Le cahier rouge, 1874
Douleur bercée
Toi que j’ai vu pareil‖ au chêne foudroyé,Je te retrouve époux,‖ je te retrouve père ;Et sur ce front songeant‖ à la mort qui libère,Jadis le pistolet‖ pourtant s’est appuyé.
Tu ne peux pas l’avoir‖ tout à fait oublié.Tu savais comme on souffre‖ et comme on désespère,Tu portais dans ton sein‖ l’infernale vipèreD’un grand amour trahi,‖ d’un grand espoir broyé.
Sans y trouver l’oubli,‖ tu cherchais les tumultes,L’orgie et ses chansons,‖ la gloire et ses insultes,Et les longues clameurs‖ de la mer et du vent.
Qui donc à ta douleur‖ imposa le silence ?…— O solitaire, il a‖ suffi de la cadenceQue marque le berceau‖ de mon petit enfant.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a foudroyé / appuyé masculine, classiqueb père / libère féminine, classiquea oublié / broyé masculine, classiqueb désespère / vipère féminine, classiquec tumultes / insultes féminine, classiqued vent / enfant masculine, classiquee silence / cadence féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de François Coppée, Paris, Librairie L. Hébert, 1885· numérisation poesies.net· Sources