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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Poèmes modernes, 1869

Angélus

François Coppée· distiques, alexandrins, 965 vers

I

Tapi dans les rochers‖ qui regardent la plage,Au pied de la falaise‖ est le petit village.Sur les vagues ses toits‖ ont l’air de se pencher,Et ses mâts de bateaux‖ entourent son clocher.C’est en mai. — L’Océan,‖ dans ces belles journées,A l’azur tiède et clair‖ des méditerranées.Il chante, et le soleil‖ rend plus brillante encorSon écume glissant‖ le long des sables d’or.L’odeur du flot se mêle‖ aux parfums de la terreEt, là-bas, le petit‖ jardin du presbytère,A mi-côte, est rempli‖ de fleurs et de rayons.Blond, rieur et chassant‖ aux premiers papillons,Un bel enfant y joue‖ et va, sur la pelouse,Du vieux prêtre en soutane‖ au vieux bonhomme en blouseQui sont là, l’un disant‖ ses prières tout bas,L’autre arrosant des fleurs‖ qu’il ne regarde pas,Car pour mieux voir l’enfant,‖ qui court dans la lumière,L’un néglige ses fleurs‖ et l’autre sa prière ;Et tous les deux se font‖ des sourires joyeux.

Le prêtre est le curé‖ de l’endroit ; l’autre vieuxEn est le fossoyeur.‖ Le premier dans sa cureMène depuis vingt ans‖ sa douce vie obscure.Ce juste a fait le bien,‖ ainsi qu’il l’a prêché,Et se laisse appeler‖ bonhomme à l’évêché,Sans s’étonner et sans‖ que son zèle en décroisse.Comme le cimetière‖ est près de la paroisse,Qu’il est bien seul, qu’il aime‖ à deviser un peuEn se chauffant les pieds,‖ le soir, au coin du feu,Et comme il n’entend rien‖ aux choses maritimes,Le fossoyeur et lui‖ sont devenus intimes.Car c’est, à la campagne,‖ un causeur assuréQu’un soldat vétéran‖ auprès d’un vieux curé.Celui-là, revenu‖ dès longtemps au village,Invalide vaincu‖ par la guerre et par l’âge,Trop vieux pour devenir‖ laboureur ou marin,Est fossoyeur, et chante,‖ aux grands jours, au lutrin.Or, c’est un compagnon‖ agréable au vieux prêtre,Disant trop longuement‖ ses batailles, peut-être,Mais résigné, naïf,‖ n’engendrant point l’ennui,Et que le curé sait‖ doux et bon comme lui.Tous deux s’aiment. Et quant‖ au bel enfant qui joue,Le ciel dans le regard,‖ l’aurore sur la joue,Et pour lequel ils ont‖ ce sourire attendri,C’est Angélus, l’enfant‖ trouvé, leur fils chéri.Ces cheveux blonds au vent‖ sont la dernière flammeQui se reflète encore‖ au miroir de leur âme ;Et, parmi les bleuets‖ et les coquelicots,Ce bon rire aux éclats‖ vibrants et musicauxLeur fait une vieillesse‖ encore ensoleillée.

Car naguère ils étaient‖ bien seuls, et la veilléeLeur semblait longue. Assis‖ près de l’âtre et rêvant,Tandis qu’ils écoutaient‖ les longs sanglots du ventEt la mer se brisant‖ aux rochers des presqu’îles,Un nuage passait‖ sur leurs âmes tranquilles.La causerie avec‖ le foyer s’éteignait.Le vieux prêtre fermait‖ son livre, et se signaitComme contre un désir‖ coupable et qu’on repousse ;Le vétéran vidait‖ sa pipe sur son pouce ;Et tous deux se taisaient,‖ songeant qu’ils étaient seulsEt que tous ces vieux morts,‖ cousus dans leurs linceuls,Qui venaient réclamer‖ de l’un une prièreEt de l’autre un trou noir‖ au fond du cimetière,Avaient du moins autour‖ de leur pauvre cercueilDes femmes qui pleuraient‖ et des enfants en deuil ;Que ces gens se faisaient‖ répéter la promesseQue l’on n’oublierait rien,‖ ni les fleurs, ni la messe :Et qu’eux, lorsqu’ils seraient‖ à jamais endormisSous terre, ils n’auraient point‖ de parents ni d’amisPour arracher l’ortie‖ et la ronce mauvaiseFrissonnant sur leur tombe‖ au vent de la falaise.

Un soir le fossoyeur,‖ d’un ton mal assuréEt les deux mains au feu, dit :« Monsieur le curé,Puisque vous savez tout,‖ vous devriez me direCe qui fait qu’aujourd’hui‖ nous ne pouvons pas rire ;Cependant, sans avoir‖ besoin d’être indulgents,Nous pouvons nous donner‖ comme deux braves gens.Je ne sais rien, c’est vrai ;‖ que le bon Dieu m’assiste !Mais pourquoi notre cœur,‖ étant pur, est-il triste ? »

— C’est vrai, » dit le curé.Puis, après un momentDe silence, il reprit ;‖ bas et timidement :

« Oui, nous avons rendu,‖ malgré la chair fragile,A César comme à Dieu‖ ce que veut l’Évangile,Et nous n’avons ni l’un‖ ni l’autre fait le mal.Nos cœurs sont innocents‖ comme au jour baptismal ;Rien ne les assombrit‖ et rien ne les déprave,Le mien étant pieux‖ et le vôtre étant brave.Priant pour les vivants‖ et prenant soin des morts,Nous vieillissons ici,‖ calmes et sans remords.Et pourtant notre vie est triste !— Au point, dit l’autre,Que vous, monsieur l’abbé,‖ vous, plus saint qu’un apôtre,Je vous ai vu jeter,‖ dans vos jours de souci,Un regard envieux‖ aux plus pauvres d’ici.

— Le pêcheur, dit le prêtre,‖ heureux parmi les hommes,N’a pas du laboureur‖ les ennuis économes ;Il a la mer ; il a‖ sa plage de galetsPour prendre du varech‖ et sécher ses filets ;Et, si les flancs épais‖ de sa barque normandeRegorgent de saumon,‖ de congre ou de limande,Oublieux du péril‖ auquel il s’exposa,Il revient tout joyeux‖ à son feu de colza,Sans penser que demain‖ il faut qu’il recommenceSa bataille éternelle‖ avec la mer immense,Et pose à son retour‖ des baisers triomphantsSur les fronts inégaux‖ de ses petits enfants.Un enfant ! C’est cela‖ qui nous manque peut-être.Nous n’avons pas d’enfant, hélas !Et le vieux prêtreReprit, en tisonnant‖ tout doucement son feu :« Tous les moyens sont doux,‖ ami, de plaire à Dieu.Il est doux d’obéir,‖ d’être humble et d’être chaste ;Mais notre cœur humain‖ est-il donc si peu vaste,Que la patrie et Dieu,‖ dans ce cœur enfermés,N’y puissent laisser place‖ à des êtres aimés ?Pourtant Dieu, c’est l’amour, il sait bien que nous sommesAimants ; et puis c’est grand,‖ cela : faire des hommes.Vivre au milieu de fils‖ chrétiens, c’est aussi beauQue servir un autel‖ ou défendre un drapeau.Ce doit être un devoir‖ bien plus lourd qu’on ne pense,Oui, mais qui porte en lui‖ sa chère récompense.Nous n’avons pas d’enfant, voilà !— Certainement,Dit l’autre. Quand j’étais‖ encore au régiment,Et quand, les pieds meurtris‖ aux cailloux des montagnes,Je m’en allais coucher‖ chez les gens des campagnes,Qui m’accueillaient fort mal‖ et n’avaient d’autre soinPour moi que de passer‖ leur fourche dans le foin,Parfois, en attendant‖ qu’on fît de la lumière,J’ai vu de beaux enfants‖ jouer dans la chaumière,Et je leur ai souri.‖ Mais il fallait passerSans leur dire un seul mot‖ et sans les embrasser,Et s’en aller dormir‖ sur son sac, dans la grange.Mais ces fois-là j’étais‖ plus las, et, c’est étrange,Je repartais le cœur plus sombre. »Et, soupirant,Ils restèrent au coin‖ de leur foyer mourant,Sans entendre, du fond‖ de leur pénible rêve,Se lamenter au loin‖ l’Océan sur la grève.

II

Si le son de la cloche‖ est triste, il l’est bien plusL’hiver, quand vient la nuit‖ et quand c’est l’argelusQui sonne lourdement‖ au clocher du village,Rythmé par les sanglots‖ de la mer sur la plage.Dans les cœurs son écho‖ lugubre retentit :Celle qui reste songe‖ à celui qui partitSur sa barque parmi‖ la brume et la tempête,Et se demande, auprès‖ du rouet qui s’arrête,Si là-bas, dans les flots,‖ son homme, le marin,A comme elle entendu‖ les coups du grave airain,Et si, malgré la lame‖ affreuse qui grommelle,Il s’est bien souvenu‖ de se signer comme elle.Ayant sonné la cloche‖ et dit les oraisons,Les deux vieillards allaient‖ regagner leurs maisonsEt se disaient adieu‖ sur le seuil de l’église,Quand ils virent, gisant‖ sur une pierre grise,Quelque chose de blanc‖ qu’on avait laissé là ;Et, s’étant approchés‖ tous deux, il leur semblaQue cela remuait‖ vaguement. Le vieux prêtre,Inquiet, se pencha‖ vite et put reconnaîtreQue c’était un pauvre être‖ à peine emmailloté,Un enfant qu’une mère‖ horrible avait jeté,Profitant du sommeil‖ confiant de l’enfance,En passant, dans ce coin,‖ presque nu, sans défense,Comme un voyageur las‖ jette au loin son fardeau.

« Hélas ! dit le curé,‖ qui des mains du bedeauPrend le pauvre petit,‖ notre raison humaineEst folle en voulant fuir‖ la route où Dieu la mène.Vous avez vu par nous‖ vos desseins outragés,Dieu très juste, et voici‖ comment vous vous vengez.L’autre soir, nous sentions‖ dans nos âmes farouchesFermenter les désirs‖ coupables, et nos bouchesOnt prononcé tout bas‖ des propos envieux.;lais vous vous êtes dit :‖ « Ces deux hommes sont vieux :« Leur voyage fut long ;‖ ils sont las de leur course ;« Ils ont besoin d’un peu‖ d’ombre et de quelque source ;« Ce sont de vrais chrétiens,‖ ce sont de bons amis ;« Il faut leur pardonner.‖ » Et vous avez permisQue notre foi n’eût plus‖ même ce seul obstacle.Merci ! Que cet enfant,‖ donné par un miracle,

Bonheur que nos vieux jours‖ n’auraient jamais rêvé,Porte le nom de l’heure‖ où nous l’avons trouvé :Qu’il s’appelle Angélus !‖ c’est un nom de prière.Mon Angélus, je vous‖ baptise au nom du Père,Du Fils et de l’Esprit !— Amen ! » dit le soldat.Et, de peur que le vent‖ de mer n’incommodâtDavantage l’enfant‖ tout transi sur les pierresEt qui ne rouvrait pas‖ encore ses paupières,En prenant à travers‖ un terrain labouréIls rentrèrent en hâte‖ au logis du curé.Là, pour faire du feu,‖ le soldat s’agenouille ;De son vieux manteau noir‖ le curé se dépouilleEt reste ainsi, portant‖ le petit sur les bras,Et tout semblable, dans‖ son naïf embarras,Au saint Vincent de Paul‖ des naïves images.Jadis un autre enfant,‖ celui vers qui les mages,Écoutant dans le ciel‖ un mystique concertEt suivant une étoile‖ à travers le désert,Vinrent pour présenter‖ l’or, l’encens et la myrrhe,L’enfant divin, l’enfant‖ Jésus qu’encore admireLe monde qui pourtant‖ a brisé tous ses dieux,L’enfant de Bethléem‖ parut moins radieux,Dans sa crèche adorable,‖ aux pèlerins augustes,Que cet enfant trouvé‖ ne parut à ces justes,Lorsque sur le lit blanc‖ et pur comme un berceauIls l’eurent déposé‖ dans son sommeil d’oiseau,Et que sous le profond‖ rideau qui se soulèveIls le virent tous deux‖ continuer son rêve.

« Oui-da ! dit le soldat‖ qui tenait le rideau,Le bon Dieu nous a fait‖ un bien joli cadeau.Nous voulions un enfant,‖ c’est comme dans un conte,Le voilà. Nous allons‖ l’élever et, j’y compte,Plus tard en faire un gars‖ robuste et bien portant.C’est entendu, monsieur‖ le curé. Mais pourtantIl faut aussi songer‖ à ce qui va s’ensuivre.Vous êtes, vous, d’abord,‖ éduqué comme un livre :L’enfant saura de vous‖ tout ce qu’il faut savoir.Moi, pour les menus soins,‖ je me flatte d’avoirLa chose d’employer‖ le fil et les aiguilles.Mais, voilà : nous avons‖ vécu loin des familles,Loin des berceaux ; jamais‖ on ne nous révélaComme on s’y prend avec‖ ces petits êtres-là.Leur parler, vous savez‖ le langage des anges,Ce n’est rien. Mais ôter‖ et remettre leurs langes,Les nourrir comme il faut‖ et leur dire ces chantsQui les font s’endormir‖ alors qu’ils sont méchants,Les soigner, eux toujours‖ malades et débiles,A cela, voyez-vous !‖ nous serons malhabiles.Qu’y faire ? Une servante ?‖… Eh ! nous ne pourrions pasLa payer. Faites-vous‖ toujours vos deux repas ?Pour nous, les serviteurs‖ sont des gens trop avides.Et tous vos pauvres, qui‖ s’en iraient les mains vides !Puis, quel autre aussi bien‖ que nous en aurait soin ?

— Comment, une servante !‖ il n’en est pas besoin,Dit le vieux prêtre avec‖ son bon regard sincère.Nous saurons bien ce qui‖ lui sera nécessaire.Nous désirions un fils,‖ Dieu nous l’envoie : ainsi,Ce n’est pas, à coup sûr,‖ pour qu’il sorte d’ici.En lui donnant d’abord‖ toute notre tendresse,Nous ne commettrons pas‖ de grave maladresse.Nous sommes, il est vrai,‖ très pauvres ; mais enfinNotre enfant ne mourra‖ ni de froid ni de faim :J’ai de beau linge blanc‖ tout plein ma vieille armoire,Et je pourrais encor‖ vous remettre en mémoire,Mon cuisinier d’un jour,‖ que, quand vient Monseigneur,Notre hospitalité‖ nous fait assez d’honneur,En ajoutant tout bas‖ que pour Son ÉminenceUn jour passé chez moi‖ n’est pas jour d’abstinence.— Vos poulets ? votre vin ?‖ pour qui ? pour ce petit ?Mais à son âge on n’a‖ pas si bon appétitQu’un archevêque ; et c’est‖ bien plus tard qu’on les sèvre.— Eh bien, en attendant,‖ nous aurons une chèvre…Et puis je vous défends‖ de rire du clergé.— Bien, ne vous fâchez pas,‖ la bonne a son congé.C’est dit. L’enfant aura‖ d’abord quelque surpriseDe votre robe noire‖ et de ma barbe grise ;Mais nous lui sourirons ;‖ puis, nous n’y pouvons rien.Vous, monsieur le curé,‖ pour sûr, vous saurez bienCe qu’il lui faut, vous qui‖ savez soigner les âmes ;Les vieux prêtres, mais c’est‖ aussi doux que les femmes !Et vous avez les mains‖ blanches comme les leurs.Moi, j’aimerai l’enfant‖ comme j’aime mes fleurs,Et nous pourrons mener‖ jusqu’au bout ce caprice,D’apprendre le métier‖ de mère et de nourrice. »

Et pendant ce temps-là‖ le pauvre enfant trouvé,Sur l’oreiller moelleux,‖ comme sur le pavé,Dormait toujours, charmant‖ d’abandon et de grâce.Les deux vieillards baisaient‖ sa petite main grasse,Et puis la reposaient‖ doucement sur le lit.Comme on penche le front‖ sur un livre qu’on lit,Ils se tinrent longtemps‖ inclinés sur sa couche,Retenant leur haleine‖ et le doigt sur la bouche.Puis, par un enfantin‖ regard persuadantL’autre qui lui faisait‖ signe d’être prudent,Et comme n’y pouvant‖ résister, le vieux prêtre,Au risque d’éveiller‖ le charmant petit être,Silencieusement‖ le baisa sur le front.Angélus ébaucha‖ de son bras rose et rondCe geste vague et mou‖ du réveil qui s’approche,Tandis que, s’adressant‖ en secret un reproche,Vite se reculait‖ le vieil audacieux,Au fond très satisfait‖ de voir s’ouvrir les yeuxDe l’enfant, comme afin‖ d’orienter ses voilesLe marin est heureux‖ du lever des étoiles.

L’enfant, qui s’éveilla‖ doucement, leur sourit.

Alors, courbant le front,‖ le bon curé le pritDans ses mains, que rendaient‖ fébriles son grand âge,Mais que la peur faisait‖ trembler bien davantage ;Et, se sentant le cœur‖ plus inquiet encorQue le jour où, vêtu‖ de la chasuble d’or,Et selon la promesse‖ aux chrétiens garantie,Pour la première fois‖ il consacra l’hostie,

Il vint s’asseoir auprès‖ du feu qui pétillait ;Et, cependant qu’avec‖ lenteur il dépouillaitL’enfant de ses haillons‖ liés par des ficelles,S’étonnant de ne pas‖ lui découvrir des ailes,Le fossoyeur, avec‖ un air tout réjoui,Se tenait immobile‖ et debout devant lui,L’encourageant des yeux‖ et le regardant faire.Et cette heure leur fut‖ exquise. L’atmosphèreÉtait intime. A peine‖ entendait-on le bruitDu vent et de la mer‖ qui pleuraient dans la nuit.Le colza sec brûlait,‖ clair, dans la cheminée ;Toute la vieille chambre‖ était illuminée.La bouilloire chantait‖ gaîment devant le feuEn laissant échapper‖ son mince filet bleu ;Et le petit enfant,‖ frêle espérance d’âme,Content de se sentir‖ tout nu devant la flamme,Sur les genoux des deux‖ vieillards extasiésSerrait ses petits poings,‖ frottait ses petits piedsEt murmurait, le front‖ ballant et l’œil atone,Son doux vagissement‖ heureux et monotone.

III

Comme le presbytère‖ est joyeux maintenant !Bien qu’au bord de la mer‖ il soit moins rayonnant,Le printemps, qui sourit‖ parmi les giboulées,Éclaire le gazon‖ frileux dans les allées,Réchauffe le vieux seuil,‖ le cep en espalier,Et vient mourir au bas‖ du gothique escalier.Le jardin rajeunit,‖ rempli de pousses vertes.L’éclat de rire sort‖ des fenêtres ouvertes.La brique a le ton rose‖ et charmant d’un décor,Et le chaume brillant‖ pétille comme l’or.

Ah ! si le jardin sombre‖ et les vieux murs morosesSe sont transfigurés‖ si vite, si les rosesOnt si vite chassé‖ l’ortie et le chardon,Si la tendre espérance‖ et l’aimable pardonDe floréal ont pris‖ ce coin noir pour leurs fêtes,Si plus pures et plus‖ exquises se sont faitesPour ce lieu les senteurs‖ premières des lilas,Si ce miracle advint,‖ c’est que tu t’y mêlas,C’est que tu l’accomplis‖ sans le savoir, Enfance !C’est qu’une sympathique‖ et douce connivenceS’installe entre ta grâce‖ et la grâce d’avril ;C’est qu’un enchaînement‖ adorable et subtilComme lui t’embellit‖ de charme et de surprise,Fait ton rire semblable‖ aux chansons de sa briseEt l’or pâle de ta‖ chevelure pareilAux rayons étonnés‖ de son jeune soleil !

Car de longs mois, depuis‖ cette nuit de novembreOù près des deux vieillards‖ et dans la vieille chambre,Confiant, protégé‖ par leur regard ami,Pour la première fois‖ l’enfant avait dormi,De bien longs mois, de bien‖ doux mois, toute une annéeD’extase stupéfaite‖ et de joie étonnéeAvait passé, bien chère‖ et trop courte pour eux.

Et dès le lendemain‖ de ce jour bienheureuxIls avaient entrepris‖ leur délicat ouvrage.D’abord ils avaient craint‖ les dangers du sevrage ;Mais tout semblait venir‖ en aide à leur dessein.Rejeton du malheur,‖ né sur un maigre seinAvare de son lait‖ comme de sa tendresse,Angélus, élevé‖ sans soin et sans caresse,N’étant pas mort, hélas !‖ s’était vite endurci,Car la misère tue‖ ou rend robuste. Aussi,Plus fort que ne le sont‖ les bambins de cet âge,Il supportait déjà‖ la soupe et le laitage.Ensuite, autre souci,‖ cet enfant inconnuAvait été trouvé‖ par eux à peu près nuIl fallait le vêtir‖ au plus tôt, faire empletteDe toile, lui fournir‖ sa layette complète,Payer quelque ouvrière‖ enfin ; et justementLe curé n’était pas‖ bien riche en ce moment ;Ses pauvres de la veille‖ avaient vidé ses poches.Et le voilà déjà‖ s’accablant de reprochesEt se disant tout haut,‖ d’un air très irrité,Qu’il était imprudent‖ et que la charitéComme cela, c’était‖ une chose coupable.

Mais le soldat, fronçant‖ le nez d’un air capable,Prit les deux meilleurs draps‖ dans l’armoire en noyer,Et, s’armant de ciseaux,‖ il se mit à taillerDes ronds et des carrés‖ dans le vieux linge jaune.Parfois il devenait‖ rêveur, prenait une aune,Se trompait, puis jetait‖ ses ciseaux, plein d’effroi,Comme un tailleur gâtant‖ le bleu manteau d’un roi.Le bon prêtre, ignorant‖ comme une vieille filleEt stupéfait, le vit‖ enfiler son aiguille,Coudre longtemps, soufflant‖ très fort à chaque point,Puis enfin, d’un air grave,‖ essayer sur son poingUn tout petit bonnet d’enfant du premier âge.Ce n’était pas parfait ;‖ mais, sans perdre courage,Le bonhomme, étouffant‖ quelquefois un juron,Vite en tailla plusieurs‖ sur le même patron.Sans doute il essuyait‖ bien souvent ses lunettes,Les coutures n’étaient‖ ni droites ni bien nettes,Mais le vieil apprenti‖ des choses du berceau,Le soir, eut terminé‖ tout le petit trousseau.

Pour eux ce fut alors‖ une douce existence :Ces hommes maladroits,‖ mais remplis de constance,Tâchaient de deviner,‖ enchantés et surpris,Ces mille petits soins‖ qu’ils n’avaient pas appris,Intuition du cœur,‖ science maternelle,Qu’avec l’enfant conçu‖ la femme porte en elle.Certes, ce ne fut pas‖ d’abord sans embarras.Lorsque Angélus pleurait‖ en leur tendant les bras,Souvent ils ne savaient‖ que faire ni que dire.Que lui fallait-il donc ?‖ Un baiser ? un sourire ?On les lui prodiguait.‖ Que voulait-il enfin ?Souffrait-il ? avait-il‖ sommeil ? avait-il faim ?Et puis, comme toujours‖ un esprit qui travailleDécouvre, ils découvraient ;‖ et de chaque trouvaille,De chaque invention‖ de leur ardent amour,Ils se sentaient le cœur‖ heureux pour tout un jour ;Et le bonheur est fait‖ de ces riens éphémères.Ils allaient à tâtons,‖ consultaient les commèresDu village, et prenaient‖ des conseils très prudentsPour l’âge où le petit‖ devrait faire ses dents.O candeur ! ils avaient‖ des fiertés de nourrices,Et quand l’enfant dormait‖ tout nu, montrant ses cuissesOù le sang rose et pur‖ venait à fleur de peau,Les yeux brillants de joie,‖ ils disaient : « Qu’il est beau ! »

Angélus grandissait,‖ et, sur ces entrefaites,Un beau jour il voulut‖ marcher. Nouvelles fêtes !Ces vieux, avec leurs dos‖ voûtés et leurs pas lents,Semblaient faits pour guider‖ les efforts chancelantsDe ce petit garçon,‖ leur fils et leur élève.Chaque soir, sur le sable‖ humide de la grèveIls le firent marcher,‖ surveillant avec soinSes progrès, chaque jour‖ allant un peu plus loin,Et, plus tard, chaque jour‖ allant un peu plus vite.L’encourageant par un‖ bon rire qui l’invite,Chacun d’eux soutenait‖ un des bras de l’enfant ;Et celui-ci parfois‖ s’arrêtait, triomphant,Après un petit pas‖ qui lui semblait immense,Heureux ainsi qu’on l’est‖ toujours quand on commence ;Et les deux bons vieillards‖ étaient tout égayésLorsque Angélus, ouvrant‖ de grands yeux effrayés,Jetait un léger cri,‖ douce et claire syllabe,Devant la fuite oblique‖ et bizarre d’un crabe,Ou quand il leur fallait,‖ en se baissant un peu,L’aider à ramasser‖ le coquillage bleuOu le petit galet‖ joli comme une perleQue jetait à leurs pieds‖ la vague qui déferle.Et quel triomphe encor‖ quand, s’étant hasardé,Un beau matin l’enfant‖ courut sans être aidé !Depuis lors il allait‖ en avant, eux derrière.Le curé regardait‖ par-dessus son bréviaire,Et l’autre se frottait‖ les mains, l’air tout joyeux.Et quand leur fils courait‖ trop vite, les deux vieuxHâtaient le pas, l’abbé‖ refermait son gros livre,Et tous les deux riaient‖ de ne pouvoir le suivre.Toute leur vie était‖ pleine de ce marmot.Après le premier pas,‖ ce fut le premier mot.Chaque jour amenait‖ sa nouvelle surprise.Et comme le bonheur‖ nous égare et nous grise,Le petit Angélus‖ n’avait pas seulementTrouvé parmi ses cris‖ ce vague bégaiement,Effort de la pensée‖ éclose qui s’envoleEt qui ressemble à peine‖ encore à la parole,Que déjà le curé,‖ plein d’ardeur et rêvantA le faire bientôt‖ devenir très savant,Cherchait dans un coin noir‖ de sa bibliothèqueSon vieux savoir latin‖ et sa science grecque,Et rouvrait ses bouquins‖ de poussière chargés,Se reprochant de les‖ avoir tant négligés,Et critiquant tout bas‖ la Messe et l’ÉvangileQui le brouillaient avec‖ la langue de Virgile.Pourtant, sans honte, ainsi‖ qu’un tout jeune garçon,Il se remit à l’œuvre,‖ apprenant sa leçonTous les jours et vivant‖ sur son dictionnaire,Comme lorsqu’il était‖ au petit séminaire.Pour mieux se souvenir,‖ souvent il récitaitDu latin à voix haute,‖ et, quand il s’arrêtaitCherchant le mot perdu‖ dans son livre d’étude,Le vétéran disait :‖ Amen ! par habitude.Ils étaient donc heureux‖ tout à fait ; et le soirPrès du berceau chéri‖ tous deux venaient s’asseoir,Et, le cœur attendri,‖ silencieux, timides,Ils contemplaient l’enfant‖ avec des yeux humides.

IV

OR le printemps avait‖ sept fois fleuri ; l’été,Dardant sur les blés mûrs‖ son or diamanté,Avait sept fois donné‖ sa moisson, et l’automneSa vendange, et l’hiver‖ sa neige monotone.Auprès des deux vieillards‖ l’enfant avait grandi,Mais sans prendre cet air‖ libre, vif, étourdi,Ce goût des jeux bruyants‖ et ce doux caquetageQu’on trouve d’ordinaire‖ aux garçons de cet âge :Sa grâce — les enfants‖ sont toujours gracieux —Était comme voilée‖ et craintive ; ses yeuxCachaient une douleur‖ dans leur azur sincère ;Il était pâle et doux‖ comme une fleur de serre ;Son sourire était rare‖ et contraint. Souffrait-il ?Peut-être ; mais d’un mal‖ bien lent et bien subtil,Et qui, ne s’exprimant‖ jamais par une plainte,Ne pouvait éveiller‖ l’affectueuse crainteDes deux vieillards naïfs,‖ qui trouvaient justementL’enfant, dans sa douceur‖ malade, plus charmant.

Pourtant, s’il suffisait,‖ pour que la fleur qui pousseEmbaumât le jardin‖ d’une haleine plus douceEt pour que l’enfant prît‖ des forces chaque jour,D’un rayon généreux‖ de soleil et d’amour,Angélus, qu’entourait‖ deux fois l’amour d’un père,Aurait dû, tout pareil‖ à la fleur qui prospère,S’épanouir en fraîche‖ et robuste santé.Si le baiser longtemps‖ et souvent répétéFaisait éclore seul‖ les roses sur la joue ;Si la bonté d’un cœur‖ d’aïeul qui se dévoue,La tendresse tremblante‖ et toujours en éveil,Le front à cheveux blancs‖ penché sur le sommeil,Suffisaient pour servir‖ de garde et de défenseA ce fragile espoir‖ qu’on appelle l’enfance,Angélus, délivré‖ des langes du berceau,Aurait dû s’élancer,‖ léger comme un oiseau,Par la nature et faire‖ en courant bien des lieues,Fou des insectes d’or‖ et des fleurettes bleues,Heureux, libre, voulant‖ tout sentir, tout saisir,Tout connaître, cédant‖ à l’avide désir,Tapageur, les cheveux‖ emmêlés par les branches,Mordant les fruits trop verts‖ de toutes ses dents blanches,Faisant rire avec lui‖ les échos du cheminEt prenant sans effroi‖ des bêtes dans sa main !

Mais non ! le jeune fils‖ des deux vieux, au contraire,Par aucun jeu d’enfant‖ ne se laissait distraire.Souvent, ouvrant ses yeux‖ étonnés et chercheurs,Il regardait passer‖ les enfants des pêcheurs,Qui, lorsque revenait‖ la saison douce et belle,Allaient au bois voisin,‖ en longue ribambelle,Cueillir des mûres ou‖ chasser les papillons.Il regardait passer‖ ces gaîtés en haillons,Qui couraient les pieds nus‖ et d’aurore coiffées,Et ces blouses, et ces‖ culottes étofféesDe grands-pères, et ces‖ cheveux blonds sans bonnet,Leur faisait un sourire,‖ et puis s’en revenait,Marchant à petits pas,‖ rêveur et solitaire,Tout seul, dans le jardin‖ calme du presbytère.Quand il voyait l’enfant‖ revenir et s’asseoir,Son père le soldat,‖ qui tenait l’arrosoirOu passait le râteau‖ sur quelque plate-bande,En écoutant au loin‖ chanter la folle bande,Grommelait, de son air‖ affable et belliqueux :« Voyons donc, fainéant,‖ va jouer avec eux.Mais l’enfant, sans prêter‖ l’oreille aux cris de fête,Soupirait, secouait‖ négligemment la têteEt s’approchait du vieux‖ pour lui dire : « Pourquoi ?Je m’amuse bien mieux‖ quand je suis avec toi. »

Puis Angélus passait‖ bien des heures à lire ;Et le savoir n’est pas‖ le père du sourire.Il lisait trop. D’abord‖ ce désir curieuxAvait rendu le bon‖ curé tout glorieux :Tel le semeur qui voit‖ prospérer ses semailles.Ce jeune esprit déjà‖ plein d’heureuses trouvailles,Ces prompts étonnements,‖ ces vives questions,Au vieux prêtre inspiraient‖ quelques ambitions,Car Angélus avait‖ toujours aimé le livre.A peine avait-il eu‖ jadis besoin de suivreLe doigt ridé qui montre‖ en tremblant l’alphabet.Le piège était tentant ;‖ le bonhomme y tombait,Et parfois sa science‖ était tout étonnéeQuand l’enfant, sachant plus‖ que la leçon donnée,Avec son éternel « ‖Pourquoi ? » l’embarrassait.Il ne comprenait pas‖ le danger : il laissaitAngélus absorbé‖ dans ses livres d’estampes,Et n’apercevait pas‖ palpiter à ses tempesLes rêves trop pesants‖ pour ce jeune cerveauAvide avant le temps‖ d’étrange et de nouveau.Et chaque jour, malgré‖ le calme de l’asileOù sa vie aurait dû‖ couler, pure et facile,Dans les fleurs en été,‖ près de l’âtre en hiver,Malgré le souffle sain‖ et puissant de la merQui caressait son front‖ sans y mettre le hâle,Angélus devenait‖ plus souffrant et plus pâle ;Et de ce mal visible‖ à peine, mais profond,Les vieux ne savaient rien,‖ presque contents au fond— Car chez les plus aimants‖ l’égoïsme sommeille —Que cette enfance fût‖ moins fraîche et moins vermeille,Mais plus tendre et toujours‖ présente à leur foyer.Tous deux s’étaient hâtés‖ bien vite d’oublierLeurs doutes de jadis.‖ On leur eût fait offenseDe leur dire à présent‖ ce qu’il faut à l’enfance.Ils croyaient seulement‖ que leur fils n’était pasUn être comme un autre,‖ et se disaient tout basQue leur affection‖ avait fait ce prodige.Ils étaient étonnés‖ de leur œuvre ; et, que dis-je !De cette ardeur précoce,‖ où déjà s’épuisaitAngélus, leur orgueil‖ paternel s’amusait.Hélas ! leur ignorance‖ était seule coupable,Non pas leur cœur ; et tout‖ ce dont était capableDe soin, de dévoûment‖ et d’amour, en effet,Leur vieillesse naïve‖ et bonne, ils l’avaient fait.Mais malgré tout, malgré‖ leur charité divine,Ils n’avaient pas appris‖ ce qu’il faut qu’on devine ;Et leurs cerveaux, trop froids,‖ ne pouvaient plus avoirL’instinct, bien plus puissant‖ encor que le savoir.Car la grande Nature‖ est jalouse : elle exigeQu’on ne s’écarte pas‖ des règles qu’elle inflige,Et ne fait si chétif‖ l’enfant qui naît au jour,Que pour qu’il soit aimé‖ d’un plus prudent amourA cause des soucis‖ et des craintes qu’il donne ;Elle veut que cet œil‖ flottant et qui s’étonneNe puisse supporter‖ l’immense éclat des cieuxSans l’avoir vu d’abord‖ reflété par les yeuxDe la mère, qui veille‖ à côté de la couche ;Elle veut que, cruelle‖ et rude, cette bouchePour y boire le lait‖ morde à même le sein ;Elle ordonne, dans son‖ immuable dessein,Un travail réciproque‖ à tous ceux qu’elle affame,Aux mères pour l’Enfant,‖ aux époux pour la Femme ;Elle ne peut avoir‖ pitié des célibats ;Ni les autels sacrés,‖ ni les nobles combatsNe sauraient un instant‖ plier sa règle austère,Et toujours elle dits « ‖Malheur au solitaire ! »

Oui, ces deux justes, oui,‖ ces excellents vieillards,Dont tous les battements‖ de cœur, tous les regardsÉtaient pour cet enfant‖ adorablement triste,Ne voyaient pas, dans leur‖ amour presque égoïste,Que pour cet être, espoir‖ de leur humble maison,Leur étreinte était une‖ étouffante prison ;Que sur ce faible front‖ leur sénile tendresseAppuyait trop longtemps‖ la trop lente caresse ;Qu’Angélus en souffrait,‖ et que chaque baiserVenait encore plus‖ l’abattre et l’épuiser ;Qu’à son sourire, fleur‖ exquise de sa lèvre,Volaient les papillons‖ obsédants de la fièvre,Et qu’enfant pressentant‖ déjà le séraphin,Sans regret et sans plainte‖ il se mourait enfin.Car Angélus, nature‖ affectueuse et douce,Ignorait tout à fait‖ le geste qui repousse.A ces baisers mortels,‖ dont il était brisé,Toujours il présentait‖ son sourire lasséEt se jetait au cou‖ du soldat et du prêtre.On meurt d’être aimé trop‖ comme de ne pas l’être,Et c’est un mal divin‖ dont nul ne se défend.Une mère aurait lu‖ dans les yeux de l’enfantLa fatale langueur‖ de ce mal qui s’ignore.Elle eût dit : « C’est assez !‖ » Les vieux disaient : « Encore ! »Et par leur faute, et dans‖ leurs bras, et sous leurs yeux,Angélus se mourait,‖ martyr délicieux !

O Nature ! c’était‖ pourtant bien peu de chose :Laisser vivre un enfant,‖ laisser croître une rose,Épargner ce dernier‖ supplice à ces deux saints,Cela n’importait pas‖ beaucoup à tes desseins.Ne se peut-il donc pas,‖ ô Mère, que tu veuillesQu’en un an l’arbrisseau‖ pousse deux fois ses feuilles ?

Et si, sous le soleil‖ d’automne, et trop hâtifs,Ses rameaux ont donné‖ quelques bourgeons chétifs,Faut-il toujours, faut-il,‖ hélas ! que tu l’accablesSous ton hiver et sous‖ tes neiges implacables ?Pourtant c’était l’espoir‖ de l’antique forêt.Ces chênes, dont le cercle‖ auguste l’entouraitEt peut-être au printemps‖ jetait sur lui trop d’ombre,Ne pourront-ils, alors‖ que revient le temps sombre,Étendre jusqu’à lui‖ leurs grands bras paternels ?Non, tu ne changes rien‖ aux ordres éternels !Non ! Avril renaîtra‖ sans que l’arbre renaisse,Et, retrouvant encore‖ un effort de jeunesse,Les vieux troncs, tout pourris‖ sous le lierre, verrontLe feuillage épuisé‖ reverdir à leur front ;Et ces aïeux, dont l’âme‖ altière et résignéeNe craignait même plus‖ les coups de la cognée,En voyant ce trépas‖ qui précède le leur,Les vieux chênes des bois‖ gémiront de douleur !

V

Ce soir-là, — c’était vers‖ le milieu de septembre, —Les vieillards et l’enfant‖ avaient gardé la chambre,Angélus se sentant‖ plus malade et plus las.Le prêtre et le soldat,‖ les deux pères, hélas !Ne pouvaient se douter‖ que la fin fût si proche.Ils étaient sans effroi,‖ se sentant sans reproche.« Ce sera, pensaient-ils,‖ un malaise d’un jour. »Et leur bonheur n’était‖ pas troublé, leur amourLes trompant, et l’enfant‖ donnant à sa caresseToujours plus de fiévreuse‖ et de mièvre tendresse.Auprès de la fenêtre,‖ où fraîchissait le soir,Dans son large fauteuil‖ le curé fit asseoirAngélus ; et tous trois‖ devant le clair de luneÉcoutèrent mourir‖ les lames sur la dune.Abandonné, fermant‖ ses beaux yeux à demi,L’enfant, qui se mourait,‖ paraissait endormi.La sueur sur son front‖ collait ses cheveux d’ange ;Et, d’un geste navrant,‖ mais plein d’un charme étrange,Il cherchait vaguement,‖ comme on cherche un appui,Les mains des deux vieillards,‖ assis auprès de lui.Mais ceux-ci ne pouvaient‖ deviner sa souffrance :Leurs cœurs simples étaient‖ toujours pleins d’espérance ;Et, pensant qu’Angélus‖ ne les entendait pas,Avec un bon sourire‖ ils échangeaient tout basLes décevants projets‖ et les douces chimères,Comme auprès des berceaux‖ en évoquent les mères.

« Puisque voilà l’enfant‖ près de nous endormi,Disait le prêtre, il faut‖ songer, mon bon ami,Que, pour qu’il soit heureux‖ plus-tard, notre prièreNe suffit pas. Voyons‖ à choisir sa carrière.Notre Angélus devient‖ grand garçon, et déjàSa jeune âme, que Dieu‖ jusqu’ici protégea,Blanc calice, s’entr’ouvre‖ et cherche la lumière.Nous avons bien guidé‖ son enfance première :Il ne sait rien encor‖ de mauvais ni d’amer ;Il n’a vu jusqu’ici‖ que le ciel et la mer ;Par la chanson du flux‖ son âme fut bercée,Et l’azur est moins pur‖ que sa fraîche penséeEt que ses sens nouveaux‖ encore appesantis,Car la grande nature‖ est bonne aux tout petits.Mais il faut profiter‖ de l’heureuse minute.Nous sommes vieux. Demain,‖ seul, il faudra qu’il lutte ;Et, comme le devoir‖ paternel le prescrit,Nous devons lui donner‖ les armes de l’esprit.Je ne désire pas,‖ moi, qu’il se fasse prêtre.Oh ! qu’il soit bon chrétien,‖ que la foi le pénètre,Qu’il aime et qu’il espère‖ enfin, et qu’il soit telQu’un lys pur qui fleurit‖ à l’ombre de l’autel !Mais, si j’en puis juger‖ par sa petite enfance,J’aimerais mieux — que Dieu‖ pardonne mon offense !Que la vocation‖ de grâce lui manquât,Car pour le sacerdoce‖ il est trop délicat.C’est en souffrant qu’il faut‖ que le pasteur travaillePour ses brebis. Il faut‖ qu’il se lève et qu’il aillePar la nuit, bien avant‖ le petit point du jour,Sous la bise, à travers‖ les terres de labour,Emportant dans un coin‖ du manteau le ciboire,Et cherchant, tout au fond‖ de la campagne noire,A découvrir enfin‖ au douteux horizonLa lueur qui trahit‖ la funèbre maisonOù quelque agonisant,‖ quand il arrive à l’heure,Lui montre en blasphémant‖ sa famille qui pleure,Son foyer sans fagot‖ et sa huche sans pain.Puis, avec l’eau bénite‖ et la bière en sapin,Il faut le lendemain‖ qu’il revienne et qu’il donneAu mort une prière,‖ aux vivants son aumône,Et, s’il n’a pas d’argent,‖ qu’il en trouve, et qu’il aitPour ses pauvres toujours‖ du pain bis et du lait.Et, s’il chemine un jour,‖ heureux, lisant son livre,Respirant les sentiers‖ en fleurs, et qu’un homme ivre,Qui sort du cabaret‖ et qu’il ne connaît point,L’appelle fainéant‖ en lui montrant le poing,Il faut que sans pâlir‖ il subisse l’insulte.Et puis ce n’est pas tout.‖ Le serviteur du culteA bien d’autres soucis,‖ et l’on ne peut savoirCombien grave et combien‖ austère est son devoir,Car la tentation‖ est bien près de la faute.Pourquoi, près de la chaire‖ où l’on parle à voix haute,Ce confessionnal‖ où l’on parle tout bas ?Il faut l’aide de Dieu‖ pour n’y succomber pas.Ne nous le prends donc point,‖ Seigneur, pour ton service,Et permets qu’à tel point‖ il ignore le viceQue même pour l’abattre,‖ il y soit étranger ;Car, tu le sais, l’agneau‖ ne peut être berger.

— Et maintenant, monsieur‖ le curé, reprit l’autre,A mon tour, n’est-ce pas ?‖ car cet enfant est nôtre,Et je suis comme vous‖ le père d’Angélus.Pas de soutane, soit !‖ pas de sabre non plus.Très souvent le plumet‖ tricolore dérangeLes projets. Ces gamins‖ ont un goût fort étrangePour les habits dorés‖ tout partout sur le corpsComme ceux des housards‖ et des tambours-majors.Sachant qu’ils n’aiment pas‖ beaucoup qu’on les chicane,On les laisse d’abord‖ chevaucher sur sa canneEt grimper aux genoux‖ comme on grimpe aux remparts ;C’est gentil. Puis un jour‖ ils vous disent : « Je pars. »Et ce jour-là ce sont‖ des hommes pour la tête ;Et l’on reste à pleurer‖ tout seul comme une bête.Et voilà qu’ils s’en vont‖ à la guerre là-bas,Dans des pays affreux‖ d’où l’on ne revient pas.Ils meurent, et les vieux‖ les suivent. C’est stupide !Veillons-y. Le petit‖ m’a l’air d’un intrépide.Quand il se portait mieux,‖ il grimpait aux pruniersLes plus hauts. Le dimanche,‖ il va voir les douaniers,A l’heure où le sergent‖ fait faire la parade.Morbleu ! qu’il n’aille pas,‖ le petit camarade,Vouloir être soldat,‖ ou nous nous fâcherons !

— Bien, bien ! dit le curé,‖ nous y réfléchirons.Sans être cardinal‖ ni maréchal de France,Angélus peut encor‖ passer notre espérance.L’enfant a tant d’esprit‖ qu’il m’étonne souvent :Ce sera quelque artiste‖ ou bien quelque savant ;Et, quoi qu’il soit d’ailleurs,‖ nous en ferons un juste.Mais avant tout il faut‖ qu’il devienne robuste,Qu’il retrouve son rire‖ et ses fraîches couleurs.Mes livres sont mauvais :‖ qu’il coure dans vos fleurs !Une leçon vaut moins‖ pour lui qu’une culbuteA cette heure. Ainsi donc,‖ ajournons la dispute.

Tous deux en étaient là‖ de leurs propos joyeux,Lorsque Angélus ouvrit‖ tout doucement les yeuxEt de cet air malin,‖ si charmant dans l’enfance,Il leur dit :

« C’est fort bien.‖ On arrange d’avanceCe qu’on fera plus tard‖ de son enfant gâté.Mais je ne dormais pas,‖ et j’ai tout écouté.Savez-vous que c’est mal‖ de disposer des autres ?Pourtant n’ayez pas peur,‖ car, sans gêner les vôtres,Je puis vous confier‖ maintenant mes projets.Ils sont très sérieux,‖ vous verrez ! Je songeaisDepuis assez longtemps,‖ pères, à vous les dire.Ces livres dans lesquels‖ vous m’apprîtes à lireEt ce vaste Océan‖ qui berce mon sommeilMe les ont inspirés‖ et m’ont donné conseil.Je veux être marin‖ sur la mer. Ces volumes,Que j’épelais jadis‖ si mal, puis que nous lûmesEnsemble et qu’aujourd’hui‖ je relis couramment,M’ont parlé de pays‖ au ciel toujours clément,Aux arbres toujours verts,‖ pleins d’oiseaux magnifiques,Où l’on allait porté‖ par les flots pacifiques.Je veux partir pour ces‖ pays délicieux.Ce ciel gris m’est fatal.‖ Quand je ferme les yeux,Tout prend la couleur d’or‖ du soleil dans mes rêves ;Et les vagues au loin‖ murmurant sur les grèvesMe disent — car j’entends‖ des mots dans leurs rumeurs : —« Viens avec nous, et fuis‖ ces climats où tu meurs ! »Pères, ne tentez pas‖ d’arrêter mon courageEt ne me parlez pas‖ d’écueils et de naufrage ;Car j’ai lu quelque part,‖ et c’était arrivé,Que toujours un marin,‖ un seul, s’était sauvéA la nage, à cheval‖ sur une vieille planche,Et qu’il voyait bientôt‖ poindre la voile blancheD’un navire passant‖ pour lui porter secours.Moi, je serai celui‖ qui se sauve toujours.Si je tarde longtemps,‖ il est bien inutileD’avoir peur. Non. C’est que‖ je serai dans une îleOù je m’établirai‖ comme a fait Robinson,En attendant qu’il passe‖ un brick à l’horizon.Il arrive toujours,‖ le moment qu’on espère.Alors, je reviendrai.‖ Ce n’est pas vrai, ce pèreQui pleure et devient vieux,‖ et dit : « Pauvre petit »De son fils, grand garçon‖ déjà quand il partit.Les contes n’ont jamais‖ une fin si fatale.L’enfant revient toujours‖ à la maison natale,Près des vieux. On s’assied‖ en cercle autour du feu,Et, pour les effrayer‖ beaucoup, il ment un peu.Comme les voyageurs‖ de mes belles lectures,Je vous raconterai‖ toutes mes aventures.Vous verrez, en ouvrant‖ de grands yeux ébahis,Toutes les mers, tous les‖ peuples, tous les paysOù m’auront promené‖ la voile et la machine.Je vous rapporterai‖ des choses de la Chine.Vous verrez le trois-mâts‖ glissant près des îlotsAvec son pavillon‖ qui traîne sur les flots,Et le peuple tout nu,‖ très noir et très sauvage,Qui nous suit en tirant‖ des flèches du rivage,Et ce sera charmant,‖ et vous m’embrasserezAu beau milieu de mon‖ récit, et vous serezTout surpris de ma barbe‖ et de mon air si grave.Aux beaux endroits, tout bas,‖ vous direz : « Qu’il est brave !Vous sourirez, et vous‖ m’embrasserez encor,Et vous jouerez avec‖ mes épaulettes d’or.Mais, je le sais, il faut‖ un long apprentissage.

Et dès demain je vais‖ bien apprendre, être sage,Lire beaucoup, veiller‖ sous ma lampe l’hiver ;Et puis je m’en irai‖ pour longtemps sur la mer. »

Il se tut, souriant‖ à quelque intime joie.Et, comme un affamé‖ qui réclame une proie,L’Océan qui montait‖ gronda dans les rochers.Les astres de la nuit‖ furent soudain cachés.L’enfant agonisait ;‖ mais la voix sépulcraleDe la lame étouffait‖ le bruit sourd de son râle.

Alors comme brisé‖ par ce qu’il avait dit,Angélus referma‖ ses beaux yeux et tenditAux deux amis ses mains‖ plus froides et plus molles.Mais sur ceux-ci déjà‖ les bizarres parolesDe l’enfant moribond‖ exerçaient leur pouvoir.Sombres, ils regardaient‖ ce ciel devenu noir,Ils écoutaient le bruit‖ plus sinistre des vagues,Et se sentaient venir‖ au cœur ces craintes vaguesQu’on repousse, mais dont‖ l’âme en vain se défend.Sans doute ce n’étaient‖ que des rêves d’enfant,Inspirés par un livre‖ ou bien par quelque image,Qu’ils laissent aussitôt‖ sans dire : « C’est dommage !Et qui durent un jour‖ ou deux pour la plupart.Mais tout cela parlait‖ d’absence, de départ,Avec une éloquence‖ étrange et captivante ;Et l’âme des vieillards‖ était dans l’épouvante.

Les yeux toujours fermés,‖ le petit AngélusReprit tout bas :

Venez‖ plus près, je n’y vois plus.Le ciel et l’Océan‖ sont noirs comme l’ébène.Ce que je vous ai dit‖ vous a fait de la peineTout à l’heure. Il faudra‖ tâcher de l’oublier.Pères, j’ai maintenant‖ un rêve singulier.Est-ce un rêve ? Prenez‖ mes deux mains dans les vôtres.Les astres dans la mer‖ les uns après les autresSont tous tombés, tombés !‖ Et dans le ciel en deuil,Ainsi qu’un christ d’argent‖ sur le drap d’un cercueil,Il n’en reste plus qu’un.‖ Vous devez le connaître,Celui-là ; car il brille‖ au haut de ma fenêtre,Le soir, et je le vois‖ de mon cher petit lit ;Et c’est le seul qui reste‖ au ciel. Mais il pâlit !Il a l’air aussi d’être‖ attiré par le gouffre.On dirait qu’il s’éteint‖ et l’on dirait qu’il souffre.Regardez ! le voilà‖ qui file, qui s’enfuit !…Il est tombé !… J’ai froid,‖ j’ai peur !… Et c’est la nuit ! »

En prononçant ce mot,‖ — c’était le mot suprême ! —Le petit Angélus‖ s’affaissa sur lui-même.Sa bouche ouverte et l’orbe‖ éteint de ses grands yeuxS’emplirent d’un effroi‖ vague et mystérieux.Les vieillards, égarés‖ et crispant la narine,Virent son front trop lourd‖ tomber sur sa poitrine,Et ses petites mains,‖ qu’ils lâchèrent alors,Pesamment et d’un coup‖ glisser contre son corps.Pure, à travers la nuit‖ profonde et solennelle,L’âme de l’enfant mort venait d’ouvrir son aile,Ainsi que d’une salle‖ ouverte à l’air du soirS’envole un papillon‖ silencieux et noir.

Après un long regard‖ échangé sans rien dire,Un long regard chargé‖ d’horreur et de délire,Les vieillards, abattus‖ par un terrible effort,Tombèrent à genoux‖ devant Angélus mort.Ils restèrent ainsi‖ toute la nuit, farouches,Collant les froides mains‖ du cadavre à leurs bouches,Atterrés, leurs sanglots‖ muets les étouffant,N’osant lever les yeux‖ sur le front de l’enfantQui prenait la blancheur‖ dure et froide des pierres.Mais, comme s’il était‖ gravé sous leurs paupières,Ce visage chéri,‖ qu’ils ne voulaient plus voir,Leurs yeux, leurs yeux fermés,‖ toujours sur un fond noirDistinguaient Angélus,‖ penché d’un air débile,Pâle et leur souriant‖ d’un sourire immobile.

Ah ! cette nuit, tandis‖ qu’ils se désespéraient,Était-ce seulement‖ leur enfant qu’ils pleuraient ?Ne s’accusaient-ils pas,‖ ces deux hommes candides ?Ne maudissaient-ils pas‖ leurs cheveux blancs stupides ?Ne comprenaient-ils pas‖ enfin, les malheureux,Que cet être adorable‖ était tué par eux ?Que l’absurde consigne‖ et la vaine prière,Auxquelles ils avaient‖ donné leur vie entière,Avaient fait leur malheur‖ et leur aveuglement ?Que prier seulement,‖ combattre seulement,Cela n’est pas assez‖ pour l’homme, et qu’il est lâcheEt mauvais de n’avoir‖ ici-bas qu’une tâche ?Qu’il faut que chacun soit‖ amant et père un jour ;Que la loi du devoir‖ est une loi d’amour ;Qu’être seul, cela tue‖ et cela paralyse ;Que la famille, c’est‖ la patrie et l’église ;Que l’épée au fourreau‖ doit orner le foyer ;Que les yeux de l’enfant‖ font croire et font prier ;Que si tous deux, le vieux‖ soldat et le vieux prêtre,Ils n’avaient pu sauver‖ ce pauvre petit être,A qui pourtant leur cœur‖ entier se dévouait,C’est qu’ils l’avaient aimé‖ comme on aime un jouet ;Que leur expérience‖ était une chimère ;Qu’ils n’étaient que de vieux‖ enfants ; et qu’une mère,Qui, dans l’humble maison‖ d’un pauvre matelot,Balaye et lave, et met‖ les légumes au pot,Et ravaude son linge,‖ et file sa quenouille,Et tout à la fois baise,‖ allaite et débarbouilleSix marmots qu’elle voit‖ autour d’elle courir,Eût fait vivre l’enfant‖ qu’ils avaient fait mourir ?

Le matin les surprit‖ aux genoux du cadavre.

Et puis ce fut l’histoire‖ ordinaire, et qui navre :Dernier regard qu’on jette‖ au cher enseveli,Dernier baiser qu’on pose‖ au front déjà pâli,Et plus rien ! Mais pour ces‖ vieillards le sort compliceRendit plus douloureux‖ et plus long le supplice.Le prêtre — il était prêtre,‖ hélas ! — dut sur le corpsDe son enfant chanter‖ les prières des morts,Lui jeter l’eau bénite‖ en sanglotant, et boireSes pleurs qui se mêlaient‖ au vin dans le ciboire.Il dut l’accompagner‖ jusqu’au dernier logis,Où le soldat, les yeux‖ par les larmes rougis,Dut sous son vieux sabot‖ pousser la lourde bêcheEt couvrir le cercueil‖ de terre toute fraîche.Maintenant ils sont seuls.‖ Tout est déjà rentréDans l’ordre d’autrefois‖ chez le pauvre curé.Assis au feu, chauffant‖ leurs vieilles mains tremblantes,Ils laissent, sans parler,‖ s’enfuir les heures lentes,Ne sachant rien, sinon‖ que leur enfant est mort.Mornes, sans l’accepter,‖ ils subissent le sort.Le soldat fait ses trous,‖ le prêtre dit sa messe.Ils vivront peu ; mais dans‖ la suprême promesseC’est à peine s’ils ont‖ encor gardé la foi.On lit dans leurs regards‖ je ne sais quel effroiQuand ils sortent tous deux‖ en grand deuil de l’église,Au moment où le soir‖ répand son ombre grise.Et le pêcheur, qui passe‖ et qui les reconnaît,Regarde, tout timide,‖ en ôtant son bonnet,Descendre du parvis‖ les deux vieillards funèbres,Tandis que vibre encore‖ au loin dans les ténèbres,Long, triste et solennel‖ comme leur désespoir,Le dernier tintement‖ de l’angélus du soir.

Versification

Forme
Distiques
Rimes
478((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6−6
Strophes
16 distiques
Mots à la rime
a plage / village féminine, classiqueb pencher / clocher masculine, classiquea journées / méditerranées féminine, classiqueb encor / d’or masculine, classiquea terre / presbytère féminine, classiqueb rayons / papillons masculine, classiquea pelouse / blouse féminine, classiqueb bas / pas masculine, classiquea lumière / prière féminine, classiqueb joyeux / vieux masculine, classiquea cure / obscure féminine, classiqueb prêché / l’évêché masculine, classiquea décroisse / paroisse féminine, classiqueb peu / feu masculine, classiquea maritimes / intimes féminine, classiqueb assuré / curé masculine, classiquea village / l’âge féminine, classiqueb marin / lutrin masculine, classiquea prêtre / peut-être féminine, classiqueb l’ennui / lui masculine, classiquea joue féminine, classiqueb attendri / chéri masculine, classiquea flamme / âme féminine, classiqueb coquelicots / musicaux masculine, classiquea ensoleillée / veillée féminine, classiqueb rêvant / vent masculine, classiquea presqu’îles / tranquilles féminine, classiqueb s’éteignait / signait masculine, classiquea repousse / pouce féminine, classiqueb seuls / linceuls masculine, classiquea prière / cimetière féminine, classiqueb cercueil / deuil masculine, classiquea promesse / messe féminine, classiqueb endormis / d’amis masculine, classiquea mauvaise / falaise féminine, classiqueb assuré / dit / curé masculine, classiquea dire / rire féminine, classiqueb indulgents / gens masculine, classiquea m’assiste / triste féminine, classiqueb curé / moment / timidement masculine, classiquea fragile / l’Évangile féminine, classiqueb mal / baptismal masculine, classiquea déprave / brave féminine, classiqueb morts / remords masculine, classiquea triste / l’autre / apôtre féminine, classiqueb souci / d’ici masculine, classiquea hommes / économes féminine, classiqueb galets / filets masculine, classiquea normande / limande féminine, classiqueb s’exposa / colza masculine, classiquea recommence / immense féminine, classiqueb triomphants / enfants masculine, classiquea peut-être / hélas / prêtre féminine, classiqueb feu / Dieu masculine, classiquea chaste / vaste féminine, classiqueb enfermés / aimés masculine, classiquea sommes / hommes féminine, classiqueb beau / drapeau masculine, classiquea pense / récompense féminine, classiqueb voilà / Certainement / régiment masculine, classiquea montagnes / campagnes féminine, classiqueb soin / foin masculine, classiquea lumière / chaumière féminine, classiqueb passer / embrasser masculine, classiquea grange / étrange féminine, classiqueb sombre / soupirant / mourant masculine, classiquea rêve / grève féminine, classiqueb plus / l’argelus masculine, classiquea village / plage féminine, classiqueb retentit / partit masculine, classiquea tempête / s’arrête féminine, classiqueb marin / airain masculine, classiquea grommelle / elle féminine, classiqueb oraisons / maisons masculine, classiquea l’église / grise féminine, classiqueb là / sembla masculine, classiquea prêtre / reconnaître féminine, classiqueb emmailloté / jeté masculine, classiquea l’enfance / défense féminine, classiqueb fardeau / bedeau masculine, classiquea humaine / mène féminine, classiqueb outragés / vengez masculine, classiquea farouches / bouches féminine, classiqueb envieux / vieux masculine, classiquea course / source féminine, classiqueb amis / permis masculine, classiquea obstacle / miracle féminine, classiqueb rêvé / trouvé masculine, classiquea prière / Père féminine, classiqueb l’Esprit / soldat / n’incommodât masculine, classiquea pierres / paupières féminine, classiqueb labouré / curé masculine, classiquea s’agenouille / dépouille féminine, classiqueb bras / embarras masculine, classiquea images / mages féminine, classiqueb concert / désert masculine, classiquea myrrhe / admire féminine, classiqueb dieux / radieux masculine, classiquea augustes / justes féminine, classiqueb berceau / d’oiseau masculine, classiquea soulève / rêve féminine, classiqueb rideau / cadeau masculine, classiquea conte / compte féminine, classiqueb portant / pourtant masculine, classiquea s’ensuivre / livre féminine, classiqueb savoir / d’avoir masculine, classiquea aiguilles / familles féminine, classiqueb révéla / êtres-là masculine, classiquea anges / langes féminine, classiqueb chants / méchants masculine, classiquea débiles / malhabiles féminine, classiqueb pas / repas masculine, classiquea avides / vides féminine, classiqueb soin / besoin masculine, classiquea sincère / nécessaire féminine, classiqueb ainsi / d’ici masculine, classiquea tendresse / maladresse féminine, classiqueb enfin / faim masculine, classiquea armoire / mémoire féminine, classiqueb Monseigneur / d’honneur masculine, classiquea Éminence / d’abstinence féminine, classiqueb petit / appétit masculine, classiquea sèvre / chèvre féminine, classiqueb clergé / congé masculine, classiquea surprise / grise féminine, classiqueb rien / bien masculine, classiquea âmes / femmes féminine, classiqueb leurs / fleurs masculine, classiquea caprice / nourrice féminine, classiqueb trouvé / pavé masculine, classiquea grâce / grasse féminine, classiqueb lit masculine, classiquea couche / bouche féminine, classiqueb persuadant / prudent masculine, classiquea prêtre / être féminine, classiqueb front / rond masculine, classiquea s’approche / reproche féminine, classiqueb audacieux / yeux masculine, classiquea voiles / étoiles féminine, classiqueb sourit / prit masculine, classiquea âge / davantage féminine, classiquea garantie / l’hostie féminine, classiqueb pétillait / dépouillait masculine, classiquea ficelles / ailes féminine, classiqueb réjoui / lui masculine, classiquea faire / L’atmosphère féminine, classiqueb bruit / nuit masculine, classiquea cheminée / illuminée féminine, classiqueb feu / bleu masculine, classiquea d’âme / flamme féminine, classiqueb extasiés / pieds masculine, classiquea atone / monotone féminine, classiqueb maintenant / rayonnant masculine, classiquea giboulées / allées féminine, classiqueb espalier / escalier masculine, classiquea vertes / ouvertes féminine, classiqueb décor / l’or masculine, classiquea moroses / roses féminine, classiqueb chardon / pardon masculine, classiquea fêtes / faites féminine, classiqueb lilas / mêlas masculine, classiquea Enfance / connivence féminine, classiqueb d’avril / subtil masculine, classiquea surprise / brise féminine, classiqueb pareil / soleil masculine, classiquea novembre / chambre féminine, classiqueb ami / dormi masculine, classiquea année / étonnée féminine, classiqueb eux / bienheureux masculine, classiquea ouvrage / sevrage féminine, classiqueb dessein / sein masculine, classiquea tendresse / caresse féminine, classiqueb endurci / Aussi masculine, classiquea âge / laitage féminine, classiqueb inconnu / nu masculine, classiquea emplette / complète féminine, classiqueb justement / moment masculine, classiquea poches / reproches féminine, classiqueb irrité / charité masculine, classiquea coupable / capable féminine, classiqueb noyer / tailler masculine, classiquea jaune / aune féminine, classiqueb d’effroi / roi masculine, classiquea fille / aiguille féminine, classiqueb point / poing masculine, non classiquea âge / courage féminine, classiqueb juron / patron masculine, classiquea lunettes / nettes féminine, classiqueb berceau / trousseau masculine, classiquea existence / constance féminine, classiqueb surpris / appris masculine, classiquea maternelle / elle féminine, classiqueb embarras / bras masculine, classiquea dire / sourire féminine, classiquea travaille / trouvaille féminine, classiqueb amour / jour masculine, classiquea éphémères / commères féminine, classiqueb prudents / dents masculine, classiquea nourrices / cuisses féminine, classiqueb peau / beau masculine, classiquea entrefaites / fêtes féminine, classiqueb lents / chancelants masculine, classiquea élève / grève féminine, classiqueb soin / loin masculine, classiquea vite / l’invite féminine, classiqueb l’enfant / triomphant masculine, classiquea immense / commence féminine, classiqueb égayés / effrayés masculine, classiquea syllabe / crabe féminine, classiqueb peu / bleu masculine, classiquea perle / déferle féminine, classiqueb hasardé / aidé masculine, classiquea derrière / bréviaire féminine, classiquea livre / suivre féminine, classiqueb marmot / mot masculine, classiqueb seulement / bégaiement masculine, classiquea s’envole / parole féminine, classiqueb rêvant / savant masculine, classiquea bibliothèque / grecque féminine, classiqueb chargés / négligés masculine, classiquea l’Évangile / Virgile féminine, classiqueb garçon / leçon masculine, classiquea dictionnaire / séminaire féminine, classiqueb récitait / s’arrêtait masculine, classiquea d’étude / habitude féminine, classiqueb soir / s’asseoir masculine, classiquea timides / humides féminine, classiqueb l’été / diamanté masculine, classiquea l’automne / monotone féminine, classiqueb grandi / étourdi masculine, classiquea