Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Première partie
Premières larmes
Pâle sous la céruse‖ et les cheveux trop noirs,L’illustre premier-rôle‖ encor jeune aux chandelles,L’homme à femmes, malgré‖ son âge adoré d’elles,Obtient, comme au beau temps,‖ des effets de mouchoirs.
Et, depuis des milliers‖ et des milliers de soirs,Froid comme un glaive et sûr‖ de tant de cœurs fidèles,Il prodigue, Antony‖ de centaines d’Adèles,Ses sanglots simulés‖ et ses faux désespoirs.
Pourtant la sciatique‖ est à la fin venue.Horreur ! Elle le cloue‖ aux pieds de l’ingénueQui, pour qu’il se relève,‖ aide le vieux barbon.
Alors l’acteur, gâté‖ par quarante ans d’éloge,Court se cacher et fondre‖ en larmes dans sa loge.— C’est la première fois‖ qu’il pleure pour de bon.
1er février 1895.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a noirs / mouchoirs masculineb chandelles / d’elles fémininea soirs / désespoirs masculineb fidèles / d’Adèles fémininec venue / l’ingénue féminined barbon / bon masculinee d’éloge / loge féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources