Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Deuxième partie
Pour Jeanne Lemerre
LE JOUR DE SON MARIAGE
Poète de vingt ans,‖ je t’ai vue au berceau.Qu’elle est loin, la chanson‖ du Passant à Silvie !Que de feuillets tournés‖ du livre de ma vie !De celui de ce jour‖ lirai-je le verso !
Mais il n’est pas tari,‖ l’harmonieux ruisseau.Je fais des vers encor.‖ Ton bonheur m’y convie.Accepte, en ton avril‖ d’amour, enfant ravie,Mes fleurs de la Toussaint,‖ mon dernier chant d’oiseau.
Que de jours envolés !‖ Que de saisons enfuies !…Te voici femme. Au bras‖ d’un époux tu t’appuies.L’oranger symbolique‖ orne ton jeune front.
Et c’est un sentiment‖ très doux qui me pénètre,En t’offrant, Jeanne, ainsi‖ qu’aux fils qui te naîtront,Les vœux ardents du vieil‖ ami qui te vit naître.
10 octobre 1892.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a berceau / verso masculineb Silvie / vie fémininea ruisseau / d’oiseau masculineb convie / ravie fémininec enfuies / t’appuies féminined front / naîtront masculinee pénètre / naître féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources