Poésie de Charles coran, 1887· L’empire A J.-F. Thénard
Aux allemands
Décembre 1870.
Oui, vous défendez le vrai droit,La sainte paix, la juste cause ;Vous l’affirmez, l’Anglais vous croit. —Parlons maintenant d’autre chose.
Sans te mâcher la vérité,Je dis ton fait, race sournoise :Tes lourdauds d’UniversitéExècrent la verve gauloise.
Ton subjectif confit en Christ,Et ton objectif bon apôtre,Se vengent de manquer d’espritEn nous écorchant pour le nôtre.
Cet esprit-là, voisins pillards,Il a marque clans votre histoire ;Vous vagueriez clans les brouillards,S’il n’eût brillé sur voire gloire.
Vous étiez lourds, épais surtout :Un Velche vient, il vous enlèveSur le vol léger de son goût.Et dame, de dépit l’on crève.
Vos Berlinois, voilà le hic,Ne pardonnent pas à VoltaireQui décrassa leur FrédéricEn francisant ce militaire.
Pour nous payer de vos succèsVolez-nous donc des citadelles.Patauds qui plumez les Français,Vos Victoires n’auront plus d’ailes !
Prussiens, Bavarois, Saxons,Triomphez à couper les vivres :La faim combat ; vous, gros garçons,Loin des remparts vous ronflez ivres.
Ah ! si jamais se rend Paris,Qu’humblement au moins de Moltke entre,Ce canonnier qui l’aura prisEn Diafoirus, par le ventre !
36 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources