Poésies de Charles coran, 1887
Platon
Subtil, il condamnait la poésie et l’art,Dans les jardins d’Athène, assis sous un portique ;Lui, l’éloquent parleur, père de l’esthétique,Dont le beau Parthénon affina le regard !
Ses lèvres épanchaient, par un heureux hasard,Le miel, mais, par doctrine, un levain socratique ;O rêveur égaré qui chassait de l’AttiqueHomère, en célébrant l’harmonieux vieillard !
El lorsqu’il s’éloignait, las de paraître un sage,Ses cheveux apprêtés embaumaient au passage :Il semblait que la Muse eût parfumé son front.
Couronné maintenant dans les célestes fêtes,Aux banquets d’ambroisie il vante les poètes,Près de son grand proscrit oublieux de l’affront.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources