Poésies, 1896· Souvenirs
Un bal de l’opéra
Janvier, âpre et brutal,‖ a desséché la rue,Sur notre orgie en feu‖ lançant son souffle amer.Il est nuit. L'Opéra,‖ vers qui chacun se rue,Ressemble au roc heurté‖ par les flots de la mer.
Des carrosses bruyants‖ déversent la cohue :Fracs noirs, paillettes d'or,‖ maillots couleur de chair.La danse de Carpeaux‖ se déroule, éperdue,Sentant les murs frémir‖ d'un rythme ardent et cher.
Et la limpide lune,‖ au doux rayon bleuâtre,Met une lueur pure‖ au front de ce théâtre,Où s'essouffle, en hurlant,‖ le plaisir effréné ;
Tandis que, dans la houle‖ humaine qui ruisselle,Un garde de Paris,‖ par le froid étonné,Se tient, raide et muet,‖ et grave, sur sa selle.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a rue féminine, classiqueb amer / mer masculine, classiquea cohue / éperdue féminine, classiqueb chair / cher masculine, classiquea bleuâtre / théâtre féminine, classiqueb effréné / étonné masculine, classiquea ruisselle / selle féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources