Poésie de Charles coran, 1887
La première rose
Souvenir le plus frais du printemps de la Terre,Quand la jeune planète ouvrit le sein vermeilDe sa première rose aux baisers du soleil ;Qui donc se trouvait là pour fêter ce mystère ?
Un poète amoureux sans doute ; car alorsLa nature accordait les êtres et les choses :La sève qui donna sur un buisson des roses,Dut jaillir d’un amant en lyriques essors.
Poète, il eut l’honneur d’inaugurer l’imageDes attraits de la femme, exquise nouveauté !Amoureux, il eut l’heur d’offrir à la beautéLa rose originelle, incomparable hommage !
Quel moment fortuné dans les fastes d’amour !Quel triomphe surtout pour la belle chérie,Reine entre cette fleur et cette allégorieDe parfums et de vers lui formant une cour !
Inédit.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources