Poésie de Charles coran, 1887· De 1873 a 1878
Auguste barbier
M’écoutant demander si l’àme est immortelle,Barbier, sûr de son fait, la prend sous sa tutelleEt me répond : « Pour croire à l’immortalité,Il faut un grand esprit de l’idéal hanté. »Cet arrêt me récuse. « Alors, illustre barde,Vous n’êtes pas cinq cents que le débat regarde ;Si bien qu’à votre avis la masse qu’il exclutN’y voit goutte au sujet de son propre salut. —Poète, on se survit en laissant sa mémoire ;Répondez donc plutôt qu’il faut hanter la gloire :L’Idole est immortelle ; et vos rimes, c’est vous.Mais l’âme après la mort, qu’est-ce ? un mot, rien dessous. »
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources