Poésies de Charles coran, 1887
Dépit amoureux
Je franchirai les mers pour ne plus la revoir ;Instruit par don Juan, je vais courir le monde ;Cœur inconstant, je veux me régler sur Joconde,Et d’un Brantôme, à lire en chemin, me pourvoir.
Londre aura la primeur de mon nouveau savoir :Des ladys d’Hyde-Park séduisons la plus blonde.Puis, passant par Madrid faire au Prado ma ronde,J’inscris les plus beaux yeux d’Espagne à mon avoir.
Naple, on vante l’effet de tes feux sur les femmes :Eh bien ! attendez-moi dans Toledo, mesdames ;Pour choisir la plus folle, au rendez-vous j’accours ;.
Mais, hélas ! sans mon cœur, je n’en suis plus le maître ;Mon cœur, il est resté mourant sous la fenêtreD’où tes baisers, cruelle, attisaient mes amours ! !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources