Poésie de Charles coran, 1887· De 1873 a 1878
O volupté de n’être pas !
O volupté de n’être pas !Que mes vieux ans sont las de vivreQuand donc serai-je au dernier pasDu chemin qu’il me reste à suivre ?
J’ai sondé le néant des jours,J’ai scruté la vaine apparencePour m’épargner tes faux détours,Labyrinthe de l’espérance.
Je suis revenu des lointainsOù chevauchaient sur des licornes,Vers les égarements certains,Mes rêves de bonheur sans bornes.
Rien plus ne satisfait mes yeux :Je fuis l’art, je crains la nature,Je souffre à regarder les cieux,La gaité d’autrui me torture.
Mais rendez-moi pour m’en servirLes attributs de la jeunesse :Vous allez voir tout me ravirVu du giron de ma maîtresse.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources