Poésie de Charles coran, 1887· De 1850 a 1854
Le songe
A Ninon
Dans un rêve apporté par un dernier sommeil.J’assistais ce matin à ma propre victoire :Je me voyais passer sur un char en ivoire,Par quatre chevaux blonds traîné comme un soleil.
A Phébus flamboyant je devenais pareil ;Car les crinières d’or, pour m’aider à le croire,Dans leur rayonnement m’entouraient d’une gloire.Mais soudain un baiser m’a conduit au réveil.
Où suis-je ? Entre tes bras, maîtresse blanche et blondeSur l’éclat de ton sein ma tète vagabonde,Tes cheveux rutilants éblouissent mes yeux.
— Amour, ne doutons plus de la valeur des songesL’aimable vérité dit parfois leurs mensonges ;Mon rêve eut bien raison, qui m’égalait aux dieux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources