Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Première partie
Le pêcheur
Les pieds dans l’eau, bien plus‖ persévérant qu’habile,Portant, pendue au col,‖ sa boîte aux asticots,Sous l’arche du vieux pont‖ sombre et pleine d’échos,Le pêcheur s’est tenu,‖ tout le jour, immobile.
Il ne voit ni le soir‖ qui tombe, ni la villeQui s’endort dans des bruits‖ vagues et musicaux,Ni, sur les quais, à des‖ intervalles égaux,Le gaz qui fait éclore‖ une étoile débile.
Puis, quand il ne peut plus‖ observer les plongeonsDe son liège, content‖ de trois maigres goujons,A rentrer au logis‖ enfin il se résigne.
O poètes, troublés‖ d’un éternel émoi,N’avez-vous pas souvent‖ envié comme moiLe paisible bonheur‖ d’un pêcheur à la ligne ?
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a qu’habile / immobile féminineb asticots / d’échos masculinec ville / débile féminined musicaux / égaux masculinee plongeons / goujons masculinef résigne / ligne féminineg émoi / moi masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources