Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
III. Pitié
Octobre.
Pillarde avec les fleurs, mais douce aux animaux,J’aime à te voir vanter les plus humbles chevauxEt traiter en amis les ânes.Courtisons les vertus de ces bons serviteurs,Pour que la modestie ait aussi ses flatteurs ;Laissons l’orgueil aux sots profanes.
Jadis, quand nous venions dans le Jardin du Roi,Tous les tristes reclus, le nez tendu vers moi,Flairaient tes bontés dans mes poches.De tes grasses faveurs chacun avait son tour ;Tu bourrais l’éléphant, tu gavais le vautour :Qu’il m’en a coûté de brioches !
Et maintenant encor, qu’un chien passe égaré,Ta pitié le console, il se sent attiré,Près de mademoiselle il marche.Et les chats ! bienheureux les chats que tu nourris !Mais on doit, pour te plaire, épargner les souris.Le cœur de ma fille est une arche.
D. É.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources