Poésie de Charles coran, 1887· De 1873 a 1878
Trouville
Elle, avait la beauté dont le dédain foudroieEt lui, l’un de ces cœurs dont l’amour fait sa proie.Lui s’enflamme ; elle en rit. « Grand Dieu, je suis perdu ! »Dit-il, en s’éloignant, par la dame entendu.— Un miroir dans les mains, celle-ci s’interpelle :« Quoi ! fatale beauté, tu lui parais cruelle !Et la terreur la gagne. — Il s’était arrêtéPour écrire au crayon ce mot qui fut porté :« Tu m’avais en mépris, j’irai là-haut l’attendre :Du ciel, je veux te voir regretter un cœur tendre.Sans doute il s’abusait. — Le soir, un matelotTrouva son corps déjà ramené par le flot.Que d’hélas ! et quels pleurs ! — La dame a pris le voileEt depuis n’a jamais regardé qu’une étoile.C’est là qu’il doit l’attendre ; épouse en ces liens.Elle lui crie au ciel : « Grand cœur, je t’appartiens ! »Or, quelqu’un qui l’a vue en extase ravie,Sur sa pâleur la juge au terme de sa vie…Mais j’arrête des vers que leur sobriétéCondamne en cette histoire à la rapidité.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources