Poésies de Charles coran, 1887
Traversée mythologique
A une Dame.
Vous aimeriez voir Cypre où la vague soupire ;Mais quoi ! passer la mer, jamais ! — Voulez-vous rire ?Juge d’une beauté qui rappelle Cypris,Je vous supposais Grecque, ô dame de Paris.Laissez-moi mon erreur, et prenez bon courage :Les mobiles chemins deviendront sans naufrage ;Car Neptune, un marin que respectent les flots,Loin des rocs montrera la route aux matelots.Téthys ayant d’abord conjuré les étoiles,Zéphyr, le seul Zéphyr, va caresser vos voiles.Nul roulis ! Que Triton et ses compagnons vertsDans leurs cornets nacrés vous donnent des concerts !Nul tangage non plus ! Qu’un chœur d’OcéanidesAmuse le parcours de ses danses humides !Eux, les dauphins, séduits comme moi par Éros,Escorteront Vénus se rendant à Paphos ;Et, quand atterrira l’étrangère craintive,Les roses sous ses pieds adouciront la rive.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources