Poésie de Charles coran, 1887· De 1846 a 1849
L’amour boudeur
A Rose.
Vous dont l’esprit tenait conseilDans le bonnet de la Folie,Pourquoi bouder dès le réveil,Bergeronnette qui s’oublie ?
Vous le rire de la maison,Vous bâillez ! ceci m’épouvante.L’amour n’est-il plus de saison ?J’ai fait causer votre servante.
« Monsieur, dit-elle, excusez-moiTout provient de la populace ;Mademoiselle exige un roi,Votre république l’agace. »
Dame Rose, je n’en crois rien ;Feignons cependant de tout croire :Sachez qu’il vous irait très bienDe nous tirer du provisoire ;
Car il faut une Majesté,Pour danser à son ombre auguste,Et les noisettes en étéVeulent un pouvoir fort ; c’est juste.
Changez donc le gouvernement,Prenez un roi de haut lignage ;Ayons ensuite un parlement.Oui, deux chambres… dans le ménage.
Et si je peste, eh bien, alors,Ma chère, appelez-moi ganache.Et rêvez de garde du corpsTortillant pour vous sa moustache.
Inédit.
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources