Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
XI. L’idéal
Féconde illusion,‖ que le penseur méprise,Indestructible Espoir‖ d'un bonheur inconnu,Une fausse sagesse‖ en vain veut qu'on te brise,Dans le fond de nos cœurs‖ tu fleuris, ingénu.
C'est toi qui nous conduis‖ sur la route entreprise,Qui nous fais accomplir‖ un progrès continu,Et chaque vin d'amour‖ dont notre âme se griseDe ton fruit immortel‖ à longs flots est venu.
Par toi, dont le pouvoir‖ les inspire et les fonde,Mille religions‖ ont consolé le monde,Les martyrs ont chanté,‖ voyant le ciel ouvert.
Ce siècle se croit grand‖ parce qu'il te renie :Ta forme change, ‒ hélas !‖ nous en avons souffert, ‒Mais rien ne détruira‖ ton essence infinie.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a méprise / brise féminine, classiqueb inconnu / ingénu masculine, classiquea entreprise / grise féminine, classiqueb continu / venu masculine, classiquea fonde / monde féminine, classiqueb ouvert / souffert masculine, classiquea renie / infinie féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources