut-il trouver l’adresse ?Platon ! Platon !‖ voyez comme à ma voixTous les Platons‖ accourent à la fois !Voyez, voyez,‖ comme chacun s’empresse !Chaque Platon,‖ prenant le nom pour soi,Vole, et s’écrie‖ en écartant la presse :Çà, rangez-vous ;‖ place, messieurs, c’est moi.Le vrai Platon‖ reste seul immobile :Mais j’aperçois‖ venir d’un pas agileEt le sophiste‖ et le grammairien :J’y suis, monsieur,‖ que voulez-vous ? — Moi ! rien.Chaque pays‖ a produit son Hercule,Réparateur‖ des torts, vengeur des droits ;Mais un surtout,‖ impérieux émule,De ses rivaux‖ a conquis les exploits.Un seul, malgré‖ la docte académie,Malgré Saumaise‖ et malgré son génie,Malgré Bardus,‖ et Lipse, et Scaliger,Fait aux savans‖ les honneurs de l’enfer.Or, qui ne croit‖ qu’un jour, dans leur colère,Pour se venger‖ d’un odieux confrère,L’Égyptien,‖ l’Africain, le Gaulois,Dans l’intérêt‖ dont le nœud les rassemble,Contre le Grec‖ ne se liguent ensemble,Et sur son dos‖ ne tombent à la fois ?Peut-être aussi‖ qu’un jour dans l’Élysée,Signant la paix,‖ devenus bons amis,Tranquillement,‖ près de Mégère assis,Tous en commun‖ démêlant la fusée,Édifieront‖ les mânes attendris.Sans nul malheur‖ la dispute appaiséeSur ces grands points‖ pourra nous réunir ;Et nous saurons‖ à quoi nous en tenir.Alors chez nous‖ la vérité reçueSaura fixer,‖ distinguer pour jamaisEt leur pays,‖ et leur siècle, et leurs faits,Et du fuseau‖ séparer la massue.Ce n’est pas tout :‖ par un funeste sortUne syllabe,‖ une lettre éclipsée,Par le hasard,‖ par le temps effacée,Suffit souvent‖ pour nous rendre à la mort.Ce Grec fougueux,‖ l’immortel Alexandre,Lequel un soir,‖ au gré d’une catin,Ivre d’amour‖ et de gloire et de vin,Mit par plaisir‖ Persépolis en cendre :Héros jaloux,‖ de qui la vanitéAvait pleuré‖ sur les lauriers d’un pèreDont il craignait‖ que la postéritéNe laissât plus‖ à sa téméritéDe grands exploits,‖ de sottises à faire ;A ce vengeur‖ de son peuple outragé,A ce guerrier‖ chacun doit son suffrage.Sur notre encens,‖ sur l’éternel hommageDe l’univers‖ conquis et ravagé,Il a des droits,‖ puisqu’il l’a saccagé :Quels sont souvent‖ les transports de sa rage,Quand les honneurs‖ qu’on lui doit accorderSont, au Mogol,‖ prodigués à Scander ?Faut-il convaincre‖ un esprit indocileQu’un caractère,‖ une lettre futile,Pour tout gâter,‖ hélas ! suffit trop bien !Montagne est tout,‖ et Montaigne n’est rien ;Si quelque jour‖ une âme charitableDans les enfers‖ ne daigne l’informerQue des Français‖ la langue variableDétruit son nom,‖ voulant le réformer.L’auteur charmant,‖ et qui, l’auteur ! non, l’homme,Par notre encens‖ n’est jamais chatouillé,Et dans l’oubli‖ dormant d’un profond somme,Par un vain bruit‖ n’est jamais éveillé.Ah ! j’ai bien peur‖ que trompé par la rime,Malgré mes soins,‖ l’historien DionN’ose usurper‖ cette offrande d’estimeQue mon cœur paie‖ au délicat Bion ;Et de leurs noms‖ maudissant l’imposture,Maints froids auteurs,‖ maints héros oubliésOffrent souvent‖ aux mânes égayés,D’un quiproquo‖ la comique aventure.Du même nom‖ cent rois ont hérité :Tous ont vécu‖ pour la postérité ;Tous ont voulu‖ consacrer leur mémoire.Mais vous, mortels !‖ votre légèreté,Par un oubli‖ trop funeste à leur gloire,En les nommant‖ ne les désigne point :C’est donc en vain‖ qu’ils vivent dans l’histoire.Ignorez-vous‖ qu’il faut de point en point,Pour les atteindre‖ au ténébreux empire,Pour que l’éloge‖ ait sur eux son effet,Fixer les temps,‖ les lieux, marquer, détruireLeurs nom, surnom,‖ numéro, sobriquet ?Sans tous ces soins,‖ le vengeur de la Prusse,Le fier vainqueur‖ de l’Allemand, du Russe,Héros du siècle‖ et célèbre à la foisPar les combats,‖ par la flûte et les lois ;Lui qu’Arouet‖ annonçait à la terre,Et que depuis‖ a chansonné Voltaire ;Ce Frédéric,‖ Dieu ! quel affront cruel !Peut voir un jour‖ sa grande âme avilieHumer l’odeur‖ d’un encens éternel,Faut-il le dire ?‖ avec un vil mortel,Un Frédéric,‖ baron de Silésie,Lequel voudra,‖ comme dans son château,Donnant aux morts‖ un spectacle nouveau,Porter partout,‖ sur la rive infernale,Et ses quartiers,‖ et sa voix chapitrale…Il est bien vrai‖ que, pour prendre un détour.Le mot flatteur,‖ quittant les grandes routes,Descend moins vite‖ au ténébreux séjour ;Que le héros,‖ attentif aux écoutes,Dans son cerveau‖ moins prompt à s’ébranlerNe peut sentir‖ qu’une atteinte légère.Que feriez-vous ?‖ Il faut s’en consoler ;Et du destin‖ quel est l’arrêt sévère !Les plaisirs purs‖ pour nous ne sont point faits ;Même en enfer,‖ ils sont tous imparfaits.Or maintenant,‖ qu’un censeur téméraire,Un bel esprit,‖ volage papillon,Vienne fronder‖ ce travail salutaireQui, pour changer,‖ pour rétablir un nom,Dans cette nuit‖ apportant la lumière,Va compilant‖ de vieux compilateurs,Des manuscrits‖ et d’antiques auteurs.Sans un talent,‖ sans de si dignes veilles,Tous les héros,‖ leurs noms et leurs merveilles,Les vains exploits‖ de cent mortels fameux,Vivant pour nous,‖ seraient perdus pour eux.Quel nom donner‖ à la folle imprudenceDe ces humains‖ qui, dans leur déraison,Après avoir‖ avec inconséquenceTout immolé‖ pour anoblir leur nom,Et qui, vieillis‖ dans leur culte frivole,N’ont rien omis‖ pour orner leur idole,L’osent détruire,‖ et dont l’aveugle erreurY substitue‖ un fantôme imposteur,De qui jamais‖ cette gloire n’approche ?Quoi ! Du Terrail,‖ parrain du roi François,Ami des preux,‖ chevalier sans reproche,Au bon Bayard‖ cède tous ses exploits !Et ne crois pas‖ qu’avec plus d’indulgenceJe traite encor‖ cette autre vanitéQui, des climats‖ rapprochant la distance,Entraîne au loin‖ notre esprit emporté.Enseigne-moi‖ quelle est la différence.Qu’importe enfin‖ à ta félicitéQue dans mille ans‖ tes vers se fassent lire,Ou que Stockholm‖ aujourd’hui les admire ?Du Nord jaloux‖ le souffle impétueuxDissipera‖ cet encens si frivole ;Et sa fureur‖ ira, loin de tes yeux,Le déposer‖ dans les antres d’Éole.De près au moins,‖ l’éloge plus flatteur,Voisin de toi,‖ descendrait dans ton cœur ;Et le zéphyr,‖ sur son aile légère,Jusqu’à tes sens‖ daignerait apporterUne vapeur,‖ hélas ! bien passagère,Que tes esprits‖ pourraient au moins goûter.Ah ! que le sort,‖ pour moi plein d’indulgence,Sur le présent‖ borne son influence,Et de mes jours‖ marque chaque momentPar un plaisir,‖ ou par un sentiment :De l’avenir,‖ ami, je le dispense.Je veux sentir,‖ je veux jouir enfin :Et mon esprit,‖ dans son indifférence,D’aucun absent‖ n’est le contemporain.Pauvres humains !‖ quelle est votre inconstance !Qu’est-ce que l’homme‖ à soi-même livré ?Oui, cher ami,‖ moi de qui l’imprudenceVient de traiter‖ de fièvre, de démence,Ce beau désir‖ par les temps consacré,De réunir‖ la double jouissanceD’un nom pourtant‖ à jamais révéré ;Que sais-je, hélas !‖ si mon inconséquence,Par une sotte‖ et double vanité,Ne prétend point‖ franchir l’espace immenseDe l’univers‖ et de l’éternité ;Et si des temps‖ perçant la nuit obscure,Je ne veux point‖ aller, dans un Mercure,Au bout du monde,‖ à l’immortalité ?
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Décasyllabes· profil 4+6
- Mots à la rime
- z sensible / irrésistible féminine, classiquea enfin / chemin masculine, classiqueb immortelle / cruelle féminine, classiquec hasards / regards masculine, classiqued fureur / douceur masculine, classiquee l’ambroisie / poésie féminine, classiquef badine / chagrine / épine féminine, classiqueg couleurs / fleurs masculine, classiqueh ami / ennemi masculine, classiquei chimère / tonnerre féminine, classiquej croire / gloire féminine, classiquek raison / aiguillon / nom masculine, classiquel humaine / vaine féminine, classiquem sage / partage féminine, classiquen falot / mot masculine, classiquem langage / âge / assemblage féminine, classiqueo infortunés / combinés masculine, classiquep célèbres / ténèbres féminine, classiquek nom / illusion masculine, classiqueq fugitive / survive féminine, classiquer nuit / détruit masculine, classiques jouir / réunir masculine, classiquet caractères / pères féminine, classiques l’avenir / parvenir masculine, classiqueb fidèle / immortelle féminine, classiqueu l’éloquence / d’indifférence / démence féminine, classiqued orateur / erreur masculine, classiquek dit-on / nom / Cicéron masculine, classiquev homme / Rome féminine, classiquew bassement / très-expressément / comment masculine, classiquej Mémoire / l’histoire féminine, classiquex confondue / perdue féminine, classiquey fous / tous / nous masculine, classiquez sublime / l’estime féminine, classiquem partage / sage féminine, classiquea premier / dernier masculine, classiqueb nu / vertu / inconnu masculine, classiquem avantage / volages / sages féminine, classiqued Juvénal / moral / fatal masculine, classiquei légère / chimère féminine, classiquei Homère / révère féminine, classiquek ton / nom / Colophon masculine, classiquee l’Ionie / génie féminine, classiqued chaleur / honneur masculine, classiquea divin / pélerin / main masculine, non classiquee passâtes / raclâtes féminine, classiquef séjour / jour masculine, classiqueg thèse / mal-aise féminine, classiquea pain / faim masculine, classiquei Homère / misère féminine, classiquea tutoyer / métier masculine, classiqueh poète / indiscrète féminine, classiquea louer / t’apprécier masculine, classiquei t’admire / oui-dire féminine, classiquej morts / ressorts masculine, classiquee génie / patrie féminine, classiqued imitateur / voyageur masculine, classiqueh poète / honnête féminine, classiquek cadeaux / nouveaux masculine, classiquel s’élève / Genève féminine, classiquem repos / sots masculine, classiquei sincère / Voltaire féminine, classiqued admirateur / auteur masculine, classiquei libraire / meurtrière / Voltaire féminine, classiquen réponds / noms masculine, classiqueo pouvoir / émouvoir masculine, classiquep réveillées / ébranlées féminine, classiquea envoyer / payer masculine, classiquez unanime / légitime féminine, classiquei ordinaire / téméraire / Homère féminine, classiqueq d’Hector / Nestor masculine, classiquer emphases / phrases féminine, classiquea infortuné / étonné masculine, classiqueg Grèce / ivresse / allégresse féminine, classiquea enluminé / dignité / immortalité masculine, classiquej boire / l’histoire / gloire féminine, classiques épais / laquais masculine, classiquet livrée / enivrée / timbrée féminine, classiquek Pluton / nom masculine, classiquea partager / venger masculine, classiqueu d’Achille / bile féminine, classiquea asséné / terminé masculine, classiquei Homère / colère féminine, classiquem Carthage / courage féminine, classiquev exploits / voix masculine, classiquex redoutable / traitable féminine, classiqueb éperdu / pendu / morfondu masculine, classiqueu d’indifférence / potence féminine, classiquey récits / précis / indécis masculine, classiquev Rome / homme féminine, classiqueg Grèce / sagesse féminine, classiquek nom / Platon masculine, classiqueg adresse / l’adresse féminine, classiquej rapports / morts masculine, classiquev voix / fois masculine, classiqueg s’empresse / presse féminine, classiquez soi / moi masculine, classiqueu immobile / agile féminine, classiquea grammairien / rien masculine, classiquea Hercule / émule féminine, classiquev droits / exploits masculine, classiquee académie / génie féminine, classiquea Scaliger / l’enfer masculine, classiquei colère / confrère féminine, classiquev Gaulois / fois masculine, classiquec rassemble / ensemble féminine, classiquet l’Élysée / fusée / appaisée féminine, classiquey amis / assis / attendris masculine, classiques réunir / tenir masculine, classiquex reçue / massue féminine, classiques jamais / faits masculine, classiqued sort / mort masculine, classiquet éclipsée / effacée féminine, classiquee Alexandre / cendre féminine, classiquea catin / vin masculine, classiquea vanité / postérité masculine, classiquei père / faire féminine, classiquea témérité / outragé masculine, classiquem suffrage / hommage / rage féminine, classiquea ravagé / saccagé masculine, classiquea accorder / Scander masculine, classiqueu indocile / futile féminine, classiquea bien / rien masculine, classiquex charitable / variable féminine, équivalentea l’informer / réformer masculine, classiquev l’homme / somme féminine, classiquea chatouillé / éveillé masculine, classiquez rime / d’estime féminine, classiquek Dion / Bion masculine, classiquef l’imposture / aventure féminine, classiqueo oubliés / égayés masculine, classiquea hérité / postérité / légèreté masculine, classiquej mémoire / gloire / l’histoire féminine, classiqueg point masculine, classiquei empire / détruire féminine, classiqueh effet / sobriquet masculine, classiquei Prusse / Russe féminine, classiquev fois / lois masculine, classiquei terre / Voltaire féminine, classiquej cruel / éternel / mortel masculine, classiquee avilie / Silésie féminine, classiquek château / nouveau masculine, classiquel infernale / chapitrale féminine, classiquef détour / séjour masculine, classiquem routes / écoutes féminine, classiquea s’ébranler / consoler masculine, classiquei légère / sévère féminine, classiques faits / imparfaits masculine, classiquei téméraire / salutaire / lumière féminine, classiquek papillon / nom masculine, classiqueg compilateurs / auteurs masculine, classiquen veilles / merveilles féminine, classiqueo fameux / eux masculine, classiqueu imprudence / inconséquence féminine, classiquek déraison / nom masculine, classiquep frivole / idole féminine, classiqued erreur / imposteur masculine, classiqueq n’approche / reproche féminine, classiquev François / exploits masculine, classiqueu d’indulgence / distance / différence féminine, classiquea vanité / emporté / félicité masculine, classiquei lire / admire féminine, classiqueo impétueux / yeux masculine, classiquep frivole / d’Éole féminine, classiqued flatteur / cœur masculine, classiquei légère / passagère féminine, classiquea apporter / goûter masculine, classiqueu d’indulgence / influence féminine, classiquew moment / sentiment masculine, classiqueu dispense / indifférence féminine, classiquea enfin / contemporain masculine, classiqueu inconstance / l’imprudence féminine, classiquea livré / consacré masculine, classiqueu démence / jouissance féminine, classiquea révéré / vanité masculine, classiqueu inconséquence / immense féminine, classiquea l’éternité / l’immortalité masculine, classiquef obscure / Mercure féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
385 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Chez CHAUMEROT JEUNE, LIBRAIRE, 1824-1825· numérisation ÉFÉLÉ· Sources