caquetage / âge féminine, classiqueb gracieux / yeux masculine, classiquea sincère / serre féminine, classiqueb Souffrait-il / subtil masculine, classiquea plainte / crainte féminine, classiqueb justement / charmant masculine, classiquea pousse / douce féminine, classiqueb jour / d’amour masculine, classiquea père / prospère féminine, classiqueb santé / répété masculine, classiquea joue / dévoue féminine, classiqueb éveil / sommeil masculine, classiquea défense / l’enfance féminine, classiqueb berceau / oiseau masculine, classiquea lieues / bleues féminine, classiqueb saisir / désir masculine, classiquea branches / blanches féminine, classiqueb chemin / main masculine, classiquea contraire / distraire féminine, classiqueb chercheurs / pêcheurs masculine, classiquea belle / ribambelle féminine, classiqueb papillons / haillons masculine, classiquea coiffées / étoffées féminine, classiqueb bonnet / revenait masculine, classiquea solitaire / presbytère féminine, classiqueb s’asseoir / l’arrosoir masculine, classiquea plate-bande / bande féminine, classiqueb belliqueux / eux masculine, classiquea fête / tête féminine, classiqueb Pourquoi / toi masculine, classiquea lire / sourire féminine, classiqueb curieux / glorieux masculine, classiquea semailles / trouvailles féminine, classiqueb questions / ambitions masculine, classiqueb l’alphabet / tombait masculine, classiquea étonnée / donnée féminine, classiqueb l’embarrassait / laissait masculine, classiquea d’estampes / tempes féminine, classiqueb cerveau / nouveau masculine, classiquea l’asile / facile féminine, classiqueb hiver / mer masculine, classiquea hâle / pâle féminine, classiqueb profond / fond masculine, classiquea sommeille / vermeille féminine, classiqueb foyer / d’oublier masculine, classiquea offense / l’enfance féminine, classiqueb pas / bas masculine, classiquea prodige / dis-je féminine, classiqueb s’épuisait / s’amusait masculine, classiqueb effet / fait masculine, classiquea divine / devine féminine, classiqueb avoir / savoir masculine, classiquea exige / inflige féminine, classiqueb jour / amour masculine, classiquea donne / s’étonne féminine, classiqueb cieux / yeux masculine, classiqueb sein / dessein masculine, classiquea affame / Femme féminine, classiqueb célibats / combats masculine, classiquea austère / solitaire féminine, classiqueb vieillards / regards masculine, classiquea triste / égoïste féminine, classiqueb maison / prison masculine, classiqueb baiser / l’épuiser masculine, classiquea lèvre / fièvre féminine, classiqueb séraphin / enfin masculine, classiquea douce / repousse féminine, classiqueb brisé / lassé masculine, classiquea prêtre / l’être féminine, classiqueb défend / l’enfant masculine, classiquea s’ignore / Encore féminine, classiqueb yeux / délicieux masculine, classiquea chose / rose féminine, classiqueb saints / desseins masculine, classiquea veuilles / feuilles féminine, classiqueb hâtifs / chétifs masculine, classiquea l’accables / implacables féminine, classiqueb forêt / l’entourait masculine, classiquea d’ombre / sombre féminine, classiqueb paternels / éternels masculine, classiquea renaisse / jeunesse féminine, classiqueb verront / front masculine, classiquea résignée / cognée féminine, classiqueb leur / douleur masculine, classiquea septembre / chambre féminine, classiqueb las / hélas masculine, classiquea proche / reproche féminine, classiquea caresse / tendresse féminine, classiqueb soir / asseoir masculine, classiquea lune / dune féminine, classiqueb demi / endormi masculine, classiquea d’ange / étrange féminine, classiqueb appui / lui masculine, classiquea souffrance / d’espérance féminine, classiquea chimères / mères féminine, classiqueb endormi / ami masculine, classiquea prière / carrière féminine, classiqueb déjà / protégea masculine, classiquea lumière / première féminine, classiqueb d’amer / mer masculine, classiquea bercée / pensée féminine, classiqueb appesantis / petits masculine, classiquea minute / lutte féminine, classiqueb prescrit / l’esprit masculine, classiquea prêtre / pénètre féminine, classiqueb tel / l’autel masculine, classiquea enfance / offense féminine, classiqueb manquât / délicat masculine, classiquea travaille / aille féminine, classiqueb jour / labour masculine, classiquea ciboire / noire féminine, classiqueb horizon / maison masculine, classiquea l’heure / pleure féminine, classiqueb pain / sapin masculine, classiquea donne / aumône féminine, classiqueb ait / lait masculine, équivalentea livre / ivre féminine, classiquea l’insulte / culte féminine, non classiqueb savoir / devoir masculine, classiquea faute / haute féminine, classiquea service / vice féminine, classiqueb étranger / berger masculine, classiquea l’autre / nôtre féminine, classiqueb d’Angélus / plus masculine, classiquea dérange / étrange féminine, classiqueb corps / tambours-majors masculine, classiquea chicane / canne féminine, classiqueb remparts / pars masculine, classiquea tête / bête féminine, classiqueb là-bas / pas masculine, classiquea stupide / intrépide féminine, classiqueb pruniers / douaniers masculine, classiquea parade / camarade féminine, classiqueb fâcherons / réfléchirons masculine, classiquea France / espérance féminine, classiqueb souvent / savant masculine, classiquea juste / robuste féminine, classiqueb couleurs / fleurs masculine, classiquea culbute / dispute féminine, classiqueb joyeux / yeux masculine, classiquea l’enfance / dit / d’avance féminine, classiqueb gâté / écouté masculine, classiquea autres / vôtres féminine, classiqueb projets / songeais masculine, classiquea dire / lire féminine, classiqueb sommeil / conseil masculine, classiquea volumes / lûmes féminine, classiqueb couramment / clément masculine, classiquea magnifiques / pacifiques féminine, classiqueb délicieux / yeux masculine, classiquea rêves / grèves féminine, classiqueb rumeurs / meurs masculine, classiquea courage / naufrage féminine, classiqueb arrivé / sauvé masculine, classiquea planche / blanche féminine, classiqueb secours / toujours masculine, classiquea inutile / île féminine, classiqueb Robinson / l’horizon masculine, classiquea espère / père féminine, classiqueb petit / partit masculine, classiquea fatale / natale féminine, classiqueb feu / peu masculine, classiquea lectures / aventures féminine, classiqueb ébahis / pays masculine, classiquea machine / Chine féminine, classiqueb îlots / flots masculine, classiquea sauvage / rivage féminine, classiqueb m’embrasserez / serez masculine, classiquea grave / brave féminine, classiquea apprentissage / sage féminine, classiqueb l’hiver / mer masculine, classiquea joie / proie féminine, classiqueb rochers / cachés masculine, classiquea sépulcrale / râle féminine, classiqueb dit / tendit masculine, classiquea molles / paroles féminine, classiqueb pouvoir / noir masculine, classiquea vagues féminine, classiqueb défend / d’enfant masculine, classiquea image / dommage féminine, classiqueb plupart / départ masculine, classiquea captivante / l’épouvante féminine, classiqueb Angélus / bas / plus masculine, classiquea l’ébène / peine féminine, classiqueb l’oublier / singulier masculine, classiquea vôtres / autres féminine, classiqueb deuil / cercueil masculine, classiquea connaître / fenêtre féminine, classiqueb lit / pâlit masculine, classiquea gouffre / souffre féminine, classiqueb s’enfuit / nuit masculine, classiquea suprême / lui-même féminine, classiqueb yeux / mystérieux masculine, classiquea narine / poitrine féminine, classiqueb alors / corps masculine, classiquea solennelle / aile féminine, classiqueb soir / noir masculine, classiquea dire / délire féminine, classiqueb effort / mort masculine, classiqueb étouffant / l’enfant masculine, classiqueb voir / noir masculine, classiquea débile / immobile féminine, classiqueb désespéraient / pleuraient masculine, classiquea candides / stupides féminine, classiqueb malheureux / eux masculine, classiquea prière / entière féminine, classiqueb aveuglement / seulement masculine, classiquea lâche / tâche féminine, classiquea paralyse / l’église féminine, classiqueb foyer / prier masculine, classiqueb dévouait / jouet masculine, classiquea chimère / mère féminine, classiqueb matelot / pot masculine, classiquea quenouille / débarbouille féminine, classiqueb courir / mourir masculine, classiquea cadavre / navre féminine, classiqueb enseveli / pâli masculine, classiquea complice / supplice féminine, classiqueb corps / morts masculine, classiquea boire / ciboire féminine, classiqueb logis / rougis masculine, classiquea bêche / fraîche féminine, classiqueb rentré / curé masculine, classiquea tremblantes / lentes féminine, classiqueb mort / sort masculine, classiquea messe / promesse féminine, classiqueb foi / effroi masculine, classiqueb reconnaît / bonnet masculine, classiquea funèbres / ténèbres féminine, classiqueb désespoir / soir masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

965 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de François Coppée, Paris, Librairie L. Hébert, 1885· numérisation poesies.net· Sources