Œuvres poétiques, 1790· Poésies antiques ‒ études
VII. « Aux déserts de Barca le monstre des forêts »
Aux déserts de Barca‖ le monstre des forêts,Quand le chien dévorant‖ sur ces arides plainesVomit du haut des cieux‖ ses brûlantes haleines,Sent l’amour en fureur,‖ dans ses flancs consumés,Verser au lieu de sang‖ des poisons allumés ;Jamais de plus de morts,‖ de meurtres, de carnagesL’Afrique n’abreuva‖ ses infâmes rivages.Dieux ! que je plains alors‖ l’étranger oubliéQu’à ces bords ............... la mer retient lié !Chaque jour, d’un sommet‖ élancé dans la nue,Sur la vaste Amphitrite‖ il promène sa vue.A ses vœux enflammés‖ prompt à se décevoir,Son œil avide vole‖ au-devant de l’espoir.Un nuage lointain‖ qui se penche sur l’onde,Un roc où, se brisant,‖ Téthys écume et gronde,Un monstre qui surnage‖ et des flots fend le cours,Tout lui semble un vaisseau‖ qui vole à son secours.Mais quand du haut Atlas‖ la cime dévoréeDe rayons presque éteints‖ est à peine éclairée,Vers l’astre fugitif,‖ sur son sommet assis,Il tourne ses regards‖ de larmes obscurcis.Bientôt de mille cris‖ l’air ébranlant les nues,De rugissements sourds‖ les cavernes émues,Des tigres, des lions,‖ les fureurs, les combats,Dans le creux des rochers‖ précipitent ses pas.Là, pâle, anéanti,‖ palpitant, hors d’haleine,N’osant ni se mouvoir,‖ ni respirer qu’à peine,Verse une sueur froide‖ et dresse ses cheveux.Dans les convulsions‖ d’une angoisse éternelle,Il ne voit que la mort,‖ et que la mort cruelle ;Et quand le jour renaît‖ dans les champs azurés,Ses yeux, de pleurs amers‖ sans cesse dévorés,N’ont point connu ce baume‖ ami de la nature,Qui des cœurs ulcérés‖ assoupit la blessure.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 16((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a plaines / haleines féminine, classiqueb consumés / allumés masculine, classiquea carnages / rivages féminine, classiqueb oublié / lié masculine, classiquea nue / vue féminine, classiqueb décevoir / l’espoir masculine, classiquea l’onde / gronde féminine, classiqueb cours / secours masculine, classiquea dévorée / éclairée féminine, classiqueb assis / obscurcis masculine, classiquea nues / émues féminine, classiqueb combats / pas masculine, classiquea d’haleine / peine féminine, classiqueb éternelle / cruelle féminine, classiquea azurés / dévorés masculine, classiqueb nature / blessure féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
34 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques, Alphonse Lemerre, éditeur, 1899· numérisation gallica.bnf.fr· Sources