Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Première partie
L’aube tricolore
Hier, j’ai surpris l’aurore‖ à son premier éveil,Quand le nid est muet‖ encore sur la branche.Là-haut, le sombre azur.‖ Plus bas, la brume blanche.Enfin, à l’horizon,‖ un flamboiement vermeil.
Bleu, blanc, rouge ! — Le ciel,‖ à nos drapeaux pareil,M’a rendu nos espoirs‖ oubliés de revanche.Car, captive en ces nœuds‖ que, seul, le glaive tranche,L’Alsace attend, là-bas‖ où monte le soleil.
Que de jours et de jours,‖ hélas ! depuis l’outrage !Peut-être — ô doute amer !‖ — elle se décourage !Elle doit, après tant‖ d’angoisse et de douleurs,
Se demander parfois‖ si l’on se souvient d’elle !…— Non. Dans le matin clair‖ arborant nos couleurs,L’Alsace nous répond‖ de loin : « Je suis fidèle ! »
25 avril 1892.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a éveil / vermeil masculineb branche / blanche fémininea pareil / soleil masculineb revanche / tranche fémininec l’outrage / décourage féminined douleurs / couleurs masculinee d’elle / fidèle féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources