Poèmes divers, 1869
Le justicier
A Théodore De Banville.
L’an mil quatre cent trois,‖ juste un mois après Pâques,Le jour des bienheureux‖ saint Philippe et saint Jacques,Très-haut et très-puissant‖ Gottlob, dit le Brutal,Baron d’Hildburghausen,‖ comte de Schnepfenthal,Grand bailli d’Elbenau,‖ margrave héréditaireDe Schlotemsdorff, seigneur‖ du fleuve et de la terre,Le doyen, le plus vieux‖ des chevaliers saxons,Qui, sur l’armorial,‖ porte les écussonsDe Rhun et de Gommern‖ écartelés, l’uniqueDescendant d’une race‖ altière et tyrannique,Après être allé voir‖ pendre trois paysansMalgré la pluie et ses‖ quatre-vingt-quatorze ans,Vers l’Angélus, après‖ souper, presque sans fièvreMourut, les bras en croix‖ et l’hostie à la lèvre,En son château de Ruhn, sur l’Elbe.
On arboraLe drapeau noir, et tout‖ le pays respira.Car on était alors‖ dans les guerres civiles ;L’ivrogne Wenceslas‖ avait vendu les villesÀ prix d’or. Les seigneurs‖ gouvernaient à leur gré,Et le vieux droit avait‖ dès longtemps émigré.Or, il avait été‖ cupide et sanguinaireCe grand vieillard tout pâle‖ et presque centenaireQue le drap dessinait‖ sur son lit de repos.Il avait rétabli‖ tous les anciens impôts ;Et ses hallebardiers,‖ démons de violence,Faisaient payer les gens‖ à coups de bois de lance :Impôt sur la vendange,‖ impôt sur la moisson,Sur le gibier, sur les‖ moulins, sur le poisson ;Impôt même sur ceux‖ qui font pèlerinage ;Impôt toujours, et, quand‖ on refusait, carnage.Le vieux margrave avait‖ des vengeances d’enfer.Vêtu de fer, ganté‖ de fer, masqué de fer,Il arrivait, suivi‖ de ses piquiers avides,Et d’un geste faisait‖ garnir les gibets vides.Les vassaux par le fer,‖ la corde ou le bâtonMouraient ; les jeunes gens‖ prenaient le hoqueton ;Mais les vieux, tout couverts‖ de haillons et de lèpres,Il leur fallait aller,‖ après l’heure des vêpres,Mendier un pain noir‖ aux portes du couvent ;Et sur la grande route‖ on rencontrait souventDes mendiants douteux‖ montrant d’horribles plaies.
Les bourgeois, enterrant‖ les sous et les monnaies,Avaient d’abord voulu‖ se plaindre. Ils avaient prisUn des leurs, un de ces‖ malcontents à fronts grisQui portent des rouleaux‖ auxquels pend une cireEt qui font la grimace‖ en disant le mot : Sire,Pour aller supplier‖ l’archevêque électeurÀ Trêves, en secret,‖ et dire avec lenteurEt sans fiel leurs griefs‖ au très-saint patriarche.Mais Gottlob, du prud’homme‖ ayant su la démarche,Envoya devant lui‖ deux beaux mulets très-lourdsPortant ciboires d’or‖ et chappes de velours ;Et l’électeur, du bien‖ de Dieu trop économe,Reçut les dons et fit‖ estraper le prud’homme.Et l’on se tut.
Or la‖ misère redoublait,Et Gottlob devenait‖ centenaire. Il semblaitQu’on ne dût jamais voir‖ la fin de ce supplice.Les vieilles lui donnaient‖ le diable pour complice ;Et tous désespéraient,‖ et l’on criait merci.Enfin il était mort ;‖ c’était bien sûr. Aussi,Comme les petits nids‖ des forêts sont en joieQuand la tempête emporte‖ un vol d’oiseaux de proie,Le bon peuple à grands cris‖ saluait ce départEn allumant des feux‖ de nuit sur le rempart,Comme à Noël, après‖ le temps des pénitences ;Et les manants dansaient‖ en rond sous les potences.Dans le château fermé,‖ prêtant l’oreille aux bruitsDu lointain apportés‖ par la brise des nuits,Les soldats, inquiets,‖ veillaient aux meurtrières ;Et près du mort un moine‖ était seul en prières.Assis dans un fauteuil‖ de cuir, il rêvait, seul,Observant sur le corps‖ le dessin du linceulQue rougissaient un cierge‖ à droite, un cierge à gauche,Et comparant ce lit‖ funéraire à l’ébaucheDu marbre qu’on allait‖ tailler pour le tombeau ;Ou, quand l’air plus glacé‖ ravivait un flambeauEt détournait ainsi‖ sa vague rêverie,Il regardait dans l’ombre‖ une tapisserieObscure où se tordaient‖ confus des cavaliers ;Ou bien suivait de l’œil‖ l’arête des piliers.Il était seul. Parfois‖ une flamme hardieSur les vitraux étroits‖ reflétait l’incendie,Et les cris des vassaux‖ en liesse au dehorsPar instants arrivaient‖ moins lointains et plus forts.
Rigide sous le froc‖ et pareil aux fantômes,Le moine s’était mis‖ à réciter des psaumesSouvent interrompus‖ d’un lent miserere,Quand soudain il pâlit,‖ et son œil égaréS’emplit d’une épouvante‖ effroyable et niaise ;Ses maigres doigts crispés‖ aux deux bras de sa chaise,Il restait là, dompté,‖ pétrifié, béant :Le margrave s’était‖ dressé sur son séant,Voilé, blanc, et faisant‖ de grands gestes étrangesPour se débarrasser‖ de ses funèbres langes.Et celui qu’on croyait‖ la pâture des versApparut tout à coup‖ vivant, les yeux ouverts,Reconnut d’un regard‖ vague et surpris à peineLe moine, les flambeaux,‖ le crucifix d’ébène,Le bénitier plein d’eau‖ bénite avec son buis,Et dit d’une voix claire :
« Où suis-je ? Je ne puis« Dire si je rêvais‖ ou si j’étais mort. Moine,« Mes neveux ont-ils pris‖ déjà mon patrimoine« Et jeté bas le rouge‖ étendard du beffroi ?« Suis-je défunt ou suis-je‖ encor maître chez moi ?« Réponds. Puis, comme j’ai‖ la tête encor troublée,« Cherche sur ce dressoir‖ ma coupe ciselée,« Et me verse un grand coup de vin.
-En vérité,« Dieu puissant, dit le moine,‖ il est ressuscité !
‒ Ressuscité ? J’étais‖ donc mort ? Par mes ancêtres,« Je vais faire demain‖ pavoiser mes fenêtres,« Recevoir mes neveux‖ du haut de mon balcon« Et leur offrir à tous‖ une chasse au faucon« Quand ils viendront, la larme‖ à l’œil, pour mes obsèques,« Puis, après un repas‖ comme en font nos évêques,« Les renvoyer tous gris‖ abominablement. »
Le moine avec deux doigts‖ se signa triplementSur la poitrine, sur‖ le front et sur la bouche,Se leva, fit un pas‖ vers le vieillard farouche,Et, d’une voix encor‖ palpitante d’émoi,Il dit :
« Et maintenant,‖ margrave, écoutez-moi.« Tout à l’heure, à genoux‖ près de votre cadavre,« Je priais, en songeant‖ que c’est chose qui navre« Que de voir un vieillard,‖ un grand seigneur, partir« Sans avoir eu le temps‖ de se bien repentir.« Car l’absolution‖ tombant des mains du prêtre« Est encore soumise‖ à l’Éternel peut-être ;« Et, sans contrition,‖ l’Orémus dépêché« Ne guérit point l’ulcère‖ horrible du péché.« C’est pourquoi je priais‖ avec ferveur dans l’ombre.« Nous vivons dans un siècle‖ inexorable et sombre,« Monseigneur, dans un temps‖ très-pervers, où les grands« Du malheur populaire,‖ hélas ! sont ignorants.« Les gens de guerre ont tant‖ piétiné l’Allemagne« Qu’il ne reste plus rien‖ debout sur la campagne.« Les moissonneurs sont sans‖ besogne, et nous n’aurons« Bientôt plus de travail‖ que pour les forgerons ;« C’est grand’pitié de voir‖ les blés couchés, les seigles« Perdus, et les festins‖ des vautours et des aigles,« Les seuls qui maintenant‖ se nourrissent de chair ;« On mendie à tous les‖ moutiers ; le pain est cher ;« Les villes ayant faim,‖ les hameaux font comme elles ;« Et les mères n’ont plus‖ de lait dans leurs mamelles.« De cela les puissants‖ n’ont soucis ni remords.« Et moi, qui dois prier‖ ici-bas pour les morts,« Ma prière est surtout‖ pour les grands et les riches :« Car je vois des vassaux‖ en pleurs, des champs en friches« Et des pendus bercés‖ par le vent des forêts ;« Car je songe, margrave,‖ aux éternels arrêts,« À la stricte balance‖ où se pèsent les âmes,« Et j’entends le joyeux‖ crépitement des flammes« Qu’attise avec sa fourche‖ énorme le démon. »
Le margrave éclata de rire.« Un beau sermon,« Dit-il. Et tu conclus ?
‒ Que si la mort tenace« Vous épargne, c’est une‖ effrayante menace,« Un avis du Très-Haut,‖ et que votre cercueil« Avant longtemps aura‖ franchi le dernier seuil,« Et que Dieu vous accorde,‖ en son omnipotence,« Gottlob, le juste temps‖ de faire pénitence.
‒ Tu le vois, dit Gottlob,‖ j’écoute de mon mieux« Ton homélie, étant‖ aujourd’hui très-joyeux« De n’avoir point quatre ais‖ de chêne pour chemise.« Ne crois pas cependant‖ qu’elle te soit permise« Davantage, et retiens‖ que, si je le voulais,« Je te ferais chasser‖ par deux de mes valets« Fouaillant derrière toi‖ mes limiers pour te mordre« Aux jambes. Maintenant‖ je t’avais donné l’ordre« De m’aller vilement‖ quérir à boire ; va. »
Le moine, qui s’était‖ assis, se releva.Son froc l’enveloppait‖ de grandes lignes blanches ;Ses mains en l’air sortaient,‖ tremblantes, de ses manches,Et, sous l’ombre de sa‖ cagoule, son regardS’attachait fixement sur le marquis.
« Vieillard,« Repens-toi ! cria-t-il.‖ Avant que de descendre« Au tombeau, va souiller‖ tes cheveux blancs de cendre,« Prends le cilice et prends‖ la robe comme nous,« Aux marches des autels‖ use tes vieux genoux,« Va chanter les répons‖ et va baiser la pierre« Des cloîtres, et, la nuit,‖ couche dans une bière.« Le martinet armé‖ de ses pointes de fer« Entretenant la plaie‖ ardente sur ta chair,« L’in pace, l’escalier‖ gluant où l’on trébuche,« Le jeûne, le pain noir‖ et l’eau bue à la cruche,« Sont doux pour un pécheur‖ qui se repent si tard !
‒ Holà ! cria Gottlob,‖ ridicule bâtard,« Sache d’abord qu’il n’est‖ qu’un vêtement qui m’aille :« C’est mon habit de fer‖ qu’on forgea maille à maille,« Et que n’ont pu trouer‖ les princes et les rois,« Quand j’étais lieutenant‖ du duc Rudolphe Trois« Et sergent de combat‖ du bon empereur Charles,« Moi, Gottlob, haut seigneur‖ de Ruhn, à qui tu parles.« Sache aussi que tous ceux‖ qui portent de grands noms« Et qui se font broder‖ en or sur leurs pennons« Des mots latins parlant‖ de courage et de morgue« Ne savent point hurler‖ des psaumes sous un orgue ;« Que leur musique, c’est‖ le bruit des éperons,« C’est la note éclatante‖ et fière des clairons,« Le frisson des tambours‖ et le joyeux murmure« Des estocs martelant‖ le cuivre d’une armure.« Sache aussi que je hais‖ les frocards et tous ceux« Qui se cachent, poltrons,‖ dans les cloîtres crasseux« Et ne lavent leurs mains‖ qu’en prenant l’eau bénite.« Ainsi, tais-toi, bon frère,‖ et m’obéis bien vite. »
Le moine vers le lit‖ fit encore deux pas :
« Redoute Dieu, qui passe‖ et qui ne revient pas.« Margrave, il est encor‖ temps de sauver ton âme.« Mais tu fus vil, tu fus‖ cruel, tu fus infâme ;« Tu sembles aujourd’hui‖ ne plus te souvenir« De tes crimes ; mais Dieu,‖ qui les doit tous punir,« Se rappelle, et la liste‖ au ciel en est gravée :« Au sac de Schepfenthal,‖ qui s’était soulevée,« Tu tuas d’un seul coup,‖ stupide meurtrier,« Un échevin courbé‖ jusqu’à ton étrier ;« Puis tu le fis couper‖ en morceaux et suspendre« Au portail du donjon,‖ qu’alors on pouvait prendre« Pour les crochets sanglants‖ de l’étal des tripiers.« À la chasse, une fois,‖ tu te chauffas les pieds« Dans le ventre béant‖ d’un braconnier. Tes lances« Faisaient autour de toi‖ régner de noirs silences ;« Mais qui t’aurait suivi‖ sûrement t’eût rejoint« Par le chemin sanglant‖ que menaçaient du poing« Les laboureurs avec‖ leurs familles en larmes.« Tu fis périr ta sœur‖ enceinte. Tes gens d’armes« Pillaient les voyageurs‖ jusque dans les faubourgs ;« Et tu fis promener,‖ chevauchant à rebours« Des pourceaux, les bourgeois‖ qui refusaient les dîmes.« J’en passe. Et quand tu meurs‖ souillé de tous ces crimes,« Et quand le Tout-Puissant,‖ comme surpris de voir« Ce monstre et te trouvant‖ pour son enfer trop noir,« Te repousse du pied‖ sur la terre et t’accorde« Le temps de lui crier‖ enfin miséricorde,« Le ciel par ton orgueil‖ est encore insulté !« Apprends donc maintenant‖ toute la vérité.« Ah ! tu n’as pas assez‖ d’un prêtre pour arbitre ?« Eh bien ! vois cette flamme‖ incendiant ta vitre ;« Entends ces cris de joie‖ au lointain éclatants.« Écoute et souviens-toi.‖ Lorsque depuis longtemps« Un loup, un ours ou quelque‖ autre bête sauvage« Exerçait dans nos bois‖ antiques son ravage,« Et lorsqu’il est enfin‖ tombé sous les épieux,« Le soir sur les coteaux‖ on allume des feux« Autour desquels, grandis‖ par les flammes rougeâtres,« Dansent, lourds et joyeux,‖ les chasseurs et les pâtres ;« Marquis, c’est la coutume‖ en Saxe, n’est-ce pas ?« Puisqu’on en fait autant‖ le jour de ton trépas,« Et qu’on te traite ainsi‖ qu’une bête féroce.
‒ Silence ! » dit Gottlob‖ avec un rire atroce.Et, se levant de ses‖ deux poings sur l’oreiller,Livide, fou de rage,‖ il se mit à crier :« Ah ! vous mettez la flamme‖ aux bûchers, misérables !« Ah ! vous jetez au feu‖ les pins et les érables« Où je taillais jadis‖ vos poteaux de gibet !« Sans mon réveil, demain‖ peut-être l’on flambait,« Pour l’ébaudissement‖ de toute la canaille,« Avec mes ormes gris‖ un margrave de paille !« Ah ! vous coupez gaîment,‖ pour les mettre en fagots,« Mes vieux chênes rugueux‖ plantés du temps des Goths !« Soit ! puisque mon bon peuple‖ aime le feu qui flambe,« Dès ce soir, casque en tête‖ et lance sur la jambe,« J’accours pour voir s’il est‖ joyeux et rayonnant,« Le feu qu’on entretient‖ de graisse de manant,« Et je veux comparer‖ les flammes et les braises.
« ‒ Gottlob, Satan aussi‖ prépare ses fournaises.« Songe au feu qui rougeoie‖ aux bouches des volcans ;« Marquis, songe aux damnés‖ tordus et suffocants« Qui, perdus dans le gouffre‖ et sous les sombres porches,« Pour une éternité‖ brûlent comme des torches ;« Songe qu’il est un Dieu ;‖ songe que tu mourras,« Et que tous tes gibets‖ de leur unique bras« Te montrent le chemin‖ de l’abîme. Margrave,« Songe qu’après ta mort,‖ toi qui fus noble et brave« Et qui portais une hydre‖ horrible à ton cimier,« Tu seras faible et nu‖ comme un ver de fumier.« Alors, entraîné vers‖ les flammes éternelles« Par les démons, saignant‖ sous l’ongle de leurs ailes,« La corde aux mains, la fourche‖ aux reins, les fers aux pieds,« Tu roidiras tes vieux‖ membres estropiés,« Sans pouvoir fuir ce feu,‖ vers lequel on te penche« Et dont l’ardeur fera‖ flamber ta barbe blanche.
« ‒ Soit donc, reprit le vieux‖ margrave. Je te dis,« Moine, d’aller offrir‖ tes clés de paradis« À cette populace‖ à chanter occupée,« Et dont bientôt, par la‖ grâce de mon épée,« Plus d’un aura besoin‖ d’avoir les cieux conquis.« Pour mon compte, Satan‖ est prince, moi marquis,« Et j’irai le rejoindre‖ en égal, car nous sommes« Tous les deux de très-bons‖ et très-vieux gentilshommes.« Puis je retrouverai‖ là-bas, dans son enfer,« Mes meilleurs compagnons‖ de combat que le fer« Jadis faucha parmi‖ les sanglantes tempêtes,« Et nous nous donnerons‖ des tournois et des fêtes ;« Quant à vous, mes mignons,‖ qui vous réjouissez,« Et qui faites des feux‖ de paille, et qui dansez,« Je vais donner à tout‖ le monde un peu de joie« Et régaler si bien‖ mes chers oiseaux de proie« Que, dans cent ans, vos fils‖ ôteront leur chapeau« Quand ils traverseront‖ l’ombre de mon tombeau. »
Et Gottlob, haletant‖ d’une horrible folie,Tourna son regard noir‖ vers une panoplieOù s’épanouissaient,‖ comme une fleur de ferÉnorme, vingt estocs‖ au reflet dur et clair,Que reliaient entre eux‖ des toiles d’araignée ;Puis, s’élançant, car elle‖ était trop éloignée,Mit hors du lit sa jambe‖ horrible de vieillard.
Le moine devant lui‖ s’était dressé, hagard.« Meurs donc dans ton blasphème‖ et ton impénitence ! »Dit-il ; et d’un seul bond‖ franchissant la distanceQui le sépare encor‖ du vieillard éperdu,Nu-tête, et laissant voir‖ sous son crâne tonduSes yeux creux et brillants‖ comme un foyer de forge,Calme et tragique, il prend‖ le margrave à la gorge ;Et, malgré cette voix‖ qui crie : À l’assassin !Malgré ces cheveux blancs‖ épars sur le coussin,Il l’étrangle, en disant :
« Cette fois-ci, margrave,« Meurs pour de bon. »
Alors,‖ toujours tranquille et grave,Il ramène le drap‖ rejeté sur le mort,Comme fait une mère‖ à son enfant qui dort,Ramasse un des flambeaux‖ renversé, le rallume,Puis se met à genoux,‖ ainsi qu’il a coutumeDe faire quand il prie‖ à l’ombre du saint lieu,Joint les deux mains et dit :
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 160((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 26 distiques
- Mots à la rime
- a Pâques / Jacques féminine, classiqueb Brutal / Schnepfenthal masculine, classiquea héréditaire / terre féminine, classiqueb saxons / écussons masculine, classiquea l’unique / tyrannique féminine, classiqueb paysans / ans masculine, classiquea fièvre / lèvre féminine, classiqueb l’Elbe / arbora / respira masculine, classiquea civiles / villes féminine, classiqueb gré / émigré masculine, classiquea sanguinaire / centenaire féminine, classiqueb repos / impôts masculine, classiquea violence / lance féminine, classiqueb moisson / poisson masculine, classiquea pèlerinage / carnage féminine, classiqueb d’enfer / fer masculine, classiquea avides / vides féminine, classiqueb bâton / hoqueton masculine, classiquea lèpres / vêpres féminine, classiqueb couvent / souvent masculine, classiquea plaies / monnaies féminine, classiqueb pris / gris masculine, classiquea cire / Sire féminine, classiqueb électeur / lenteur masculine, classiquea patriarche / démarche féminine, classiqueb très-lourds / velours masculine, classiquea économe / prud’homme féminine, classiqueb tut / redoublait / semblait masculine, classiquea supplice / complice féminine, classiqueb merci / Aussi masculine, classiquea joie / proie féminine, classiqueb départ / rempart masculine, classiquea pénitences / potences féminine, classiqueb bruits / nuits masculine, classiquea meurtrières / prières féminine, classiqueb seul / linceul masculine, classiquea gauche / l’ébauche féminine, classiqueb tombeau / flambeau masculine, classiquea rêverie / tapisserie féminine, classiqueb cavaliers / piliers masculine, classiquea hardie / l’incendie féminine, classiqueb dehors / forts masculine, classiquea fantômes / psaumes féminine, classiqueb miserere / égaré masculine, classiquea niaise / chaise féminine, classiqueb béant / séant masculine, classiquea étranges / langes féminine, classiqueb vers / ouverts masculine, classiquea peine / d’ébène féminine, classiqueb buis / claire / puis masculine, classiquea Moine / patrimoine féminine, classiqueb beffroi / moi masculine, classiquea troublée / ciselée féminine, classiqueb vin / vérité / ressuscité masculine, classiquea ancêtres / fenêtres féminine, classiqueb balcon / faucon masculine, classiquea obsèques / évêques féminine, classiqueb abominablement / triplement masculine, classiquea bouche / farouche féminine, classiqueb d’émoi / dit / écoutez-moi masculine, classiquea cadavre / navre féminine, classiqueb partir / repentir masculine, classiquea prêtre / peut-être féminine, classiqueb dépêché / péché masculine, classiquea l’ombre / sombre féminine, classiqueb grands / ignorants masculine, classiquea l’Allemagne / campagne féminine, classiqueb n’aurons / forgerons masculine, classiquea seigles / aigles féminine, classiqueb chair / cher masculine, classiquea elles / mamelles féminine, classiqueb remords / morts masculine, classiquea riches / friches féminine, classiqueb forêts / arrêts masculine, classiquea âmes / flammes féminine, classiqueb démon / rire / sermon masculine, classiquea conclus / tenace / menace féminine, classiqueb cercueil / seuil masculine, classiquea omnipotence / pénitence féminine, classiqueb mieux / très-joyeux masculine, classiquea chemise / permise féminine, classiqueb voulais / valets masculine, classiquea mordre / l’ordre féminine, classiqueb va / releva masculine, classiquea blanches / manches féminine, classiqueb regard / marquis / Vieillard masculine, classiquea descendre / cendre féminine, classiqueb nous / genoux masculine, classiquea pierre / bière féminine, classiqueb fer / chair masculine, classiquea trébuche / cruche féminine, classiqueb tard / bâtard masculine, classiquea m’aille / maille féminine, classiqueb rois / Trois masculine, classiquea Charles / parles féminine, classiqueb noms / pennons masculine, classiquea morgue / orgue féminine, classiqueb éperons / clairons masculine, classiquea murmure / armure féminine, classiqueb ceux / crasseux masculine, classiquea bénite / vite féminine, classiqueb pas masculine, classiquea âme / infâme féminine, classiqueb souvenir / punir masculine, classiquea gravée / soulevée féminine, classiqueb meurtrier / étrier masculine, classiquea suspendre / prendre féminine, classiqueb tripiers / pieds masculine, classiquea lances / silences féminine, classiqueb rejoint / poing masculine, non classiquea larmes / d’armes féminine, classiqueb faubourgs / rebours masculine, classiquea dîmes / crimes féminine, classiqueb voir / noir masculine, classiquea t’accorde / miséricorde féminine, classiqueb insulté / vérité masculine, classiquea arbitre / vitre féminine, classiqueb éclatants / longtemps masculine, classiquea sauvage / ravage féminine, classiqueb épieux / feux masculine, classiquea rougeâtres / pâtres féminine, classiqueb pas / trépas masculine, classiquea féroce / atroce féminine, classiqueb l’oreiller / crier masculine, classiquea misérables / érables féminine, classiqueb gibet / flambait masculine, classiquea canaille / paille féminine, classiqueb fagots / Goths masculine, classiquea flambe / jambe féminine, classiqueb rayonnant / manant masculine, classiquea braises / fournaises féminine, classiqueb volcans / suffocants masculine, classiquea porches / torches féminine, classiqueb mourras / bras masculine, classiquea Margrave / brave féminine, classiqueb cimier / fumier masculine, classiquea éternelles / ailes féminine, classiqueb pieds / estropiés masculine, classiquea penche / blanche féminine, classiqueb dis / paradis masculine, classiquea occupée / épée féminine, classiqueb conquis / marquis masculine, classiquea sommes / gentilshommes féminine, classiqueb enfer / fer masculine, classiquea tempêtes / fêtes féminine, classiqueb réjouissez / dansez masculine, classiqueb chapeau / tombeau masculine, classiquea folie / panoplie féminine, classiqueb fer / clair masculine, classiquea d’araignée / éloignée féminine, classiqueb vieillard / hagard masculine, classiquea impénitence / distance féminine, classiqueb éperdu / tondu masculine, classiquea forge / gorge féminine, classiqueb l’assassin / coussin masculine, classiquea disant / margrave / bon / grave féminine, classiqueb mort / dort masculine, classiquea rallume / coutume féminine, classiqueb lieu / dit / Dieu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
331 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Librairie ALEXANDRE HOUSSIAUX, 1885· numérisation poesies.net· Sources