Poésie de Charles coran, 1887· L’empire A J.-F. Thénard
A un sage
1852
Le crime triomphant m’est un spectacle affreux.Quand la foule applaudit les mauvais coups célèbres,Le poids de mon horreur infléchit mes vertèbres ;J’erre, indigné de vivre en ces jours malheureux.
Je voudrais, où rougir, un antre et le plus creux ;Ma raison s’égarant passe par les ténèbres,Je tombe à la merci des visions funèbres,Dans l’ombre j’ai cru voir grimacer des lépreux.
Mais l’instinct m’a conduit devers ta solitude ;Je te salue, ami qu’a protégé l’étude :Oh ! dis-moi le secret de ta sécurité !
En t’écoutant juger les raccrocs de la force,Je trouve un fond grotesque à l’héritier du Corse…Allons ! j’ai trop souffert de tant d’absurdité.
D. È.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources