Le Coffret De Santal, 1879· Chansons perpétuelles
Les Quatre Saisons
I
Au printemps, c’est dans les bois nusQu’un jour nous nous sommes connus.
Les bourgeons poussaient vapeur verte.L’amour fut une découverte.
Grâce aux lilas, grâce aux muguets,De rêveurs nous devînmes gais.
Sous la glycine et le cytise,Tous deux seuls, que faut-il qu’on dise ?
Nous n’aurions rien dit, réséda,Sans ton parfum qui nous aida.
II
En été les lis et les rosesJalousaient ses tons et ses poses,
La nuit, par l’odeur des tilleulsNous nous en sommes allés seuls.
L’odeur de son corps, sur la mousse,Est plus enivrante et plus douce.
En revenant le long des blés,Nous étions tous deux bien troublés.
Comme les blés que le vent frôle,Elle ployait sur mon épaule.
III
L’automne fait les bruits froissésDe nos tumultueux baisers.
Dans l’eau tombent les feuilles sèchesEt sur ses yeux, les folles mèches.
Voici les pèches, les raisins,J’aime mieux sa joue et ses seins.
Que me fait le soir triste et rouge,Quand sa lèvre boudeuse bouge ?
Le vin qui coule des pressoirsEst moins traître que ses yeux noirs.
IV
C’est l’hiver. Le charbon de terreFlambe en ma chambre solitaire.
La neige tombe sur les toits.Blanche ! Oh, ses beaux seins blancs et froids !
Même sillage aux cheminéesQu’en ses tresses disséminées.
Au bal, chacun jette, poli,Les mots féroces de l’oubli,
L’eau qui chantait s’est prise en glace,Amour, quel ennui te remplace !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 20(aa)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 distiques
- Mots à la rime
- a nus / connus masculine, classiquea verte / découverte féminine, classiquea muguets / gais masculine, classiquea cytise / dise féminine, classiquea réséda / aida masculine, classiquea roses / poses féminine, classiquea tilleuls / seuls masculine, classiquea mousse / douce féminine, classiquea blés / troublés masculine, classiquea frôle / épaule féminine, classiquea froissés / baisers masculine, classiquea sèches / mèches féminine, classiquea raisins / seins masculine, classiquea rouge / bouge féminine, classiquea pressoirs / noirs masculine, classiquea terre / solitaire féminine, classiquea toits / froids masculine, classiquea cheminées / disséminées féminine, classiquea poli / l’oubli masculine, classiquea glace / remplace féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
40 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Coffret De Santal, Paris, TRESSE ÉDITEUR, 1879· numérisation poesies.net· Sources