Poésies, 1896· Souvenirs
Dans la forêt
Tout tremble à la fois.Les bois ont la voixDe l'onde.Dans son lit amerAinsi geint la merProfonde.
J'écoute… Le ventDans le pin mouvantS'engouffre.Tel se plaint le flot,C'est bien le sanglotDu gouffre.
L'âpre souffle mordLe hêtre et le tordSans peine,Puis s'en va, hurlant,Rendre tout tremblantLe chêne.
Dans ces hauts abris,On dirait les cris,Très aigres,Des mâts de vaisseaux,Qui sont sur les eauxSi maigres.
Les sombres taillisSont tous assaillis,O lutte !Par des vents diserts,Y jouant des airsDe flûte.
Doux, tendres, puissants,Les bruits incessants,En foule,Se mêlent sans chocs.Ainsi pleure aux rocsLa houle.
O grand univers !Tes échos divers,Pour l'âme,Ont la même voix :Les gouffres, les bois,La lame.
Que nous disent-ilsDans leurs chœurs subtils ?Qu'importe !Ce n'est qu'un vain bruit,Et le vent qui fuitL'emporte.
Versification
- Forme
- 8 sizains (sizains)
- Rimes
- 8(aabccb)
- Mètre
- Pentasyllabes et dissyllabes (32 de 5, 16 de 2)· profil 2, 5
- Strophes
- 8 sizains
- Mots à la rime
- a fois / voix masculine, classiqueb l'onde / Profonde féminine, classiquec amer / mer masculine, classiquea vent / mouvant masculine, classiqueb S'engouffre / gouffre féminine, classiquec flot / sanglot masculine, classiquea mord / tord masculine, classiqueb peine / chêne féminine, classiquec hurlant / tremblant masculine, classiquea abris / cris masculine, classiqueb aigres / maigres féminine, classiquec vaisseaux / eaux masculine, classiquea taillis / assaillis masculine, classiqueb lutte / flûte féminine, classiquec diserts / airs masculine, classiquea puissants / incessants masculine, classiqueb foule / houle féminine, classiquec chocs / rocs masculine, classiquea univers / divers masculine, classiqueb l'âme / lame féminine, classiquec voix / bois masculine, classiquea disent-ils / subtils masculine, classiqueb Qu'importe / L'emporte féminine, classiquec bruit / fuit masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
48 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources