Le Coffret De Santal, 1879· Drames et fantaisies
Sultanerie
Au comte de Chousy
Dans tes cheveux, flot brun‖ qui submerge le peigneSur tes seins frissonnants,‖ ombrés d’ambre, que baigneL’odeur des varechs morts‖ dans les galets le soir,Je veux laisser tomber‖ par gouttes les essencesVertigineuses et,‖ plis froids, les patiencesOrientales, en‖ fleurs d’or sur tulle noir.
Éventrant les ballots‖ du pays de la peste,J’y trouverai, trésor‖ brodé, perlé, la vesteQui cache mal ta gorge‖ et laisse luire nusTes flancs. Et dans tes doigts‖ je passerai des baguesOù, sous le saphir, sous‖ l’opale aux lueurs vagues,Dorment les vieux poisons‖ aux effets inconnus.
Dans l’opium de tes bras,‖ le haschisch de ta nuque,Je veux dormir, malgré‖ les cris du monde eunuqueEt le poignard qui veut‖ nous clouer cœur sur cœur.Qu’entre tes seins, faisant‖ un glissement étrange,Ton sang de femme à mon‖ sang d’homme se mélange,La mort perpétuera‖ l’éclair d’amour vainqueur !
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a peigne / baigne féminine, classiqueb soir / noir masculine, classiquec essences / patiences féminine, classiquea peste / veste féminine, classiqueb nus / inconnus masculine, classiquec bagues / vagues féminine, classiquea nuque / eunuque féminine, classiqueb cœur / vainqueur masculine, classiquec étrange / mélange féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Coffret De Santal, Paris, TRESSE ÉDITEUR, 1879· numérisation poesies.net· Sources