Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Deuxième partie
Ballade
POUR DÉFENDRE LA DOCTRINE DES POÈTES PARNASSIENS
Mon esthétique, la voici.Les bons maîtres, je les honore.Qu’un art nouveau se lève aussi,Je saluerai le météore.Pourtant, dans les vers — que j’adore —Je veux, criminel endurci,Rythme franc et rime sonore.Les vieux Parnassiens sont ainsi.
Rimbaud, fumiste réussi,Dans un sonnet que je déplore,Veut que les lettres O E IForment le drapeau tricolore.En vain le Décadent pérore.Il faut, sans « mais », ni « car », ni « si »,Un style clair comme l’aurore.Les vieux Parnassiens sont ainsi.
Certains « jeunes » de ce temps-ciMe voudraient voir — point ne l’ignore —Tressant des chaussons à PoissyOu mis en bière avec du chlore,Pour les vérités que j’arbore.Mais je proteste, Dieu merci !Et j’offre aux fous mon ellébore.Les vieux Parnassiens sont ainsi.
Le Symbolisme nous dévore,Prince. N’en ayez point souci.Il est des poètes encore.Les vieux Parnassiens sont ainsi.
Janvier 1892.
Versification
- Forme
- Petite ballade (huitains)
- Rimes
- 3(ababbcbc) bcbc
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 3 huitains, 1 quatrain
- Mots à la rime
- a voici / aussi masculineb honore / météore féminineb j’adore / sonore fémininec endurci / ainsi masculinea réussi / I masculineb déplore / tricolore féminineb pérore / l’aurore fémininec si / ainsi masculinea temps-ci / Poissy masculineb l’ignore / chlore féminineb j’arbore / ellébore fémininec merci / ainsi masculineb dévore / encore fémininec souci / ainsi masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources