Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Deuxième partie
A madame la baronne de Poilly
J’ai fait, cette nuit-ci, baronne,Un rêve étrange, mais exquis ;Les ducs, les comtes, les marquisDont l’hommage vous environne,
Ayant tous le cœur très fâchéQue votre bienveillant sourireAccueillît un porteur de lyre,Sur ma personne avaient lâché
Toutes les bêtes fantastiquesQui décorent leurs écussons,Toute la faune des blasons,Tous les animaux héraldiques.
Je voyais les lions hissants,Tirant leurs langues écarlates,Les dragons, dressés sur leurs pattes,Venir contre moi, rugissants ;
Les aigles, roulant leurs yeux mornes,Agiter leur foudre fatal,Et sur moi, baissant le frontal,Charger le troupeau des licornes.
Lourdes d’un venin de serpentEt crachant la flamme et les cendres,Les guivres et les salamandresLes suivaient de près en rampant.
Œil qui flambe et gueule qui crie,Ils se groupaient pour les assauts.J’allais être mis en morceauxPar l’horrible ménagerie ;
Mais, devant leur troupeau guerrier,Vous preniez ma main, douce fée,Et je les chassais comme Orphée,Avec un rameau de laurier.
Versification
- Forme
- 8 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a baronne / environne féminineb exquis / marquis masculinea fâché / lâché masculineb sourire / lyre fémininea fantastiques / héraldiques féminineb écussons / blasons masculinea hissants / rugissants masculineb écarlates / pattes fémininea mornes / licornes féminineb fatal / frontal masculinea serpent / rampant masculineb cendres / salamandres fémininea crie / ménagerie féminineb assauts / morceaux masculinea guerrier / laurier masculineb fée / Orphée féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources