Œuvres complètes, 1851· Poésies diverses
Les fêtes espagnoles
Il me souvient‖ d’avoir passé deux moisDans un château‖ de gothique structure,Flanqué de tours,‖ imposante masureDont le seigneur‖ m’ennuyait quelquefois,Ou me grondait‖ quand je daignais l’entendre.Mais curieux,‖ il me plaisait d’apprendreMainte anecdote ;‖ il avait vu des rois,Des empereurs,‖ des princes d’Allemagne,Ces cours vraiment‖ ont de très-bons endroits.Sa favorite‖ était la cour d’Espagne ;Il la citait‖ sans relâche et partout,Cherchant quelqu’un‖ qui pour elle eût du goût.Du roi Philippe‖ et de la ParmesaneJ’ai remporté‖ des traits assez plaisans,Je dis pour moi,‖ plaisans pour un profane,Qui veut de loin‖ des princes amusans.Mon rabâcheur‖ trouvait son passe-tempsA parler d’eux,‖ de lui, de leurs caresses.Il possédait‖ des reines, des princesses,En bague, en boîte,‖ en bijoux bien montés,Rois, électeurs,‖ en ordre étiquetés ;Ayant garni‖ tout un écrin d’altesses,Près de la tombe,‖ épris des dignités,Et raffolant‖ surtout des majestés ;Puis, allongeant‖ deux tiroirs parallèles,Il m’étalait‖ cent joyaux radieux,Luxe enterré,‖ pompeuses bagatelles,Perles, rubis,‖ diamans précieux,Présens des rois,‖ et qui plus est, des belles.En l’écoutant,‖ cent fois je me suis dit :Les rois d’alors‖ aimaient bien peu l’esprit.N’importe : il faut,‖ pour prix de ses nouvelles,Le suivre encor‖ à Madrid, au Prado,Quitte à partir‖ pour le Ben-RetiroOù le roi court,‖ quand le sourcil lui fronce :Et n’a-t-on pas‖ d’ailleurs Saint-Ildephonse,Lieux enchantés,‖ palais du doux printempsOù dans l’ennui‖ sa majesté s’enfonceTout à son aise,‖ et loin des courtisans ?Bâiller tout seul‖ marque un certain bon sens,Et montre au moins‖ que la grandeur suprêmePour s’ennuyer‖ se suffit à soi-même.De ce babil‖ du vieil ambassadeurQue j’écoutais,‖ vous en voyez la cause :Il m’est resté‖ dans l’esprit, cher lecteur,Je ne sais quoi‖ dont il faut que je cause.Là… pour causer,‖ perdre son sérieux,Dire un peu… tout,‖ sans fadeur, sans scrupule.J’ai des amis‖ aimant le ridicule,Moi, … je le peins…‖ par amitié pour eux.Vous saurez donc,‖ sans plus de préambule,Que dans Madrid,‖ sous l’avant-dernier roi,Prince pieux‖ et vraiment catholique,Mais trop souvent‖ battu, malgré sa foi,Par les Anglais,‖ maudit peuple hérétique :Quand je dis lui,‖ c’étaient (vous sentez bien)Ses généraux,‖ le roi n’en savait rien ;On lui sauvait‖ tout chagrin politique ;C’était plaisir‖ de voir comme on tendaitDevers ce but,‖ et comme on s’accordaitA tenir loin‖ tout parleur véridique ;Pour lui tout seul‖ la gazette mentait,Gazette à part,‖ de plaisante fabrique,Que le ministre‖ ou la reine dictait :Oh ! que n’a-t-on‖ cet exemplaire unique !La cour, la chambre‖ et le moindre valet,Secondaient tous‖ la reine et le ministre :Tenant pour sûr‖ qu’un triste événement,Un grand désastre,‖ un revers bien sinistre,Appris au roi,‖ pouvait subitementPlisser son front,‖ obscurcir son visage,D’un peu d’humeur‖ y laisser le nuageEt retarder‖ sa chasse d’un moment,Tant ce bon prince‖ avait de sentiment !Or, cette fois,‖ le mal étant extrême,Il fut réglé,‖ d’après ce beau système,Qu’on donnerait‖ fêtes de grand éclat,Pour réparer‖ les malheurs de l’état.Le temps pressait :‖ zèle, soins et dépense,On prodigua‖ tout, hors l’invention,Pour étaler‖ avec profusionTous les plaisirs‖ de la magnificence,Un beau gala,‖ dans sa perfection,Jeu, grand couvert,‖ la musique, la danse,Feux d’artifice,‖ illumination,Tout le fracas‖ d’une cour excédée,Sans frais d’esprit,‖ sans l’ombre d’une idée.Pardon ; j’ai tort ;‖ on se disait tout bas,Que c’est vraiment‖ un prince formidable ;Que les Anglais‖ se rendront sans combats,Que tous les jours‖ la reine est plus aimableMalgré les ans,‖ on ne la conçoit pas ;Que le ministre‖ est un homme admirable ;Que les Infans‖ sont plus beaux que le jour ;Bref, ce qu’on dit,‖ ce qu’il est convenableQu’un roi vivant‖ entende dans sa cour.Le lendemain‖ donne fête nouvelle.Vous connaissez‖ ce que l’Espagne appelleActe de foi.‖ La foi devait brûlerDe cent Hébreux‖ une troupe infidelle,D’infortunés‖ triste et longue séquelleQu’on dénombrait,‖ la voyant défiler ;Et puis venait‖ un renfort d’hérétiques,Seuls vrais auteurs‖ des disgrâces publiques.La foi console :‖ il faut se consoler.C’est bien aussi‖ ce que l’on se propose,Quant au public ;‖ le roi, c’est autre chose :Ignorant tout,‖ rien ne peut le troubler ;Nul embarras,‖ nul souci ne l’approche.Content, heureux,‖ et la gazette en poche,De l’avenir‖ irait-il se mêler ?Vainqueur partout,‖ terrible (on l’en assure),Son cœur jouit‖ d’une allégresse pure.Environné‖ de messieurs les Infans,D’un air dévot‖ il dit ses patenôtres :Il faut donner‖ l’exemple à ses enfans,Priant pour eux‖ la vierge et les apôtres.Bien surveillés‖ par l’inquisition,Ils sont dressés‖ à la religionPar des prélats‖ humbles comme les nôtres,Mais qui, croyant‖ ce qu’ils prêchaient aux autres,Avaient de plus‖ la persuasion.Des trois Infans‖ la sournoise jeunesseMontrait du goût‖ pour la contrition ;Le sérieux‖ de la componctionTartufiait‖ leur sombre gentillesse :Un maintien gauche,‖ en dépit de l’altesse,Ce tour d’église‖ et cet air d’oraison,Cet humble instinct‖ qui détruit la raison,Qui plaît au prêtre,‖ aussitôt l’intéresseEt lui fait dire :‖ Oh ! celui-ci m’est bon.On a voulu‖ qu’au sortir de la messe,L’aîné, surtout,‖ vint à l’acte de foiVoir la douceur‖ de notre sainte loi,Mâter ses sens,‖ sa pitié, sa faiblesse,Enfin promettre‖ à l’Espagne un grand roi,Qui vît toujours‖ l’enfer autour de soi.Et dans le fait,‖ voyant des misérablesPrécipités‖ dans des brasiers ardens,Tordant leurs bras‖ déchirés de leurs dents,Et leurs bourreaux,‖ des hommes, ses semblables,Usurpateurs‖ du bel emploi des diables,N’est-il pas vrai‖ que monseigneur l’InfantDoit à l’enfer‖ croire plus aisément ?Aimable prince,‖ ô combien ton enfanceEn ce beau jour‖ a donné l’espéranceAu saint office !‖ Il dit que tôt ou tardTu reprendras‖ sûrement Gibraltar,Qui fut ton bien,‖ et que la ProvidenceA laissé prendre‖ aux Anglais par hasard.Ce pronostic,‖ qu’on répand dans l’Espagne,N’eut point d’accès‖ au journal de la cour ;On s’y bornait‖ à louer tour à tourL’auguste roi,‖ son auguste compagne,Qui sont du monde‖ et l’exemple et l’amour :Puis de vanter,‖ en phrases fanatiques,Leur zèle ardent‖ contre les hérétiques,Contre l’Anglais,‖ surtout contre l’Hébreu,Peuple endurci‖ dans ses vieilles pratiques,Que l’on convient‖ venir d’assez bon lieu ;Mais qui, fidèle‖ à ses cahiers antiques,Livres chéris,‖ divins de notre aveu,Meurt méchamment‖ et pour adorer DieuComme David,‖ de qui les doux cantiquesLui sont chantés‖ quand on le jette au feu.Certes, voilà‖ de quoi mettre en colèreUn saint journal :‖ puis, viennent les couplets,Hymnes, chansons,‖ redondilles, sonnets,Qu’une foi vive,‖ hypocrite ou sincère,Un vain désir,‖ ou le talent de plaire,Adresse au roi‖ sur ses brillans succès ;Car tout le plan‖ de la cérémonieEst un effort‖ de son puissant génie.Pourquoi, soudain,‖ places et carrefoursVont de sa gloire‖ occuper quelques joursLes regardans :‖ estampes et gravures,Grotesque affreux,‖ sombres caricatures,Où, consumés‖ dans leurs sacrés atours,La tête en bas,‖ feux et flamme à rebours,En noirs démons,‖ grimacent les figuresDes torturés,‖ infligeant des tortures ;Dieu, qui d’en haut‖ contemple cet enferAvec amour,‖ et bénit Lucifer ;Le doux Jésus ;‖ l’attrayante Marie,Qui, caressant‖ d’un sourire amicalLes vils suppôts‖ du monstre monacal,Semble exciter‖ leur dévote furie ;En bas, le roi‖ d’un beau zèle échauffé,La croix en main,‖ guidant l’auto-da-fé,Dont le livret,‖ lu dans chaque famille,D’un jacobin‖ vu, revu, paraphé,Va sur les mers,‖ pieuse pacotille,Charmer, ravir,‖ de Cadix à Manille,Ses heureux saints‖ qui prennent leur café.Vous conviendrez‖ que maintenant l’EspagneAvec honneur‖ peut ouvrir la campagne,Qu’on va tout vaincre,‖ et que les ennemisSeront bientôt‖ chassés du plat pays.Soit, j’en conviens ;‖ mais un moment, de grâce ;Rendons surtout‖ la victoire efficace,Modérons-nous,‖ et faisons qu’aujourd’huiLe roi n’ait plus‖ une gazette à lui.Songeons au but‖ de la troisième fête,Que cette fois‖ pour le peuple on apprête.Que dites-vous ?‖ le peuple ! Eh, oui ! vraiment,Dans le malheur‖ on y pense un moment.Le plus grand roi,‖ quand la chance varie,Avec le peuple‖ est en coquetterie.A son époux‖ la reine a prudemmentInsinué‖ qu’au sein de la victoire,Un roi couvert‖ des rayons de la gloire,S’il est chéri,‖ paraît encor plus grand.Le roi, frappé,‖ vit l’importance extrêmeDe ce conseil :‖ « Eh bien ! dit-il, qu’on m’aime.Veillez-y bien,‖ réglez tout promptement. »On obéit,‖ et le gouvernement,Voyant le peuple‖ abattu de tristesse,Prit le parti‖ d’ordonner l’allégresse,De la payer.‖ On prit l’argent ; mais quoi ?On ne rit pas‖ ainsi de par le roi.L’auto-da-fé,‖ merveilleux en lui même,Soutient le cœur,‖ mais ne peut réjouir :Il faut chercher‖ ailleurs ce bien suprêmeEt s’adresser‖ à quelqu’autre plaisir.Or, le plus grand,‖ le seul par excellence,Vous devinez,‖ c’est de voir des taureauxMis en fureur,‖ poussés à toute outrancePar des guerriers,‖ des piqueurs, des héros,Gens vigoureux,‖ bien armés, bien dispos.De ces combats‖ la sublime scienceChez l’Espagnol‖ brilla dans tous les temps.Sur Caldérone‖ elle a la préférence :Elle ravit‖ les petits et les grands,La cour, la ville ;‖ et sa majesté mêmeFait grand état‖ de ce talent suprême.Par cent rivaux‖ le prix est disputé :C’est un hommage‖ offert à la beauté.L’Espagnol croit,‖ lorsque son sang ruissèle,Que pour jamais‖ sa maîtresse est fidèle.Chez nous Français,‖ cet argument nouveauPrendrait du poids,‖ en supposant de même,Qu’on ne peut plus,‖ dès qu’on perce un taureau,Être fidèle‖ à la beauté qu’on aime.Chaque pays‖ a son raisonnement ;Cervelle humaine‖ est chose singulière.De ma raison‖ votre raison diffère :Le cœur aussi‖ m’étonne grandement….Mais je reviens‖ et reprends notre affaire.L’affaire allait‖ plus que passablement ;L’amphithéâtre‖ était garni de bellesDe toute espèce,‖ et même de cruelles.On avait fait‖ le signe de la croix,Et trois taureaux‖ s’avançaient à la fois.Si je voulais‖ faire ici le poète,Convenez-en,‖ lecteur, j’aurais beau jeu ;A qui tient-il ?‖ Mais je retiens mon feu,Je vous fais grâce ;‖ et ma muse discrèteDes lieux communs‖ dédaigne le secours ;Puis, la morale‖ a seule mes amours.Or, disons donc,‖ sans soin, sans étalage,Qu’un des taureaux,‖ j’en ai parlé, je crois,Deux étant morts,‖ demeuré seul des trois,Blessé lui-même‖ et transporté de rage,Glaça d’effroi‖ l’amphithéâtre entier,Renversant tout,‖ matador ou guerrier,Nègre, marquis,‖ grand d’Espagne et bouvier,Armés ou non ;‖ il n’eut plus d’adversaire.Thésée, Alcide,‖ aux siècles fabuleux,Eussent cherché‖ ce taureau merveilleux,Pour en découdre :‖ il était leur affaire.Sa majesté,‖ ne pensant pas comme eux,Se blottissait‖ dans sa loge grillée,Mourant de peur,‖ la croyant ébranlée.Chacun tremblait‖ à l’exemple du roi ;Mais savez-vous‖ comme, en ce désarroi,Dieu secourut‖ cette cour si troublée ?Un jeune enfant,‖ obscur, bien inconnu,Vient à songer‖ qu’à l’instant il a vuLes bœufs d’un tel,‖ troupeau considérable,Qui lentement‖ regagnaient leur étable.Vite il y court,‖ les fait sortir soudain,Et les conduit,‖ aidé d’un vieux voisin,Vers cet enclos‖ où la terrible scèneRépand l’horreur :‖ les voilà dans l’arène.En quel moment ?‖ Quand le monstre fougueux,Moins forcené,‖ paraissait plus terrible ;Lorsqu’agitant,‖ tournant sa face horrible,Gonflé, fumant‖ d’un nuage écumeux,Vainqueur et seul‖ sur l’arène sanglante,Les feux épais‖ de sa narine ardente,Les feux hagards,‖ noirs et clairs de ses yeux,Redemandaient,‖ cherchaient la guerre absente.Pour ennemis‖ il ne voit que des bœufsQui défilaient,‖ un par un, deux par deux,En plus grand nombre ;‖ et puis la troupe entièreDe plus en plus‖ garnissait la carrière.De leurs gros yeux‖ la stupide langueurEt de leurs pas‖ la pesante lenteurN’annonçant point‖ d’intention guerrière,Le fier taureau,‖ qu’étonne leur douceur,Tout ébaubi‖ d’être sans adversaire,Les étonnait‖ d’un reste de fureur,Qui peut passer‖ entre bœufs pour humeur ;Et nulle part‖ ne trouvant de colère,Il s’appaisa,‖ voyant qu’ils n’ont point peur.Grâce à leur corne,‖ il les crut ses semblables :Comme ils beuglaient,‖ il les crut ses égaux ;Et radouci‖ dans ce commun repos,Environné‖ de voisins si traitables,Il imita‖ ces prétendus taureaux.Ce dénoûment‖ plut fort à l’assistance,Au roi surtout :‖ l’on reprend contenance,On se rassure,‖ on rit de son effroi,Que l’on niait ;‖ nul n’avait craint pour soi :Un seul instant‖ si l’âme fut troublée,Chacun convient‖ que c’était pour le roi ;Le roi le crut,‖ se croyant l’assemblée.La peur cessant,‖ on devint curieux.Mais d’où vient donc‖ ce grand convoi de bœufs ?On cherche, on tient‖ tout le fil de l’histoire.Un empressé‖ courut après l’enfantQui prit la fuite ;‖ il avait peur d’un grand,Et se sauva‖ de l’interrogatoire.La reine en rit :‖ chacun des courtisansVoulait qu’il fût‖ le fils d’un de ses gens,Neveu du moins,‖ tant ils aimaient la gloire.Le roi laissa‖ disputer là-dessus,Indifférent,‖ puisqu’il ne tremblait plus.Hors de péril,‖ sa majesté charméeLâche deux mots‖ sur l’enfant, le voisin,Bâillant, distrait ;‖ et dès le lendemainS’en soucia‖ comme de son armée.Tandis qu’il bâille‖ et ne s’amuse pas,Des battemens‖ de mains, de grands éclats,Des ris joyeux‖ partent de la commune.Sa majesté,‖ que le rire importune,Paraît surprise,‖ elle regarde en bas :C’était l’enfant‖ qui, rentré de fortune,Ne craignant plus,‖ voyez-vous, d’être prisNi présenté,‖ curieux, s’était misSur un gradin,‖ debout, près de l’issuePar où des bœufs‖ se pousse la cohue,Troupeau bénin,‖ qu’on chasse avec des ris.Et des rieurs‖ remarquez l’insolence ;Car vous saurez‖ qu’en ce troupeau si douxEst l’animal‖ qui les fit trembler tous ;Mais de l’enfant‖ la naïve impudenceFit plus d’effet‖ encor, réussit mieux.En revoyant‖ ce taureau trouble-fête,Auteur du mal,‖ si coupable à ses yeux,D’un gros bâton,‖ plaisamment furieux,Il va frappant‖ de la maudite bêteLes flancs, le dos ;‖ et le pauvre animal,Doublant le pas‖ sous l’instrument risible,Va s’enfonçant‖ dans le groupe paisible,Pour se sauver‖ de ce petit brutal.Vous souriez,‖ lecteur ; mais je parieQue vous rêvez :‖ laissons la rêverie,Contentons-nous‖ d’un simple enseignement,D’un aperçu :‖ que tel est fréquemmentPlus fort tout seul‖ qu’avec sa confrérie.Vous le sentez,‖ hélas ! péniblement,Hommes de main,‖ de tête, de génie,Vous que j’ai vus‖ en maint gouvernement(Le despotisme‖ a bien sa prudhomie),Vous que je plains,‖ abattus tristement,Marchant de front,‖ bêtes de compagnie.Cet art des rois,‖ ce secret merveilleux,Nous le savons ;‖ mais l’Espagne l’ignore ;En ces climats‖ le ciel fait naître encoreDes esprits fiers‖ et des cœurs généreux ;Mais les taureaux‖ sont entourés de bœufs.Chassons les bœufs,‖ chassons le saint office,Prions le ciel‖ que la foi s’affaiblisse,Limons leurs fers‖ et dessillons leurs yeuxPar maint écrit‖ où la vérité brille,La vérité,‖ trésor plus précieuxQue du Pérou‖ l’opulente flottille ;Et dans Madrid‖ menant la vérité,Que suit bientôt‖ sa sœur la liberté,Consolidons‖ le pacte de famille.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Décasyllabes· profil 4+6
- Mots à la rime
- a mois / quelquefois masculine, classiqueb structure / masure féminine, classiquec l’entendre / d’apprendre féminine, classiquea rois / endroits masculine, classiqued d’Allemagne / d’Espagne féminine, classiquee partout / goût masculine, classiquef Parmesane / profane féminine, classiqueg plaisans / amusans / passe-temps masculine, classiqueh caresses / princesses / d’altesses féminine, classiquei montés / étiquetés masculine, classiquei dignités / majestés masculine, classiquej parallèles / bagatelles féminine, classiquek radieux / précieux masculine, classiquej belles / nouvelles féminine, classiquel dit / l’esprit masculine, classiquem Prado / Ben-Retiro masculine, classiquen fronce / Saint-Ildephonse / s’enfonce féminine, classiqueg printemps / courtisans / sens masculine, classiqueo suprême / soi-même féminine, classiquep ambassadeur / lecteur masculine, classiqueq cause féminine, classiquek sérieux / eux masculine, classiquer scrupule / ridicule / préambule féminine, classiques roi / foi masculine, classiquet catholique / hérétique féminine, classiqueu bien / rien masculine, classiquet politique / véridique féminine, classiquev tendait / s’accordait masculine, classiquev mentait / dictait / valet masculine, classiquet fabrique / unique féminine, classiquew ministre / sinistre féminine, classiquex événement / subitement masculine, classiquey visage / nuage féminine, classiquex moment / sentiment masculine, classiqueo extrême / système féminine, classiquez éclat / l’état masculine, classiquea dépense / magnificence / danse féminine, classiqueb l’invention / profusion masculine, classiqueb perfection / illumination masculine, classiquec excédée / idée féminine, classiqued bas / combats / pas masculine, classiquee formidable / aimable féminine, classiquee admirable / convenable féminine, classiquef jour / cour masculine, classiqueg nouvelle / appelle féminine, classiqueh brûler / défiler masculine, classiqueg infidelle / séquelle féminine, classiquei d’hérétiques / publiques féminine, classiqueh consoler / troubler / mêler masculine, classiqueq propose / chose féminine, classiquej l’approche / poche féminine, classiqueb assure / pure féminine, classiqueg Infans / enfans masculine, classiquek patenôtres / apôtres féminine, classiqueb l’inquisition / religion masculine, classiquek nôtres / autres féminine, classiqueb persuasion / contrition masculine, classiquel jeunesse / gentillesse féminine, classiqueb componction / d’oraison masculine, classiquel l’altesse / l’intéresse féminine, classiqueb raison / bon masculine, classiquel messe / faiblesse féminine, classiques foi / loi masculine, classiques roi / soi masculine, classiquem misérables / semblables / diables féminine, classiqueg ardens / dents masculine, classiquex l’Infant / aisément masculine, classiquea enfance / l’espérance / Providence féminine, classiquen tard / Gibraltar / hasard masculine, classiqued l’Espagne / compagne féminine, classiquef cour / tour / l’amour masculine, classiquei fanatiques / hérétiques féminine, classiquep l’Hébreu / lieu masculine, classiquei pratiques / antiques / cantiques féminine, classiquep aveu / Dieu / feu masculine, classiqueq colère / sincère / plaire féminine, classiquer couplets / sonnets / succès masculine, classiques cérémonie / génie féminine, classiquet carrefours / jours masculine, non classiqueu gravures / caricatures féminine, classiquet atours / rebours masculine, non classiqueu figures / tortures féminine, classiquev enfer / Lucifer masculine, classiques Marie / furie féminine, classiquew amical / monacal masculine, classiqueh échauffé / l’auto-da-fé masculine, classiquex famille / pacotille / Manille féminine, classiqueh paraphé / café masculine, classiqued l’Espagne / campagne féminine, classiquey ennemis / pays masculine, classiquez grâce / efficace féminine, classiquea qu’aujourd’hui / lui masculine, classiqueb fête / apprête féminine, classiquex vraiment / moment masculine, classiques varie / coquetterie féminine, classiquex prudemment / grand masculine, classiquec victoire / gloire féminine, classiqueo extrême / m’aime féminine, classiquex promptement / gouvernement masculine, classiquel tristesse / l’allégresse féminine, classiques quoi / roi masculine, classiqueo même / suprême féminine, classiquee réjouir / plaisir masculine, classiquea excellence / outrance féminine, classiquef taureaux / héros / dispos masculine, classiquea science / préférence féminine, classiqueg temps / grands masculine, classiqueh disputé / beauté masculine, classiqueg ruissèle / fidèle féminine, classiquem nouveau / taureau masculine, classiqueo même / aime féminine, classiquex raisonnement / grandement / passablement masculine, classiqueq singulière / diffère / affaire féminine, classiquej belles / cruelles féminine, classiquea croix / fois masculine, classiqueb poète / discrète féminine, classiquep jeu / feu masculine, classiquet secours / amours masculine, classiquey étalage / rage féminine, classiquea crois / trois masculine, classiqueh entier / guerrier / bouvier masculine, classiqueq d’adversaire / affaire féminine, classiquek fabuleux / merveilleux / eux masculine, classiquec grillée / ébranlée / troublée féminine, classiques roi / désarroi masculine, classiquei inconnu / vu masculine, classiquee considérable / étable féminine, classiqueu soudain / voisin masculine, classiquej scène / l’arène féminine, classiquek fougueux / écumeux masculine, classiquek terrible / horrible féminine, classiquel sanglante / ardente / absente féminine, classiquek yeux / bœufs / deux masculine, classiqueq entière / carrière féminine, classiquep langueur / lenteur masculine, classiqueq guerrière / adversaire / colère féminine, classiquep douceur / fureur masculine, classiquep humeur / peur masculine, classiquem semblables / traitables féminine, classiquef égaux / repos / taureaux masculine, classiquea l’assistance / contenance féminine, classiques effroi / soi / roi masculine, classiquec troublée / l’assemblée féminine, classiquek curieux / bœufs masculine, classiquec l’histoire / l’interrogatoire / gloire féminine, classiquex l’enfant / grand masculine, classiqueg courtisans / gens masculine, classiquen là-dessus / plus masculine, classiquec charmée / armée féminine, classiqueu voisin / lendemain masculine, classiqued pas / éclats / bas masculine, classiqueo commune / importune / fortune féminine, classiquey pris / mis / ris masculine, classiquep l’issue / cohue féminine, classiquea l’insolence / impudence féminine, classiqueq doux / tous masculine, classiquek mieux / yeux / furieux masculine, classiqueb trouble-fête / bête féminine, classiquew animal / brutal masculine, classiquek risible / paisible féminine, classiques parie / rêverie féminine, classiquex enseignement / fréquemment masculine, classiques confrérie / génie féminine, classiquex péniblement / gouvernement / tristement masculine, classiques prudhomie / compagnie féminine, classiquek merveilleux / généreux masculine, classiques l’ignore / encore féminine, classiquek bœufs / yeux / précieux masculine, classiquet office / s’affaiblisse féminine, classiquex brille / flottille / famille féminine, classiqueh vérité / liberté masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
381 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Chez CHAUMEROT JEUNE, LIBRAIRE, 1824-1825· numérisation ÉFÉLÉ· Sources