Poésies de Charles coran, 1887
Au bacchus antique
Bacchus, charmeur du tigre aux rivages du Gange,Loin des jeux effrénés que rougit la vendangeLes nymphes de Nysa t’ont fait aimer !e lait ;Dieu préconçu sans goût pour tes propres mystères,Ton cœur demeuré froid court après les panthères ;Pas un plaisir humain ne t’arrache un souhait.
Silène a beau presser dans ta coupe sa grappe,Ton mépris abandonne aux servants de PriapeLa troublante liqueur dont Zeus te rend gardien ;Et c’est en vain qu’Éros te dévoue Ariane,Tu commets Uranie au soin de la profaneEt t’éloignes, léché par un fauve indien.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources