Poésie de Charles coran, 1887· De 1873 a 1878
La victoire de Crauk
Au Statuaire.
Sur le grand livre de l’HistoireQue restera-t-il des combatsPayés trop cher par nos soldatsAux rivages de la mer Noire ?Rien pour illustrer les Césars !Mais à la majesté des artsIl restera votre Victoire ;Et le laurier qu’avec hauteurGarde suspendu la déesse,Il vous reviendra, fier sculpteurDont le ciseau défend la Grèce.Triomphez donc, à vous le prix !Moi, dans une ère encor lointaine.J’aperçois visitant ParisLes descendants de Démosthène :Que diront-ils de cet airain.Toujours planant grave et serein ?Ils le croiront contemporainDe Périclès et fils d’Athène ;Et, charmés, jaloux tour à tour,Ils nourriront l’attente folleDe pouvoir le reprendre un jour,Comme un bien de leur Acropole.
23 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources