Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
IV. Un mardi gras
Novembre.
Rappelle-toi ce soir où la toile et la laineTe costumaient si mal en fermière romaine ;C’était triste de forme, ennuyeux de couleur,En un mot, de mon choix, pour ton plus grand malheurAyez donc frais corsage et tournure légère,Quand la dame d’atours fut monsieur votre père !Autant laisser un ours assortir un bouquet.Tu vins au bal masqué déguisée en paquet.Aussi, quand le prélude annonçait un quadrille,Les danseurs t’oubliaient ; quel échec, ô ma fille !Que de pleurs ont coulé pour un semblable ennui !Toi, tu prenais ta part de la gaîté d’autrui ;Tu dansais par les yeux, tu valsais de l’oreille.Meâ culpâ ! j’étais d’une humeur sans pareille ;J’aurais voulu partir, honteux, à pas de loup,Mais il fallut rester : tu t’amusais beaucoup.— Cette histoire est comique, et pourtant je la donneComme un trait qui rend bien ton aimable personne.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources